Rappelons-nous l’année dernière. La nouvelle directrice artistique, Marguerite Demoëte, assistée du directeur artistique Asie, Fausto Fasulo, avaient eu quelques mois seulement pour boucler leur programmation. Qui, du coup, avait une coloration très asiatique. Ils s’en étaient pas trop mal tirés...
Cette année, sous l’impulsion de la dynamique Marie Fabbri, responsable du marché des droits, le spectre international s’est encore élargi. Le FIBD justifie davantage encore sa qualification d’ "International".
Olé ! La bande dessinée espagnole dont la tradition est plus que centenaire, est mise à l’honneur cette année avec un pavillon dédié, rue Hergé au centre d’Angoulême. On pourra y voir une exposition qui met en lumière les lauréats du Prix national de la bande dessinée espagnole, l’équivalent de nos Fauves d’or, et une exposition sur le parvis de l’hôtel de ville qui racontera l’histoire de la bande dessinée espagnole. Dans la partie professionnelle du marché des droits, une plateforme numérique et un catalogue des droits disponibles sera distribué ; il regroupe 42 éditeurs et 245 œuvres.
Un « Livre blanc de la bande dessinée en Espagne » sera distribué. Il consiste en une analyse approfondie de l’industrie de la BD dans le pays de Cervantès. Ces événements sont soutenus et organisés par le gouvernement espagnol. Nous vous en reparlerons.
Le FIBD expose...
Comme pour l’année dernière, les expositions-phares sont majoritairement dédiées au domaine japonais. Cette programmation tient compte de la place que le manga a pris dans le domaine de la bande dessinée en France. Revue de détail.
Vikings japonais
Première expo : Vinland Saga : une quête d’identité. La fameuse série viking de Makoto Yukimura est à l’honneur cette année-ci. Voici comment cet auteur la décrivait lui-même au micro d’ActuaBD en 2010, alors qu’il était invité au FIBD cette année-là : « Je voulais faire un manga sur la négation de la violence, parce que je suis quelqu’un qui déteste la violence. Mais pour parler de la non-violence, il faut parler de la violence. Donc je suis parti sur les vikings. Et comme les vikings ont un côté violent, par conséquent il y a toujours une autre facette. En l’occurrence, pour les vikings, ce sont des navigateurs et des explorateurs qui sont allés très loin et qui ont découvert le Vinland, qui sont les États-Unis. » En 2010, aucun original n’était exposé. C’est tout le contraire de cette année dans cette exposition dont Fausto Fasulo est le commissaire.
Une Masterclass avec Makoto Yukimura est prévue pendant le Festival et, sur la Charente, si le temps le permet, on pourra faire des tours de drakkars et des lancers de haches ! Ça le fait, non ?
L’heure des sorciers
Seconde expo japonaise, L’Atelier des sorciers : la plume enchantée. La série de Kamome Shirahama est depuis longtemps commentée par ActuaBD : « Dans le monde de Coco, notre héroïne, écrivait Aurélien Pigeat dans nos pages, la magie est partout : objets, véhicules et même environnement naturel, comme cette source enchantée qui se purifie toute seule. Mais elle demeure l’apanage des sorciers, qui possèdent ce don de naissance et entretiennent jalousement le mystère autour de leur pratique. Et ce n’est malheureusement pas le cas de Coco, qui se morfond de la situation tant cet univers la fascine et lui fait envie. Cela en particulier depuis que, alors enfant, un étrange marchand lui vendit un simili matériel de sorcier - livre, encrier et baguette avec plume pour tracer. » Cette expositions d’originaux, de croquis et dessins préparatoires sera installée à l’Hôtel Saint-Simon, ce qui permettra de la prolonger au-delà du festival.
Une Masterclass avec Kamome Shirahama accompagne également cet événement.
Gou Tanabe × H.P. Lovecraft et leurs visions hallucinées.
L’exposition Gou Tanabe × H.P. Lovecraft, au Musée municipal d’Angoulême, présentera une sélection de planches originales et d’illustrations issues des adaptations de H.P. Lovecraft réalisées par Gou Tanabe, notamment "Les Montagnes hallucinées" et "Dans l’abîme du temps" publiés chez Ki-Oon. On vous le dit : cette rencontre entre l’imaginaire de l’auteur japonais et celui de l’écrivain américain est tout simplement… hallucinante.
Superman, témoin de l’histoire de l’Amérique
Le « Vaisseau Mœbius » accueille l’expo « Superman, le héros aux mille-et-une vies », le premier super-héros de l’histoire, créé il y a plus de 85 ans par Jerry Siegel & Joe Shuster. L’exposition suit pas à pas l’évolution du personnage et de son environnement. C’est toute l’histoire – réelle et imaginaire- de l’Amérique qui défile à travers lui. L’affiche de l’expo est signée Frank Quitely qui sera présent pour une Masterclass pendant le festival.
Autre « moment comics » de la 52e édition : la présence de l’un des dessinateurs mythiques de Spider-Man, qui a également travaillé sur l’Homme d’acier, John Romita Jr. Il nous gratifiera également d’une masterclass.
Une Grand Prix et une Prix Goscinny
Deux expositions étaient attendues cette année : celle de Posy Simmonds, puisqu’elle a reçu le Grand Prix de la ville d’Angoulême l’année dernière et Julie Birmant, lauréate du Prix Goscinny du scénario 2024.
« Nous avons déplacé l’exposition du Prix Goscinny du deuxième étage du Vaisseau Moebius au Musée du Papier. Elle se verra mieux et restera plus longtemps », nous dit Marguerite Demoëte, la directrice artistique du Festival. Au menu, les séries Pablo et Dali qu’elle a écrites pour Clément Oubrerie, mais aussi Drôles de femmes, dessiné par Catherine Meurisse. Une scénariste à découvrir.
L’autre exposition attendue est celle consacrée Posy Simmonds. Les commissaires de l’exposition Damien MacDonald et Marguerite Demoëte faisaient face à un sacré défi : ne pas faire doublon avec l’exposition de la BPI du Centre Pompidou qui a eu lieu l’année dernière. Grâce à une collaboration avec le biographe de la dessinatrice, Paul Gravett, ils y sont parvenus en allant au-delà des trois « highlights » de sa production publiée en France. Ce sont bien des aspects inédits de la carrière de Posy Simmonds notamment ses influences littéraires : Charles Dickens, Gustave Flaubert et Thomas Hardy, de même que ses influences graphiques, de Quentin Blake à Raymond Briggs. Autre découverte : les carnets de dessin inédits de l’artiste qui jetteront un regard neuf sur son processus créatif. Point important : les commissaires ont tenu à lui rendre son caractère "British".
Un format nouveau dans le quartier jeunesse
La directrice artistique du FIBD, Marguerite Demoëte, qui a, contrairement à l’année précédente, eu plus de temps pour organiser le festival cette année, a pensé qu’il était utile de changer le format des expositions jeunesse. Elle le fait à travers deux expos : Hyper BD au pavillon Jeunes Talents qui explore le métier d’auteur de BD au travers d’un parcours immersif et interactif dont vous serez le héros ou l’héroïne ; et La BD règle ses contes, au Quartier jeunesse qui, au travers de cinq univers : L’Encyclopédie du merveilleux, dirigée par Benjamin Lacombe (éditions Albin Michel), Émile et Margot d’Anne Didier, Olivier Muller et Olivier Deloye (Bayard Jeunesse), Contes fabuleux de la nuit de Miyako Miiya (éditions Rue de Sèvres, Le Renard doré), Les Sept Ours nains d’Émile Bravo (éditions du Seuil Jeunesse), une parodie inventive des contes classiques ou encore La Quête de Frédéric Maupomé et Wauter Mannaert (éditions Le Lombard). Les visiteurs, munis d’une carte dédiée, circuleront dans ces différents univers qui bousculent les codes traditionnels des contes.
Diverses animations nocturnes occuperont les soirées des festivaliers : des expositions prolongées, des concerts, et performances en partenariat avec le Printemps de Bourges, capitale européenne de la culture en 2028.
Quick... (et Flupke ?)
La chaîne de fast-food « belgo-française » devient sponsor principal du FIBD. Son logo figure partout. La chaîne, qui a un restaurant en face de la mairie d’Angoulême avec, à l’intérieur, une fresque de Ted Benoît et, sur la façade latérale, une autre d’André Juillard, sera très présente dans le festival : au quartier jeunesse et dans le Monde des bulles, là où se trouvent les grands éditeurs, où des animateurs distribueront des cadeaux exclusifs et de goodies ; et dans la rue Hergé, où la chaîne de fast-food aura un pavillon dans lequel les festivaliers pourront utiliser un casque virtuel (VR) pour incarner Lucky Luke dans un saloon... Quick. Ce dispositif sera ensuite utilisé dans le Parc Spirou de Provence.
Le partenariat se prolonge dans les restaurants Quick (dont celui d’Angoulême, bien sûr) avec une déco sur les emballages et les plateaux-repas et ce jusque dans le menu « Lucky Luke » dont le Burger sera... en forme d’étoile de shériff ! En rajoutant 2€, on peut même acquérir trois titres de la collection de l’homme qui tire plus vite que son ombre. Ça c’est du marketing.
Sur les réseaux sociaux, ce mélange des genres entre les burgers et la BD "à la Chris Ware" n’ont pas manqué de susciter des commentaires acerbes...
Toujours à Angoulême, mais hors programmation officielle du festival, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image joue sa partition. Durant le FIBD, il sera possible de visiter l’exposition consacré à la Maison des idées Marvel inaugurée l’été dernier, mais aussi une toute nouvelle exposition qui sera inaugurée à l’occasion du FIBD 2025 : Plus Loin, La Nouvelle Science-Fiction. Une exposition ambitieuse, sous la direction de LLyod Chéry, rédacteur en chef du podcast C’est Plus que de la SF mais aussi de la partie rédactionnelle de Métal Hurlant. C’est la première exposition d’envergure dédiée à deux « mauvais genres » longtemps décriés : la BD et la SF. L’exposition ne se consacrera pas uniquement à la Science-Fiction moderne, elle regardera aussi dans le rétro, avec les représentations du passé. Une collection d’originaux exceptionnels des plus grands maitres de la SF d’hier et d’aujourd’hui sera accrochés sur les cimaises du Musée de la bande dessinée : Moebius, Philippe Druillet, Enki Bilal, Mathieu Bablet, Lolita Couturier, Jean-Claude Mézières, Chantal Montellier, Alex Alice, Léa Muraviec...
Après les expositions, voici sans plus attendre la sélection des titres en compétition officielle, à vos pronostics... :
On a l’impression cette année, même si l’on découvre encore des titres dont on n’a pas entendu parler, qu’il y a une volonté d’ouverture vers une bande dessinée plus « commerciale ». Y-a-t-il là un tournant ?
Sélection Officielle :
– ADIEU MON ROYAUME, Marcel Shorjian, Six pieds sous terre
– ALISON, À COUPS DE PINCEAUX, Lizzy Stewart, Helvetiq
– ANTIPODES, Éric Lambé, David B., Casterman
– AU-DEDANS, Will McPhail, 404 Éditions
– BALLADES, Camille Potte, Atrabile
– BERSERK – T.42, Studio Gaga, supervisé par Kouji Mori, Glénat
– LA CAMARADE COUCOU, Anke Feuchtenberger, Futuropolis
– COMME UNE PIERRE, Luckas Iohanathan, Ilatina
– CONNEXIONS – T.2 CHÂTEAUX DE SABLE, Pierre Jeanneau, Tanibis
– CONTES DE LA MANSARDE, Iris Pouy, Elizabeth Holleville, L’Employé du moi
– LES CONTES DE LA PIEUVRE – T.4, Gess, Delcourt
– CORNELIUS : LA VIE PLEINE DE JOIE DU TRISTE CHIEN, Marc Toricès, Actes Sud BD
– CROISSANT AMOUREUX, Yasutoshi Kurokami, The Hoochie Coochie
– DEMENTIA 21 – T.2 Shintaro Kago, Huber
– DEUX FILLES NUES, Luz, Albin Michel
– L’ÉCRAN BLANC, Enrico Pinto, Presque Lune
– EN TERRITOIRE ENNEMI, Carole Lobel, L’Association
– L’EXPERT, Jennifer Daniel, Casterman
– GRANDVILLE – T.5, Bryan Talbot, Delirium
– LA FORTERESSE VOLANTE, Miguel Villa, Lorenzo Palloni, Sarbacane
– LA HARDE, Marijpol, Atrabile
– HIRAYASUMI – T.4, Keigo Shinzo, Le Lézard Noir
– IMMATÉRIEL, Jérôme Dubois, Cornélius
– IMPÉNÉTRABLE, Alix Garin, Le Lombard
– LES INDOMPTÉS, Blutch, Dargaud
– L’INTRANQUILLE MONSIEUR PESSOA, Nicolas Barral, Dargaud
– LAND–T.7, Kazumi Yamashita, Mangetsu
– MADELEINE, RÉSISTANTE – T.3, Dominique Bertail, Jean-David Morvan, Madeleine Riffaud, Dupuis
– MEAN GIRLS CLUB : LA VAGUE ROSE, Ryan Heshka, Les Requins Marteaux
– LES MÉTÉORES, HISTOIRES DE CEUX QUI NE FONT QUE PASSER, Tommy Redolfi, Jean-Christophe Deveney, Delcourt
– MOONSHINE – T.5, Eduardo Risso, Brian Azzarello, Urban Comics
– MOURIR POUR LA CAUSE, Chris Oliveros, Pow Pow
– POUR UNE FRACTION DE SECONDE – LA VIE MOUVEMENTÉE D’EADWEARD MUYBRIDGE, Guy Delisle, Delcourt
- LA PYTHIE VOUS PARLE, SEPT CONSEILS DE VIE, Liv Strömquist, Rackham
– LE ROI MÉDUSE – T.1, Brecht Evens, Actes Sud BD
– LA ROUTE, Manu Larcenet, Dargaud
– SAINT-ELME – T.5 LES THERMOPYLES, Frederik Peeters, Serge Lehman, Delcourt
– SATURN RETURN – T.10, Akane Torikai, Akata
– SOUFFLER SUR LE FEU. VIOLENCES PASSÉES ET À VENIR EN INDE., Joe Sacco, Futuropolis
– TERRIBLE, L’ENFANT, LA JEUNE FILLE ET LA SORCIÈRE, Gaël Henry, Dupuis
– THE SUMMER HIKARU DIED – T.3, Mokumokuren, Pika
– LES TRAVAILLEURS DE LA MER, Michel Durand, Glénat
– VOID RIVALS, Lorenzo De Felici, Robert Kirkman, Urban Comics
– WALICHO, Sole Otero, Çà et Là
Sélection Eco-Fauve Raja :
– ALYTE, Jérémie Moreau, 2024
– AU LOUP ! CHRONIQUE D’UN RETOUR, Troubs, Rackham
– LE BRUIT DE L’EAU : DISCUSSIONS DANS LA VALLÉE DE LA ROYA, Laurent Bonneau, Alain Bujak, Futuropolis
– TEPE, LA COLLINE, Firat Yasa, Çà et Là
– TERRA ANIMALIA, Tom Tirabosco, Patrick Mallet, La Joie de Lire
– VERT DE RAGE – LES ENFANTS DU PLOMB, Sébastien Piquet, Martin Boudot, Michel Lafon
– ZONE CRITIQUE, Philippe Squarzoni, Bruno Latour, Delcourt
Sélection Fauve Polar SNCF Voyageurs :
– À MOURIR ENTRE LES BRAS DE MA NOURRICE, Raphaël Pavard, Mark Eacersall, Henri Scala, Glénat
– LES ÂMES NOIRES, Fred Druart, Aurélien Ducoudray, Dupuis
– AUTREVILLE, David de Thuin, Sarbacane
– PHANTOM ROAD – T.1, Gabriel Hernandez Walta, Jeff Lemire, Panini Comics
– REVOIR COMANCHE, Romain Renard, Le Lombard
– THE GOOD ASIAN, Alexandre Tefengki, Pornsak Pichetshote, Komics Initiative
– VÉNUS PRIVÉE, Paolo Bacilieri, Giorgio Scerbanenco, Ici Même
Sélection Patrimoine :
– COME OVER COME OVER, Lynda Barry, Çà et Là
– EERIE ET CREEPY PRÉSENTENT ALEX TOTH, Alex Toth, Delirium
– GARÇONNES, LES AUTRICES OUBLIÉES DES ANNÉES FOLLES, Trina Robbins, Bliss
– LE MONDE QUI N’EST PAS, Frank Tashlin, Éditions du Sonneur
– PEPITO – T.3, Luciano Bottaro, Cornélius
– QUAND SOUFFLE LE VENT, Raymond Briggs, Tanibis
– SCORCHY SMITH ET LE GÉNIE DE NOEL SICKLES – T.1, Noel Sickles, Éditions Barbier
– SHINKIRARI – DERRIÈRE LE RIDEAU, LA LIBERTÉ, Murasaki Yamada, Kana
Sélection Jeunesse :
– BORIS, BABETTE ET TOUS LES SQUELETTES, Tanja Esch, Nathan
– CHATON MIGNON – T.1 EN ACTION, Mason Dickerson, Gallimard BD
– LA CUISINE DES OGRES TROIS-FOIS-MORTE, Jean-Baptiste Andreae, Fabien Vehlmann, Rue de Sèvres
– LE CAILLOU, Marion Bulot, Joachim Hérissé, Dargaud
– ELLIOT AU COLLÈGE – T.3 ALICE EN VRAI, Théo Grosjean, Dupuis
– ÉMILIE KADO – T.1, Antoine Dodé, Éditions de la Gouttière
– GOSSE – T.2, Lucas Méthé, Dupuis
– LA GRANDE AVENTURE DE PEPIK, Pavel Čech, Éditions l’Œuf
– JUSQU’ICI TOUT VA BIEN, Nicolas Pitz, Rue de Sèvres
– LILI MET LES VOILES, Clara Hervé, Biscoto
– LUCA, VÉTÉRINAIRE DRACONIQUE – T.1, Yuna Hirasawa, Glénat
– MAGDA CUISINIÈRE INTERGALACTIQUE – T.3, Mathilde Van Gheluwe, Nicolas Wouters, Sarbacane
– LES MERVEILLES, Marta Cunill, Bang
– REBIS, Carlotta Dicataldo, Irene Marchesini, Le Lombard
– RETOUR À TOMIOKA, Michaël Crouzat, Laurent Galandon, Jungle
– RWAMA – T.1, Salim Zerrouki, Dargaud
– SILENCE – T.2, Yoann Vornière, Kana
– THE DEEP DARK, Molly Knox Ostertag, Kinaye
Par Kelian NGUYEN Didier PASAMONIK
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En médaillon : Frank Bondoux, délégué général du Festival de la BD d’Angoulême. Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD).
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