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Favori de la rédaction
29 août 2025
Tsunami, c’est le premier livre publié de Ned Wenlock, auteur britannique basé en Nouvelle-Zélande. Originellement publié en anglais, c’est la maison québécoise Pow Pow qui amène le livre dans nos contrées francophones, sous la traduction d’Alexandre Fontaine Rousseau. Le livre sera disponible dans l’Hexagone à partir du 12 septembre. Dans ce livre de presque 280 pages, l’auteur invite le lecteur à suivre l’histoire de Peter, un adolescent qui s’obstine à dire la vérité. Victime des brutes du collège qui n’apprécient pas les commentaires pertinents du jeune homme, ce dernier ne peut malheureusement pas compter sur ses parents irresponsables pour le défendre. Peter se lie alors d’amitié avec Charlotte, dite Charlie, la nouvelle de l’école qui semble l’apprécier. Les deux adolescents vont alors devoir naviguer les difficultés de l’adolescence, pris en tenaille entre la violence puérile de leurs camarades et l’indifférence d’adultes qui voient mais ne font rien.
Le point fort du livre est bien entendu son casting de personnages. Malgré un cadre urbain assez ouvert, le livre est en réalité conçu comme un huis clos claustrophobique. Il n’y a en réalité que trois personnages au centre de l’intrigue : Peter, Charlie et la brute de l’école, Gus. À la manière d’une tragédie grecque, les trois sont condamnés à voir leurs histoires s’entremêler jusqu’à former un nœud serré qui ne pourra se solder que par la violence. Les personnages sont tous à la fois victimes et agresseurs, et ont une moralité grise très bien mise en scène. Les dialogues de Ned Wenlock sont acerbes et très bien écrits, et particulièrement bien traduits par Alexandre Fontaine Rousseau. En effet, bien que le récit se déroule dans une ville côtière sûrement inspirée par la Nouvelle-Zélande, il est assez facile d’imaginer qu’il pourrait se dérouler sur les côtes du Québec ou du Nouveau-Brunswick. L’histoire a une portée universelle qui fait qu’elle pourrait se dérouler n’importe où, pour le meilleur et pour le pire.
Côté graphique, Ned Wenlock adopte un style très simplifié, où les personnages sont très ronds, à la manière de bonshommes-bâtons qui auraient gonflé. Cette simplification permet un contraste entre le récit, parfois très cynique et sombre, et les visuels enfantins qui évoquent l’idée d’une pièce de Guignol. Les personnages paraissent comme des poupées de chiffon balancées au bout d’un fil par un marionnettiste. Autre point intéressant, chaque page est divisée en douze carrés identiques, qui vont parfois se combiner pour former des cases plus grandes. Chaque page est ainsi structurée de manière carrée, une façon de montrer les cadres formels et stricts de la société dans laquelle évoluent Peter, Charlie, Gus et les autres. Chaque case est structurée pour rentrer dans cette grille de douze espaces identiques. Ce choix donne par moments une esthétique de « succession de strips » au récit, peut-être un hommage ?
Tsunami est ainsi une excellente lecture à l’écriture remarquable, parfois dure et impitoyable. Peter est ballotté par les vagues d’une adolescence difficile et se confronte régulièrement aux situations douloureuses étroitement liées au fait de grandir. Ce n’est certainement pas une lecture feel good, mais si vous cherchez des récits psychologiques sur l’adolescence, Tsunami est une vraie vague qui vous heurte en plein ventre et vous laisse le souffle coupé.
Par Akira OIKAWA
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Tsunami, par Ned Wenlock, éd. Pow Pow, sorti le 12 septembre 2025.
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