Moyen
17 décembre 2024
Dans la campagne chinoise, les populations locales vivent autour de la mine. Sur les routes en terre battue défile un ballet incessant de camions remplis de charbon. Le capitalisme primaire sévit ici-bas, chacun à son rôle, des petites mains, une succession d’intermédiaires formant une longue chaine de l’excavation au chauffage des particuliers.
Pour Yuan, son camion c’est son outil de travail, presque sa raison de vivre. Sans lui, il est impossible de travailler. Et dans ce monde où règne la misère, les vautours et les requins se mangent dans la main réciproquement. Yuan est même surnommé « Le Flingué ». La raison : il aurait acheté un revolver pour se protéger lui et son camion des dangers de la route.
Une précaution qui ne suffit pas. Pris dans un guet-apens, Yuan perd son précieux camion. Et tel John Wick perdant son chien, il se lance sur la longue route de la vengeance.
Avec un dessin semi-réaliste à l’encrage marqué, Fred Druart pose une ambiance sombre où la mort et la rage de vivre dominent la crasse et la misère. Malgré la clarté des planches, on sent la poussière, les odeurs de charbon et d’essence, dans ces steppes rocailleuses et arides de la Chine profonde.
Si la lecture est fluide, Les Ames Noires manquent de temps pour installer une tension dramatique suffocante, semblable aux romans noirs des maitres du genre.
Par Kelian NGUYEN
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