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Excellent
8 septembre 2026
Paru aux éditions Front Froid durant la mi-septembre au Québec, avec une parution prévue pour début 2027 dans l’Hexagone, Pupilles est le fruit d’une collaboration exceptionnelle entre Jeik Dion, Cab et Gautier Langevin. Trois gros noms de la bande dessinée québécoise se sont rassemblés, façon Avengers, pour créer une série de SF cyberpunk explosive !
La série, écrite et dessinée à six mains, raconte l’histoire de la jeune Cameron Pilot, qui tente de survivre comme elle peut avec son frère Hynau dans une caravane au milieu du désert des États américains du sud. Leur seul moyen de survie ? Travailler pour les cartels locaux qui terrorisent la population. Pour cela, les adolescents se fraient un chemin sur des serveurs piratés du jeu en réalité virtuelle « Warden » pour y remporter le plus de parties possibles et gagner la faveur des parieurs.
Mais le jour où Cameron et Hynau, à bout, contactent les autorités, tout tourne au vinaigre. Hynau est tué dans la bataille et Cameron est prise en charge par la police. Désormais, l’adolescente n’a plus qu’un objectif : rejoindre l’Alliance du Nord et intégrer le programme « Pupilles », un entraînement intense qui forme les meilleurs joueurs du monde. Cameron survivra-t-elle à ce jeu qui la poussera dans ses derniers retranchements ? Et pourquoi le fantôme de son frère persiste-t-il à la hanter dans son casque ?
Pupilles est une grosse BD de genre, la spécialité de la maison Front Froid qui la publie. Et quand on regarde le CV des auteurs, on n’est pas surpris. Gautier Langevin a déjà exploré la SF dans sa trilogie Far Out, Cab a imaginé un Montréal post-apocalyptique dans Hiver Nucléaire, et Jeik Dion a illustré un monde très manga où la vie tourne autour des jeux et des sports avec Skate Park. On pouvait difficilement imaginer une meilleure équipe pour Pupilles !
Avec de tels noms au générique, on n’est évidemment pas déçus par l’aspect Science-Fiction de Pupilles. Ici, le trio se concentre sur le sous-genre de la SF « cyberpunk », avec son esthétique où les néons côtoient les machines sales et usées.
Les personnages qui se connectent à un monde virtuel, la présence d’une force gouvernementale autoritaire, les énormes immeubles qui écrasent la population, les auteurs ont parfaitement compris ce qui fait l’esthétique du genre. On est ici dans un parfait représentant du genre. On retrouve également un grand nombre de références au Ready Player One de Steven Spielberg, parmi lesquelles le casque de réalité virtuelle utilisé par Cameron, les tours d’appartements empilés, ou même la terrasse de l’immeuble, lequel conclut ce premier tome, rare point de verdure au milieu de la crasse industrielle.
Côté dessin, l’équipe de Pupilles a fait un excellent travail. En même temps, lorsqu’on regarde de plus près, ce sont plus d’une dizaine de personnes qui ont collaboré sur l’œuvre ! Gautier Langevin était au scénario, Jeik Dion supervisait les dessins, et Cab s’occupait des encrages et du lettrage. Mais ils ont également bénéficié de l’aide de nombreux coloristes et artistes assistants : les coloristes du studio Du Coup Animation Justine Prévost, Jade Tam, Laurie Tousignant, Julie B. Fréchette et Nicolas D. Dufresne, ainsi que les coloristes indépendants Charlotte Gagnon-Soucy, Sara Ortega-Ramirez, et Devin Taylor ont donné leurs palettes pétantes aux pages !
L’artiste Seb Bé a également donné un coup de main à l’équipe au niveau de la conception, mais sans s’engager plus loin dans la production [1]. Avec tout ce beau monde, on peut s’attendre à de jolis graphismes !
Soyez rassurés, le travail de cette équipe a payé. On retrouve le trait très dynamique, presque manga par moments, de Jeik Dion qui propose des scènes de bataille impressionnantes. Les robots géants que pilotent les joueurs ont chacun leur identité propre, ce qui les rend reconnaissables même au milieu des explosions. Sur ce point, l’album nous rappelle par moments le Dawnrunner de Ram V et d’Evan Cagle, qui possédait lui aussi de grandes scènes de bagarre mécanique. Le montage est rapide et dynamique sans pour autant perdre le lecteur dans son rythme, et les bédéistes réussissent à bien transmettre la nervosité de Cameron au cours de l’action. Côté dessin, rien à dire, donc !
Si vous aimez la science-fiction et le cyberpunk, n’hésitez pas un seul instant, Pupilles est pour vous. Par son trait ultra dynamique et ses couleurs explosives (vous l’avez vous-même vu dans les illustrations de cet article), l’album vous entraînera dans une aventure quasi « shônen » par le prisme de personnages hauts en couleurs, lesquels dépasseront sans cesse leurs propres limites.
Née sous la plume de grands noms de la BD québécoise, Pupilles est sûrement l’une des meilleures nouveautés de la rentrée dans la Belle Province. Maintenant, la question qui demeure est : « À quand la suite ? »
Par Akira OIKAWA
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Pupilles, par Jeik Dion, Cab et Gautier Langevin, éditions Front Froid. Parution le 16 septembre 2026 (Québec), début 2027 (France).
[1] Information confirmée par Gautier Langevin