Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Kaijû Girl Carameliser, la romance façon Godzilla

Par Akira OIKAWA Très bon 18 septembre 2026 
Kuroe a deux secrets. Petit 1, elle aime Arata Minami, le mec parfait et populaire du lycée, alors qu’elle n’est elle-même qu’une fille morose et discrète. Petit 2, lorsque son cœur bat la chamade… elle se transforme en monstre. Et pas un petit monstre, un véritable Godzilla ! Alors, lorsque Minami semble s’intéresser de près à elle, Kuroe ne peut plus cacher ses sentiments. Mais peut-on aimer quelqu’un lorsqu’on se transforme en titan plein de dents dès que ce dernier s’approche ? Courage, Kuroe !

Publié depuis 2018 au Japon, Kaijû Girl Carameliser est arrivé dans l’Hexagone en 2022 sous la bannière des éditions Ototo. Née de l’esprit de Spica Aoki (déjà connue pour Beasts of Abigaile), la série raconte la vie quotidienne de Kuroe, une adolescente banale et morose qui ne cherche qu’à survivre au lycée. Mais la jeune fille a un secret. Dès que son cœur s’emballe, elle commence à se transformer en un gigantesque monstre. D’ordinaire, elle peut calmer ses émotions, mais tout change le jour où le beau et populaire Minami vient la trouver dans son escalier secret. Pourquoi le beau gosse du lycée voudrait-il s’intéresser à une fille comme elle ? Et combien de temps arrivera-t-elle à cacher sa… particularité ?

Kaijû Girl Carameliser, la romance façon Godzilla
Kuroe, discrète et morose
©Spica Aoki 2019

Kaijû Girl Carameliser réussit un exploit assez extraordinaire, celui de marier le genre du « shôjo » à celui du « kaijû-eiga » (film de monstres). Avec sa série, Spica Aoki associe Godzilla destructeur et amour mièvre afin de raconter une histoire complètement barrée. Mais étonnamment, le mélange fonctionne plutôt bien. Pour lier les deux genres, la mangaka a mis en parallèle les explosions d’émotions. Kuroe ressent des émotions extrêmes, un thème très présent dans les manga shôjo, et les exprime à travers une transformation monstrueuse. La taille gigantesque de Kuroe dans sa forme « Harugon » symbolise ainsi la quantité extrême de sentiments qu’elle éprouve pour Minami et qui ont été refoulés pendant longtemps. Spica Aoki a elle-même confirmé ce fait dans une interview accordée au site Anime Corner, en disant que « Harugon incarne [l]es véritables sentiments [de Kuroe] : ce qu’elle ne peut pas exprimer par manque de confiance en elle, ou ce qu’elle garde enfoui au plus profond d’elle-même. » Kuroe est toute petite et faible, mais lorsqu’elle prend sa forme titanesque, elle devient plus puissante que tout et est capable d’enfin exprimer ses sentiments. Malheureusement pour elle, ses rugissements ne sont pas compris des humains qui la voient tous comme une menace. Tous ? Non ! Un certain Minami semble pouvoir voir à travers la façade écailleuse les vrais sentiments de Kuroe… quand on vous dit que l’amour rend aveugle.

Un cri de désespoir vers le ciel
©Spica Aoki 2019

Tous les personnages de Kaijû Girl Carameliser, même les plus secondaires, vivent et expriment tous leurs sentiments de façon extrême. Minami, le « love interest » de l’histoire, n’hésite pas un instant à faire face au monstrueux Harugon pour lui crier ses sentiments à la figure, tandis que Manatsu Tomosato, une fille obsédée par les kaijû au point de vouloir en devenir un elle-même, utilise les moyens les plus extrêmes pour se rapprocher des monstres. Bref, on a ici une belle brochette de personnages hauts en couleur qui sont très vocaux à propos de leurs sentiments ! Prévoyez seulement les bouchons d’oreille, le manga hurle et rugit dans tous les sens…

La fille gloutonne, archétype de tout shôjo qui se respecte !
©Spica Aoki 2019

Côté dessin, Spica Aoki a encore une fois réussi à mixer des codes du « shôjo » et du « kaîju-eiga ». D’un côté, elle montre les scènes amoureuses avec des cœurs, des nuages et des personnages qui se détachent d’un fond quasiment blanc pour montrer à quel point ils sont faits l’un pour l’autre. De l’autre, lorsque Harugon se montre, le dessin devient bien plus détaillé et la dessinatrice consacre des pages entières à montrer le gigantisme et la majesté du monstre. On retrouve un peu ce mélange de styles dans la série animée, diffusée pendant l’été 2026. Le studio Liden Films (derrière l’adaptation animée de Tokyo Revengers) a su jongler entre les différents styles, utilisant des fonds doux et roses pour les moments romantiques, contre une animation beaucoup plus dynamique et une musique évoquant clairement le thème principal de Godzilla pour les transformations en Harugon. Le monstre, modélisé par ordinateur, est parfois un peu rigide et tranche avec le fond dessiné à la main, mais la production reste d’un niveau tout à fait acceptable.

Page couleur exclusive du tome 1
©Spica Aoki 2019

Kaijû Girl Carameliser est un ovni dans le paysage manga, une expérience narrative qui combine amour niais et monstres titanesques. Par ce mélange de genres, la série sait étonnamment bien s’adresser à deux publics différents et traite avec pertinence les émotions éprouvées par Kuroe. Si vous aimez les shôjo et Godzilla, ou même un seul des deux, Kaijû Girl Carameliser est une chaude recommendation à laquelle personne ne s’attendait vraiment. Ototo a publié les huit premiers volumes, mais il est très probable que les suivants voient le jour dans les mois à venir.

Par Akira OIKAWA

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782377174928
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Akira OIKAWA  
A LIRE AUSSI  
BD d’Asie