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CARNET NOIR. Nous apprenons la disparition de Carlos Edgard Herrero, l’un des grands noms de l’école Disney brésilienne.
Carlos Edgard Herrero naît à São Paulo, au Brésil, en 1944, d’un père espagnol et d’une mère portugaise. Dès son enfance, il se passionne pour le dessin, encouragé par sa mère, et se nourrit des aventures qu’il trouve dans les kiosques, notamment celles de Rocky Lane, Apache Kid ou encore Roy Rogers. Par la suite diplômé des beaux-arts, Carlos fait ses premiers pas dans le 9e art en 1963, illustrant Coisas do Futebol.
En 1964, il travaille sur Policia Fantasma, sur des scénarios de Paulo Hamasaki. À la fin des années 1960, il rejoint finalement les éditions Abril, où il se consacre principalement à la réalisation d’histoires Disney. Il commence par illustrer une adaptation de Blanche-Neige. Par la suite, il illustre plusieurs histoires de José Carioca, le perroquet, personnage emblématique de Disney au Brésil, et membre des Trois Caballeros, aux côtés de l’Étasunien Donald Duck et du Mexicain Panchito Pistoles. Certains gags reprennent directement des scénarios de strips de Bob Karp et Al Taliaferro. Donald y est remplacé par José Carioca. Cette pratique est courante dans la production brésilienne.
Au début des années 1970, Carlos est le premier Brésilien à prendre part au studio Program, créé par Disney pour alimenter le marché mondial de bande dessinée. En 1973, il crée avec Ivan Saidenberg Super Popop, identité super-héroïque de Popop, l’excentrique cousin de Donald. Le personnage présente de faux airs de Batman, au point que son nom constitue, dans plusieurs pays, une parodie de celui de l’Homme-Chauve-Souris. Il dispose également de nombreux gadgets, mais son caractère et ses aventures sont davantage tournés vers la dérision. L’année suivante, le même duo imagine les premières histoires mettant en scène une version cow-boy de Popop. Carlos dessine par ailleurs plusieurs aventures de Popop de la jungle, une sorte de tarzanide, mais aussi d’un Popop roi des fonds marins. Bref, tout un tas d’alter ego, un peu à la manière des innombrables incarnations de Barbie… de quoi rendre Donald complètement chèvre !
À la fin des années 1990, la production brésilienne d’histoires Disney s’essouffle avant de s’interrompre progressivement (Elle reprendra à plusieurs reprises au cours des années 2000, 2010 et plus récemment). Carlos se consacre alors à son agence de publicité. Au cours de sa carrière, l’artiste s’est aussi essayé à l’horreur et à la science-fiction. En 2015 il est récompensé dans la catégorie “Maître de la bande dessinée nationale” lors de la 31e édition du Prix Angelo Agostini.
Carlos Herrero a rendu son dernier souffle hier, à l’âge de 82 ans. Paulo Maffia, lecteur de ses histoires avant de devenir par la suite son collaborateur, scénariste et ami, témoigne sur Facebook : “À une époque où les histoires ne comportaient pas de crédits, je ne connaissais pas le nom du dessinateur, mais je reconnaissais déjà et j’adorais ce trait.”
RB
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