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Corso, une vie de chien au milieu des chats

Par Laurent MENUT Bon 1er septembre 2026 
Le pilote de vaisseau spatial Corso s’écrase sur une planète inconnue. Seul au milieu du désert, il n‘a plus qu’une valise avec une tente et un peu d’eau. Plutôt que d’attendre en vain au pied de son vaisseau détruit, il prend son courage à deux pattes (Corso est un chien) et part en plein désert à la recherche d’aide. La ballade sera douloureuse, semée de diverses problèmes et rencontres.

Au fil de l’aventure, le regard de Corso sur le monde sera mené à changer. Le Brésilien Danilo Beyruth propose ici une relecture spatiale de la rivalité entre chiens et chats, métaphore éternelle des rivalités entre humains - que ce soit pour des questions de territoire, de race ou de religion. Le discours est clair, le dessin noir et blanc est vif, le livre est adapté à tout public. Un bel exemple d’histoire sur la tolérance, l’adaptation et la bienveillance.

Après s’être écrasé sur cette planète inconnue, Corso, le chien pilote de vaisseau spatial, est bien décidé à survivre en trouvant de l’aide sur cette planète. Il va traverser le désert, subir une mousson pour finalement trouver une forêt accueillante, à la faune et à la flore variées. Poussant toujours un peu plus loin son exploration, il va finir par trouver le gros animal de la région, le sommet de la chaîne alimentaire : le dragon fournaise. L’animal, massif, semble transformer la chaleur en électricité. Mais à s’approcher trop près… Corso va le comprendre en étant attaqué. Il va toutefois être sauvé par un inconnu. Sa solitude vient de prendre fin. La découverte de l’autre commence.

Corso, une vie de chien au milieu des chats
Corso, de Danilo Beyruth, Ed. Soleil

Malheureusement, son sauveur est blessé : Corso va le porter jusqu’à son village. Or, en le ramenant et en gardant le trophée acquis, il prend sa place et le condamne à être banni du village. Il réalise que ses hôtes sont des chats, ennemis de son peuple, tout en ne semblant pas très bien savoir ce qu’est un chien, ni que ceux-ci sont en guerre. Corso va s’intégrer lentement et difficilement dans ce village, mais restera toujours obsédé par sa mission : ladite guerre. Les chiens ne font décidément pas des chats.

Corso, de Danilo Beyruth, Ed. Soleil

Tel un Robinson, Corso est accompagné dans son périple d’un petit compagnon muet, un papillon qui réussit à se déplacer sans le besoin de bouger ses ailes. D’autres créatures originales seront aussi de l’aventure. L’auteur fait même un petit bestiaire qui rappelle les mondes d’Aldébaran de Léo, où les nouvelles créatures sont décrites par Corso, à l’image du cheval hexapode, du serpent d’eau ou du célèbre lézard cerf-volant ! Mention spéciale pour le palmier-ananas comestible, qui ne demande qu’à être gouté.

Corso, de Danilo Beyruth, Ed. Soleil

L’arrivée de l’étranger dans un village isolé, ne comprenant ni la langue ni les mœurs radicalement différentes, rappelle le livre Shogun. D’ailleurs, l’esthétique pointe dans ce sens : village très japonisant, aux maisons de terre et aux temples ornés de torii. Ses hôtes sont en kimono tous cinglés du sabre caractéristique du chanbara. Toutefois, si Corso peut se montrer colérique et fougueux, tout en ayant du mal à se calmer, c’est aussi car il se retrouve projeté face à un calme qu’il n’a pas souvent croisé et le désarçonne.

Corso, de Danilo Beyruth, Ed. Soleil

Le livre, de plus de 220 planches au format comics, est entièrement en noir et blanc. Le dessin est précis et dynamique, et quelques ombres et contrastes s’ajoutent à l’aide de trames. Les personnages ont à la fois un air poupon et un comportement de guerrier, un mélange étonnant qui aguiche notre curiosité. Les origines de Corso sont disséminées au fil de l’histoire par des successions de flashbacks permettant de mieux comprendre sa rage intérieure et son irrépressible besoin de rentrer chez lui. A l’évidence, ce nerveux canidé a une dent contre toute forme de bonheur. Néanmoins l’histoire reste avant tout une aventure de science-fiction, pleine de rebondissements et de révélations, où la morale reste intacte et plaira naturellement à un large public (même les plus jeunes). Clou du spectacle : la fin du récit contient une révélation originale sur le peuple des chats, ainsi qu’un élément inattendu sur le comportement de Corso qui pourra offrir à réfléchir.

Corso, de Danilo Beyruth, Ed. Soleil

Danilo Beyruth, Brésilien né à Sao Paulo, est un auteur expérimenté en comics et travaille depuis longtemps pour les Etats-Unis avec des séries comme Ghost Rider ou Deadpool. Corso constitue un travail plus personnel, une œuvre murie de longues années, comme la présente son collègue journaliste Sidney Gusman en préface de ce livre.

Par Laurent MENUT

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Code EAN : 9782302099746
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