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Nicolas Pitz (Jusqu’ici tout va bien) : « La vie de Doug est en noir et blanc, alors pourquoi me compliquer la tâche ? » [INTERVIEW]

Par Christian MISSIA Dio 31 octobre 2024 
À l'occasion de l'exposition de son album Jusqu'ici tout va bien, qui se tient actuellement au CBBD, Nicolas Pitz nous dévoile les coulisses de son travail d’adaptation du roman Okay for Now de Gary Schmidt. Dans cet entretien, l’auteur nous raconte comment il a transformé cette œuvre littéraire en bande dessinée, avec des choix narratifs et artistiques aussi réfléchis qu’inspirés.

Bonjour Nicolas Pitz, nous sommes ici au Musée de la Bande dessinée pour ta nouvelle œuvre, Jusqu’ici tout va bien, et pour ton exposition. Pourrions-nous d’abord discuter de l’expo avant de parler de la BD ?

Nicolas Pitz : Eh bien, j’ai une expo sur une BD, c’est cool. C’est à la galerie, dans la petite galerie là-haut, et c’est entièrement dédiée à l’album. C’est vraiment chouette parce que ça retrace l’émotion de la BD et le parcours de Douglas, qui est un enfant « battu ».

Ton nouveau récit, Jusqu’ici tout va bien, se déroule à la fin des années 1960 et adapte le roman Okay for Now de Gary Schmidt, suite indirecte de The Wednesday Wars. Doug Swieteck, jeune dyslexique et issu d’un milieu familial toxique, trouve sa vocation artistique grâce à des enseignants bienveillants. Le profil de Doug m’a fait penser à R. Kelly…

Quel R. Kelly, le chanteur ? Parce qu’il a mal fini…

Nicolas Pitz (Jusqu'ici tout va bien) : « La vie de Doug est en noir et blanc, alors pourquoi me compliquer la tâche ? » [INTERVIEW]
Expo - Nicolas Pitz "Jusqu’ici tout va bien"
Photos © Christian Missia Dio

Oui, en effet, il a été condamné en 2022 à 30 ans de prison pour une sombre affaire de mœurs. J’ai pensé à R.Kelly car lui aussi a connu une jeunesse difficile (enfant, il a été abusé à plusieurs reprises par une femme de 10 ans son aînée), mais il a trouvé sa voie dans la musique grâce à une enseignante bienveillante. Par ailleurs, il a aussi des problèmes d’apprentissage, c’est la raison pour laquelle il ne sait pas lire et compose toutes ses chansons de tête. J’ai fait le lien naturellement entre ce chanteur et le personnage de ta BD.

Tu es le premier à me dire ça pour R. Kelly. Je ne savais pas du tout. Oui, le gamin Douglas, c’est vraiment un gosse qui galère avec la lecture. Il est complètement paumé, il se sent super mal dans sa peau, c’est presque ridicule. En plus, il vient d’un milieu défavorisé où la lecture, ce n’était pas vu comme important, donc personne n’a jugé nécessaire de lui apprendre à lire, et ses parents s’en fichent un peu. Du coup, le pauvre gamin, il est laissé de côté, même ses grands frères se moquent de lui parce qu’il ne sait pas lire. Bref, il y a vraiment un truc qui cloche.

En effet, il vient d’une famille difficile, son père en particulier…

Exactement, son père a de gros soucis familiaux, et ce gamin va découvrir la culture grâce à un oiseau. On s’en fout un peu que ce soit l’ornithologue Jean-Jacques Audubon, lui aussi d’ailleurs, mais ça va prendre de l’importance pour lui plus tard, parce qu’il ne comprend pas comment un bouquin peut avoir autant de pages. Audubon, c’est comme une énorme suite de pages qu’on peut arracher pour les vendre, et ils s’en fichent, parce que pour eux, quand un truc est fini, c’est fini. Pourquoi découper un truc qui a un ordre précis ? Ce gamin cherche de l’ordre quelque part, mais il le trouve dans des oiseaux. Ce qui n’a aucun sens dans une vie où il passe son temps à se battre, sans savoir où il va. Sa famille, c’est l’angoisse, tout est angoissant tout le temps. Du coup, la BD est en noir et blanc, avec des touches de couleur de temps en temps, parce qu’il a besoin de souffler. Il y a quand même des gens qui essayent de l’aider, il y a un peu de couleur dans sa vie, mais pour un ado comme lui, c’est l’angoisse totale d’essayer de trouver des repères là où il n’y en a pas. Ses repères, ce sont des oiseaux du 19e siècle, et je ne sais pas si c’était pareil pour R. Kelly.

Expo - Nicolas Pitz "Jusqu’ici tout va bien"
Photos © Christian Missia Dio

Ce qui est drôle, c’est que tu n’es pas le seul à avoir intégré Audubon dans une BD à l’atelier Mille. Jérémy Royer lui avait consacré toute une BD il y a une dizaine d’années.

C’était complètement par hasard, et c’était hyper drôle parce qu’avec Jérémy Royer, on s’est retrouvés là-dedans. Il avait une résidence à San Francisco, et il m’avait invité. Du coup, c’était super chouette d’être là-bas, et on a découvert plein de trucs sur Audubon. On a fait tout un parcours autour de lui. Jérémy, lui, était là pour un projet sur Stevenson, qui n’a rien à voir, mais bon, t’es en Californie, donc tu tombes sur des trucs américains, et voilà, Audubon. Dix ans après, on retombe encore là-dessus, c’était trop bizarre. À l’atelier, on s’est dit « mais c’est quoi notre truc avec Audubon ? » C’est n’importe quoi, mais au final, on l’aime bien, c’est un peu devenu l’ornithologue qu’on aime. C’est bizarre à dire, mais j’aime bien cet ornithologue. Audubon, c’est un lien aussi.

Je fais aussi un autre lien, quoique indirect, entre Audubon et ta BD Traquée - La cavale d’Angela Davis sortie chez Glénat il y a 4 ans.

Oui, Traquée. Mais cet album ne parle pas vraiment d’Audubon.

Expo - Nicolas Pitz "Jusqu’ici tout va bien"
Photo © Christian Missia Dio

En effet, ce n’est pas un lien direct, comme je te l’ai dit. Son nom est lié au contexte de la lutte pour les droits civiques dans les années 1960 : Malcolm X a été assassiné dans la salle de théâtre Audubon Ballroom à Broadway.

Exactement. Je me doutais qu’il y avait un lien avec Malcolm X. Encore une référence marquante à Audubon. Je ne sais pas pourquoi cet ornithologue est dans nos vies à l’Atelier Mille depuis si longtemps. C’est assez drôle quand on y pense. Aux États-Unis, il est partout, vraiment ancré dans la culture américaine. En Europe, plus du tout, en France non plus, on n’en parle même plus. C’est étrange d’avoir un ornithologue comme symbole.

Et tu vois, il y a encore de grandes reproductions de ses dessins dans des gares, tout ça. C’est magnifique, vraiment beau ce qu’il a fait, mais un peu old school. Ses oiseaux, ils sont figés, ils ne bougent pas. Aujourd’hui, on pourrait en faire quelque chose de plus éclatant. C’est très figuratif et inexpressif, comme si c’était juste « je l’ai vu, je le mets dans un carnet, je le peins, et voilà, page suivante ». Ça rejoint un peu l’idée de collection, un thème qu’on retrouve dans le livre aussi, avec les cartes de baseball, etc.

Ça me fait un peu penser à l’herbier que nous faisions enfant, à l’école.

Exactement. Tu collectionnes des trucs, tu les fous dans les bouquins. Une fois que c’est dans le bouquin, ça existe, tu vois ? Avant, c’était quoi ? Ça n’existait pas vraiment. Juste on avait donné un nom, genre Rose. Audubon, lui, c’était ça : donner un nom à tous les oiseaux d’Amérique. C’était un peu son délire, et c’est assez dingue quand tu y penses. En fait, c’est une culture... que ce soit américaine ou européenne, on a ça...

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Photos © Christian Missia Dio

Pour revenir à la BD, c’est donc une adaptation. Comment as-tu travaillé le scénario pour adapter le roman, et quels choix narratifs as-tu privilégiés ?

En fait, il y avait plein de trucs dans le roman qui me parlaient, des aspects visuels que j’ai trouvés chouettes à mettre en BD. Tout ce qui était visuel, j’ai essayé de le garder, tout ce que le romancier Gary Schmidt avait construit dans ce sens-là. Par contre, j’ai enlevé et même changé beaucoup de choses, sans lui demander parce qu’il m’a donné carte blanche. Il m’a dit, « Si tu adaptes, tu fais ton boulot d’adaptation ». C’est ce que j’ai demandé à mon éditrice aussi : avoir la liberté de ne pas être enfermé dans un cadre strict.

Par exemple, j’ai viré toute une partie sur le théâtre, que je trouvais naze. Dans le bouquin, ça marche très bien, mais en BD, ça aurait été horrible à dessiner et écrire, sans rien apporter à l’histoire. C’était un truc un peu rocambolesque qui sortait du récit. En roman, ça passe, mais en BD, c’est trop statique, ça n’aurait pas fonctionné. J’ai donc préféré enlever ces scènes.

Ensuite, j’ai ajouté des trucs comme Woodstock, ça finit d’ailleurs à Woodstock, ce qui n’existe pas dans le roman. Il y a plein de trucs dans le livre qui m’ont fait penser à Forrest Gump, avec plein d’images de cinéma que j’avais envie de reconstruire et d’incorporer discrètement. Ce n’est pas flagrant, mais c’était pour recréer une ambiance différente, car le roman de Gary est assez glauque du début à la fin, même s’il y a des moments de bonheur un peu « Deus Ex Machina », comme « Oh ! Tu es un Dieu du dessin ! » alors qu’à l’adolescence, on galère un peu dans tout.

J’ai laissé un seul Deus Ex Machina : le dessin, parce que c’est aussi ce qui m’a sauvé. Moi, j’étais nul à l’école, mais j’étais bon en dessin, et je voulais vraiment retranscrire ça dans l’histoire.

Expo - Nicolas Pitz "Jusqu’ici tout va bien"
Photo © Christian Missia Dio

Avais-tu aussi des relations compliquées avec ta famille ?

Non, ma relation avec ma famille n’était pas compliquée, mais je viens d’une famille où ça bougeait pas mal... Ce n’était pas simple, autour de moi, c’était assez tendu. On devait parfois se battre pour manger certains soirs. J’exagère un peu, mais c’était complexe. Mes parents sont toujours vivants, donc c’est délicat d’en parler, mais c’était une époque où on n’avait pas d’argent, tout simplement.

Parce que dans le récit, sa relation avec son père est vraiment toxique.

Oui, ça, je n’ai pas du tout connu. Mon père était super cool, donc cette toxicité, je ne l’ai pas vécue. Ça, c’est vraiment dans le roman. Il faudrait demander à Gary ce qu’il en pense, parce que je crois qu’il y a quelque chose de toxique dans sa propre famille.

Et puis, il faut toujours un “vilain”, tu vois. Dans ce livre, le grand vilain, c’est en fait la famille, c’est le peuple. C’est vraiment ça, et c’est super intéressant. J’ai participé à un festival BD où j’ai rencontré une classe de gamins, et ils avaient travaillé sur la toxicité des parents envers leurs enfants. Ils avaient 15 ans et parlaient ouvertement de ce qu’ils vivaient, c’était terrible. C’est ce truc où, dans leur univers familial, ils ne peuvent rien dire. Donc, quand ils peuvent en parler, c’est toujours à l’extérieur, là où il y a des gens, comme à l’école, pour les écouter. Beaucoup d’ados encore aujourd’hui sont bloqués avec des parents toxiques, du genre « ma mère m’empêche de faire quoi que ce soit, et je ne sais pas quoi faire ».

Moi, j’avais peur d’être paumé, de me perdre. Mais c’était tout l’ensemble, l’idée de rester cohérent. C’est pour ça que j’ai viré plein de trucs inutiles. Et Gary, lui, était super content.

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De manière générale, un/une jeune trouve d’autres modèles en grandissant. Au début, ses premiers repères, ce sont ses parents, son univers familial. Mais en avançant, il découvre d’autres figures, comme des voisins, des amis ou des personnes à l’école, qui l’aident à se construire.

C’est ce qui lui arrive avec des profs, qui sont des adultes qui lui tendent la main, en lui disant : « Mais tu sais que t’es super doué ». Notamment le bibliothécaire, un gars barbu, au début pas très sympa avec lui. Il lui dit un truc du genre : « Dessiner, c’est pour les filles ». Bref, il est un peu con. Mais le bibliothécaire lui donne des crayons et l’encourage : « Allez, dessine cet oiseau, essaie de l’imiter ». Au départ, il réagit bêtement, avec cette idée que certains trucs sont faits pour toi et d’autres non. Finalement, il trouve le courage de dessiner et réalise qu’il est doué. C’est le fameux Deus Ex Machina, mais celui-là, il est légitime, parce que je l’ai un peu vécu aussi. Au début, je dessinais des trucs bizarres, des “dragons-bites”, vraiment, des dragons avec d’énormes attributs. J’ai fait ça toute mon adolescence. J’ai retrouvé un vieux classeur de mes dessins, c’est drôle à voir parce qu’à Saint-Luc, on faisait des trucs sombres, peut-être inspirés des Chroniques de la Lune Noire. C’était violent, avec du sang partout et des dragons avec des gros attributs, parce que, dans ma tête d’ado, c’était hyper masculin, quoi. Personne ne pouvait dire que c’était « pour les filles ». Dans mon milieu, dessiner, c’était vu comme un truc un peu débile.

Je pense que j’ai bien retranscrit ça dans la BD, même si c’est plus soft : Nouglas dessine de jolis oiseaux, pas des dragons-bites. Mais il aurait pu !

Tu es parti aux États-Unis, c’était pour faire des repérages sur les lieux ? La ville où se situe l’histoire de Douglas n’existe pas, c’est ça ?

La ville n’existe pas. Dans le roman, elle est située non loin de New York, mais elle n’existe pas.

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Photo © Christian Missia Dio

Tu n’as pas été dans des coins similaires ?

J’ai traîné dans des coins similaires. J’étais au Québec, à Montréal, et ça ressemble pas mal. La nature est un peu pareille, et il y a des petits bleds comme ça partout aux États-Unis. En gros, il n’y a rien, juste une bibliothèque, souvent dans un grand bâtiment municipal, un peu comme celui derrière nous, style années 60, des gros bâtiments un peu moches, mais pas si moches. Ce sont de grandes bibliothèques désertées, avec des maisons un peu abîmées autour. J’en ai vu pas mal. Dans les années 1960, les maisons tiennent encore le coup, c’est plus tard que ça se dégrade vraiment. Dans cette région du nord de New York, pas loin des Grands Lacs, tu as de tout, de Chicago à Détroit. Mais là, dans la BD, c’est censé être une petite ville paisible et riche. Donc oui, repérages mentaux, disons, et puis tu as vu ça dans un million de films.

Parlons un peu du dessin : quelle technique as-tu utilisée pour cet album ?

Je voulais changer de méthode… Comme à chaque début d’album, je commence par faire des planches originales en A3, tu vois. Et les gens de l’atelier regardent et me disent : « En fait, tu dessines exactement comme sur tablette. Pourquoi te compliquer ? Ça te prend trois fois plus de temps, c’est ridicule ». Et là, je me dis : « Ouais, finalement, vous avez raison ». Du coup, j’arrête et je finis tout sur tablette, comme d’habitude. C’est devenu une habitude. Les gens me disent que c’est dommage, que je n’ai pas d’originaux, mais bon… c’est parce qu’en vrai, je dessine toujours pareil.

Expo - Nicolas Pitz "Jusqu’ici tout va bien"
Photo © Christian Missia Dio

Du coup, de quoi est composée cette exposition au CBBD ?

Là, il y a des prints, des originaux, un peu de tout. Mais les planches de l’album qui sont exposées, ce sont uniquement des prints, et c’est assumé. Et c’est bien, parce qu’il y a vraiment un peu de tout.

Donc, pour l’expo et les œuvres que je présente, il y a des prints et des originaux. Tu me demandais comment j’en suis venu à faire ça en noir et blanc ? C’est tout simplement parce que j’avais envie de quelque chose de plus cinématographique. Le noir et blanc correspond bien à l’ambiance triste du récit. Si l’album avait été noyé de couleurs, comme pour Traquée, sur Angela Davis, je trouvais que ça aurait créé trop de distractions, ça aurait affaibli le récit. Sa vie, en fait, est en noir et blanc, alors pourquoi me compliquer la tâche ?

Au début, j’avais commencé en couleur, puis je suis revenu en arrière en me disant que je garderais juste la trame. J’ai décidé d’utiliser la couleur uniquement à certains moments, pas seulement pour des instants joyeux, mais aussi pour des moments de respiration, de découverte, des passages où il a besoin de souffler. J’en ai parlé à mon éditeur en lui disant que tout faire en couleur aurait moins de sens pour moi. Douglas est un gamin qui vit en noir et blanc, on espère que la couleur arrivera un jour. Et puis, ça finit avec Woodstock, qui est un moment plein d’espoir, en couleurs.

Quels sont tes prochains projets ?

Mon prochain projet, c’est un truc un peu spécial. Ma nièce, qui a 11 ans, est venue me voir en disant : « J’en ai marre de tes histoires tristes. Fais-moi un truc joyeux, avec des poneys, des chiens, des animaux ». Du coup, le prochain projet sortira chez Rue de Sèvres en février, et ça va s’appeler... Bon, est-ce que je peux le dire ? Je ne suis pas sûr, ils n’ont pas encore fait de pub. Mais en gros, ce sera une histoire pour les enfants de 9 à 11 ans, pleine de poneys et de chiens, un vrai projet jeunesse !

Merci beaucoup.

Expo - Nicolas Pitz "Jusqu’ici tout va bien"
Photo © Christian Missia Dio

Par Christian MISSIA Dio

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Code EAN : 9782810203857

En médaillon : Nicolas Pitz
Photos © Christian Missia Dio

Expo : Jusqu’ici tout va bien - Nicolas PITZ. Quand les maux deviennent images
Du 19 septembre au 1er décembre 2024.

Centre Belge de la Bande Dessinée - Musée Bruxelles

Rue des Sables n° 20
1000 Bruxelles
Tél. : + 32 (0)2 219 19 80
Fax : + 32 (0)2 219 23 76
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À lire sur ActuaBD.com :

Jusqu’ici tout va bien - Par Nicolas Pitz - Ed. Rue de Sèvres. Format 18.6 x 25.5cm. 232 pages couleur. 20 €. Album paru le 14 février 2024.

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