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Excellent
20 septembre 2024
Après l’intensité des derniers tomes, qui ont offert un point culminant et dramatique à la quête des personnages, tous réunis à cette occasion, ce dernier acte apparaît plus calme et intimiste. Tout a été dit et révélé, avec des conséquences radicales pour certains acteurs de cette « farce macabre », mais pour les autres, c’est retour à la vie ordinaire. Une reprise du quotidien parfois compliquée après avoir vécu une telle affaire.
Six mois se sont écoulés depuis le dénouement de l’enquête sur Atsushi et Ritsuko Kaji purge une peine de prison d’un an ferme pour vol de voiture. De son côté, le jeune éditeur Koide semble ne plus s’intéresser à rien au point que sa responsable pense à le virer. Même sa petite-amie lui explique qu’elle le quitte car plus rien d’excitant n’arrive. Tout ça pour ça ? Tout était donc une immense fuite en avant, sans substance, si ce n’est l’excitation de l’enquête ?
Rebond
Un évènement va néanmoins réunir les principaux protagonistes : la dernière des petites-amies d’Atsushi a disparu juste après avoir envoyé une lettre à Ritsuko Kaji. On repart donc pour une mini-enquête en suivant cette jeune femme à la dérive, qui finalement détient peut-être la clé du mystère du suicide d’Atsushi.
Un dernier tome qui se veut donc une longue conclusion. Nous revoyons certains personnages pour une ultime confrontation, mais cette fois-ci dans une ambiance plus reposée. Ritsuko Kaji a fait tomber son masque et ce dernier cheminement amène même une révélation qui pourrait expliquer beaucoup de choses. Mais à la fin, tous comprennent que la réponse à la question qui les a agités tout le long du récit n’a que peu d’importance.
Incarnant le mal-être des humains dans les sociétés modernes, la « déesse du malheur » fait donc son choix et accepte ce qu’elle n’avait jamais accepté. Le dénouement mélange espoir et insignifiance dans le ton typique d’Akane Torikai. Le traitement de choc qu’elle a fait subir à ses personnages n’a pas mené à une révélation ou une révolution, mais à la trivialité et à l’acception. La « déesse du malheur » trouverait-t-elle le bonheur dans la banalité de l’existence ?
Une oeuvre forte, voire choquante et crue par moment, qui, sur un motif classique -la romancière dépressive qui n’arrive plus à écrire- propose une plongée fascinante dans l’âme humaine. Avec son panel de personnages excentriques, drôles, inquiétants ou touchants, la mangaka signe une oeuvre singulière, jamais pédante ou moralisatrice. Une sorte d’état des lieux de la vacuité de notre société moderne, mais avec une forme de distance et de tendresse dans son approche, qui peut se résumer ainsi : tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.
Par Guillaume BOUTET
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Saturn Return T. 10. Par Akane Torikai. Traduction : Alexandre Goy. Éditions Akata. Sortie le 4 juillet 2024. 160 pages. 8,25 euros.
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