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Très bon
1er septembre 2026
Après deux volumes qui ont reçu un très bon accueil critique et commercial, Vero Cazot et Carole Maurel poursuivent les aventures de Colette avec ce troisième tome, Deux sœurs sur le ring. Avec cet album, on entre dans le deuxième arc de la série, où une Colette désormais libre va pouvoir prendre ses marques sur le ring. Là où les deux premiers albums se concentraient sur le conflit entre Colette et sa mère, Deux sœurs sur le ring prend pour sujet principal l’évolution de Colette en tant que boxeuse et adolescente.
Désormais, Colette n’a plus à se cacher. Sa mère a accepté, à contrecœur, de la laisser faire de la boxe et elle peut passer ses après-midis à cogner sur un sac de sable. Mais le sujet reste tabou, et ce n’est pas demain que la famille Bolivar viendra l’encourager lors d’un match ! Peu importe, Colette a un nouvel objectif : mener — et surtout gagner — son premier vrai combat sur le ring ! Seul problème : elle ne trouve aucun adversaire à sa taille. Trop petite, trop légère, Colette entre à peine dans la catégorie mi-mouche (tiens, c’est le titre du livre). Mais un jour, le coach a une bonne nouvelle : il a trouvé une adversaire pour Colette ! Point noir au tableau : il ne s’agit ni plus ni moins que de Judith Serrano, la sœur de l’infâme Astrid !
Le titre de l’album prend ainsi tout son double sens : Colette et l’ombre de sa défunte jumelle Lison sont désormais côte à côte, tandis que, dans les yeux du public, ce sont Colette Bolivar et Judith Serrano qui se font face. Qui va remporter le match ?
On retrouve une nouvelle fois la plume de Vero Cazot, qui aborde avec finesse les thèmes difficiles du deuil, du harcèlement et de l’acceptation de soi, tout en les rendant suffisamment accessibles aux lecteurs les plus jeunes. Là où le premier volume parlait de surprotection et le deuxième de la nécessité de faire face à ses peurs, ce troisième tome a pour thème principal l’émancipation. Les deux combattantes, Colette et Judith, cherchent à prouver qu’elles n’ont plus besoin d’être protégées et mises sous verre. Au cours de l’histoire, elles vont progressivement briser les cloches protectrices sous lesquelles elles ont été placées pendant si longtemps.
Côté dessin, Carole Maurel conserve son trait expressif et ses couleurs en camaïeu. On apprécie particulièrement, tout au long de l’album, le contraste entre le rouge et le bleu, qui s’entrechoquent dans des explosions sur le ring. Seule ombre au tableau : on aimerait en voir plus ! En effet, les autrices ont pris le parti de recouvrir les combats de petites bulles « Pof » et « Paf ». Or, le dessin seul restitue déjà très bien la violence et l’intensité du combat ; les onomatopées paraissent presque molles en comparaison.
Une nouvelle fois, Mi-Mouche prouve sa valeur en tant que série jeunesse. On est ici dans la parfaite continuité des deux premiers albums. La question est maintenant de savoir jusqu’où les autrices voudront poursuivre l’aventure. Les aventures de Colette se concluent-elles avec ce combat ? Va-t-elle en mener d’autres qui résonneront suffisamment avec son parcours pour mériter des albums dédiés ? La jeune boxeuse va-t-elle traverser différentes périodes de sa vie, comme le fait Lou dans sa suite, Lou ! Sonata ?
Par Akira OIKAWA
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