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L’Insensé : Manu Larcenet nous parle avec brio des choses simples mais essentielles

Par Philippe LECLERC Excellent 25 septembre 2026 
Il y a des albums rares qu’on ne referme pas, qui continuent de nous bouleverser après avoir tourné la dernière page et dont on sait que l’on y reviendra encore et encore. Manu Larcenet signe une fois de plus un véritable bijou qui fait sans hésitation partie de cette catégorie.

On y rencontre Francis Barbot, un vieil homme solitaire qui, suite aux conseils de Yannick, son seul et unique ami, décide d’écrire à ses enfants qu’il a dû abandonner des décennies auparavant. Il leur raconte sa vie, ses choix, ses regrets, son rapport au dessin, à la nature, à la maladie… Bref, il essaie de mettre des mots sur une existence qu’il n’a jamais vraiment comprise lui-même.

L'Insensé : Manu Larcenet nous parle avec brio des choses simples mais essentielles

Forcément, chez Manu Larcenet, ce n’est jamais simplement une histoire de souvenirs. Le narrateur, fragile et solitaire, n’a pas forcément fait les bons choix. Il a fui, il s’est isolé, il a laissé des choses et surtout des personnes derrière lui. Qui n’a jamais repensé à sa propre vie en se demandant s’il n’aurait pas pu faire autrement ? Certains choix deviennent des regrets, et malgré les années, certains silences deviennent lourds à porter.

Ce magnifique récit universel est difficile à résumer tellement il est riche. Il nous fait rire des tracas administratifs, éprouver de la colère face aux injustices, ressentir la plénitude de la contemplation, être apeurés et sereins face à la fin inéluctable, éprouver la solitude, être attendris par les rapports entre le narrateur et son ami ainsi que lors des rendez-vous hebdomadaires avec le jeune Gabriel……

En plus du récit bouleversant, comment ne pas être époustouflé devant la variété du dessin et des qualités graphiques de cet album. Alternance de noir et blanc, de couleurs vives, de pages où les images évoquées se suffisent à elles-mêmes, de dialogues justes et de réflexions internes.

Pour finir, on ne peut aussi s’empêcher de penser que les longues réflexions de Francis Barbot concernant son rapport au dessin puissent avoir un caractère très personnel pour Manu Larcenet :

« A la fois compulsion et épanouissement, je pratique le dessin chaque jour depuis l’enfance. L’espace blanc illimité de la feuille de papier me semblait alors être le seul monde à ma taille »

Un album précieux qui se lit avec cœur et âme.

Par Philippe LECLERC

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782205217391
Dargaud ✏️ Manu Larcenet Tranche de vie
 
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14 Messages :
  • Je plussoie ! Vraiment très très bel album. Larcenet a mis la barre encore un peu plus haute. Vraiment très très fort. De plus, comme vous l’écrivez, l’album est d’une diversité de styles de dessin assez étonnant et tout s’emboîte parfaitement. Il n’y a que pour ses dessins que je dirais “réalistes photographiques”, ceux de ciel et soleil couchant, pour lesquels j’ai un doute. Je ne suis pas sûr qu’ils apportent toute l’émotion que ces cases ont pour vocation d’apporter. Mais c’est vraiment un tout petit bémol. Superbe.

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    • Répondu par Milles Sabords le 26 septembre à  09:38 :

      Une fois de plus Manu nous la joue méditation transcendantale. C’est long, c’est long, mais que c’est long, et chiant, un truc qui aurait pu se régler en 46 ou 60 pages. Bon, il n’est pas le seul, depuis que le roman-graphique est arrivé la BD ronronne, mais ça rapporte ; tu parles, 30 balles le bouquin minimum ! Si vous voulez faire du roman, lancez-vous dans la littérature les gars ! Mais quelle connerie de la part des éditeurs BD de croire qu’ils vont pouvoir atteindre les sommets de la littérature française. La reconnaissance du médium BD au pays des étiquettes… vaste blague. On fait de la BD, des petits mickeys, on donne des mondes à voir, pas la montée des marches à Cannes. Ha ben, c’est sûr que le concept de série a disparu, le roman-graphique en est un condensé qui s’amortit plus vite. On n’investit plus sur le contenu mais sur le contenant, la BD est devenue un emballage.

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  • La bande dessinée a le pouvoir (et la liberté) d’exprimer ou de raconter tout type de recit. Le commentaire de Milles Sabords me semble assez dédaigneux à l’égard d’une forme d’expression artistique d’une grande diversité, capable de donner naissance à des oeuvres aussi bien simples que complexes. Quant à la BD de Manu larcenet, je n’en ai vu que quelques pages éparses comme la plupart des lecteurs et lectrices, mais elle a l’air très prometteuse.

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    • Répondu le 27 septembre à  16:31 :

      Dédaigneux ? Au contraire, son avis semble être d’une grande lucidité sur ce que tout le monde constate depuis des années.

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      • Répondu par josu garalde le 27 septembre à  19:42 :

        Tout le monde ?Je n’en serais pas si sûr.D’une certaine manière,vous déniez à la bande dessinée son droit naturel de raconter des histoires complexes.Peut-être l’histoire de la BD n’est-elle pas riche de chefs-d’oeuvre d’une grand complexité ?Il est grand temps de rendre à César ce qui est a César, bon sang ! Ah,si les fantômes du château des Malaterre pouvaient relever la tête...

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        • Répondu le 28 septembre à  08:04 :

          Le message de Mille Sabords est pourtant clair : il ne parle pas de bande-dessinée complexe ou simpliste, mais d’une bande-dessinée qui ne se regarde plus le nombril. Les ventes s’en porteront certainement mieux. Aucun rapport avec vos conclusions sur Les Compagnons du Crépuscule.

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          • Répondu le 28 septembre à  12:17 :

            Le "message" de Milles Sabords depuis des années qu’on le lit ici est le suivant "ouin, ouin, pourquoi mes BD à moi que j’aime ne marchent pas et pourquoi on ne parle que des romans graphiques, de la BD du réel, des autrices, des mangas, de la BD underground, etc, bref de tout ce qui est nouveau ou qui n’est pas moi"

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            • Répondu le 28 septembre à  19:58 :

              Vous m’avez mal lu depuis que j’interviens sur Actua BD. Je pratique la BD depuis suffisamment longtemps pour ne pas avoir à rougir de mes ventes d’albums, merci bien. Tout ce que vous énumérez comme « nouveau » existait déjà : Le grand Pouvoir du Chninkel dans sa version n&b serait aujourd’hui apparenté à du roman-graphique fantastique, Tendre Banlieue serait classée BD du réel, voir, BD-reportage, les femmes n’ont pas attendues le mouvement MeToo pour s’imposer dans la BD (Brétécher, Cestac, Wendling, Goetzinger, pour ne citer que quelques noms), Akira bien avant la déferlante Manga avait ouvert la voie, le magazine Métal Hurlant proposait déjà de l’Underground à travers ses pages. Ce qui a changé c’est la façon de faire des éditeurs ; plus de collections et tout le monde sur la même ligne éditoriale, ce qui rend les catalogues interchangeables. La surabondance des titres ne se situent que sur deux ou trois genres de BD (le Manga en faisant partie) qui écrasent le reste du marché. Par conséquent, tout ce que vous trouvez nouveau sont des concepts tellement anciens…

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          • Répondu par josu garalde le 28 septembre à  13:32 :

            Ne dit-il pas que "si vous voulez faire du roman,lancez-vous dans la littérature" ?Ainsi,la complexité etant inherente à l’art littéraire,son point de vue -respectable, cela va de soi- est exprimé avec clarté.Nostalgique de la revue (a suivre), je ne suis généralement pas lecteur de ce que l’on appelle roman graphique, car je n’apprécie pas le dessin minimaliste si caractéristique de ce segment de la bande dessinée ; or,le style graphique de Larcenet, du moins dans ses deux dernières oeuvres, est bien éloigné de cette approche schématique.C’est pourquoi j’adore les grandes recits BD au dessin plus fouillé...comme"Le dernier chant des Malaterre" de Bourgeon.Je l’ai citée simplement pour ilustrer mes goûts,et par la meme occasion, rendre hommage à un chef-d’oeuvre intemporel.

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            • Répondu par Milles Sabords le 28 septembre à  20:10 :

              En effet, la complexité est inhérente à l’art littéraire, car en BD le texte le dispute à l’image, ce qui laisse moins d’espace à la complexité. Cela n’a pas empêché de voir éclore de nombreux chefs-d’œuvres BD, qui justement s’étalaient sur plusieurs tomes pour laisser entrevoir toute leur complexité. Les bouquins à plus d’une centaine de pages ont tués cette complexité, car difficile d’être complexe sur un 320 pages par exemple, sans devenir ennuyeux et perdre le lecteur en route. D’où un interminable étirement du scénario et du dessin pour remplir un roman-graphique.

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  • Une petite erreur : en évoquant les deux dernières oeuvres de Manu Larcenet- à savoir la trilogie "Thérapie de groupe" et "La route"- , j’en ai oublié au moins une troisième, "Palmer dans le rouge", que je n’ai pas lue.

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    • Répondu le 29 septembre à  17:07 :

      Ohlala, toutes les références citées par Milles Sabords ont systématiquement 40 ans, quand c’est pas 50 ! Laisse tomber, vieux, le monde a changé, mais pas toi. Et forcément, il n’a pas changé comme tu aurais voulu, et comme tous les vieux, tu ressasses.

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