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Une sœur et son frère dérobent un diamant de 50 carats dans un musée d’Anvers, en Belgique. Pris de panique à l’approche de la police, ils cachent le précieux minéral à l’intérieur d’un nain de jardin. Mais lorsque le bibelot est expédié en France, ils se lancent à sa poursuite, tout en échappant aux autorités belges. C’est dans la petite bourgade de Charnay-lès-Mâcon que le nain de jardin et des centaines d’autres sont expédiés, en vue de la fête annuelle des jardins.
Pendant ce temps, le quotidien tranquille des quatre agents de la gendarmerie locale, jusque-là rythmé par les contrôles de circulation, est bousculé par l’arrivée de Grégoire, un jeune stagiaire parisien peu enthousiaste, fils d’un politicard ami avec le chef Dugorgeon. Un inévitable choc générationnel et hiérarchique se profile. Mais le pompon reste la rencontre entre Grégoire et la fille de Dugorgeon, de quoi mettre le gendarme hors de lui.
Cette comédie est directement adaptée de la bande dessinée éponyme publiée aux éditions Bamboo. L’éditeur inaugure à cette occasion son label Bamboo Films, en devenant lui-même producteur et en veillant ainsi au respect de l’œuvre originale. Ainsi, ce n’est pas un hasard si l’épicentre de l’intrigue se situe à Charnay-lès-Mâcon : la ville accueille le quartier général des éditions Bamboo depuis leur fondation par Olivier Sulpice, il y a bientôt 30 ans. L’éditeur a profité de l’occasion pour placer bon nombre de ses employés dans la figuration et les silhouettes du film. Mais quid du casting ?
On retrouve les principaux personnages de la BD, à commencer par les gendarmes : Fred Testot dans le rôle de Leteigneux, Marc Riso dans celui de JP et Arnaud Ducret dans celui de Dugorgeon, que l’on avait déjà vu en professeur de sport dans les films Les Profs, eux aussi adaptés d’une bande dessinée publiée par le même éditeur.
Le personnage de Latouille est ici remplacé par Lagueekette, afin de féminiser quelque peu cette bande d’hommes. Une initiative louable, même si, pour ce faire, il a fallu lui attribuer le rôle de la larbine de service.
C’est la stand-uppeuse Sofia Belabbes qui l’interprète. À l’instar des gendarmes de De Funès, l’idée n’est ni de glorifier la profession, ni de chercher à recruter façon “I want you”, encore moins, à l’inverse, de dénigrer l’image des fonctionnaires. Cependant, il est clair qu’ils ne tiennent pas un rôle plus noble que les deux zigotos de voleurs du dimanche, incarnés par Alice David et Julien Arruti. On se souvient de ce dernier dans le film Marsupilami, sorti plus tôt cette année, dans lequel il tient un rôle similaire, celui de l’idiot heureux, mais tellement attendrissant.
Du côté des jeunes acteurs, il y a “Pupuce”, la fille du chef de gendarmerie, jouée par Margot Heckmann, et le stagiaire Grégoire, par Thomas Gioria, révélé en 2017 dans Jusqu’à la garde, film auréolé de plusieurs César. Avec son allure de mauvais élève, du moins au premier abord, difficile de ne pas voir en lui un lointain cousin de Boulard (Kev Adams) dans Les Profs. À la différence que Grégoire n’a pas poussé la chansonnette. On l’en remerciera jamais assez.
Pour l’adaptation de la BD, Bamboo aurait pu pousser l’exercice jusqu’au bout en confiant l’écriture du film aux auteurs de la série. C’est finalement le duo Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie qui s’y colle. Ainsi, chacun reste à sa place : les auteurs de BD à la BD, les scénaristes au scénario, les policiers au commissariat et les gendarmes à la gendarmerie.
Mais l’expérience est-elle pour autant réussie ? À l’instar des Profs, l’enjeu est de taille : la BD repose avant tout sur un florilège de gags, pas nécessairement liés les uns aux autres. Transformer cette succession de saynètes en une véritable aventure d’une heure et vingt-sept minutes constitue un réel défi. Jouons cartes sur table : le scénario est digne des plus grands nanars policiers. Il repose sur deux axes : d’un côté, la formation de Grégoire, le stagiaire, au sein de la brigade ; de l’autre, l’intrigue autour des deux voyous, lancés à la recherche du fameux nain de jardin.
Pour bien nous faire comprendre ce que nous avons déjà compris depuis le début, de multiples images subliminales faisant référence à l’éditeur Bamboo parsèment le film, tout en servant au passage de vitrine publicitaire pour ses autres bandes dessinées. Pourquoi pas, après tout. Les gags de la BD ne sont pas relégués au placard : certaines scènes reprennent directement des planches signées Jenfèvre, Sulpice et Cazenove. Les lecteurs les plus assidus devraient ainsi y trouver leur compte. On regrettera néanmoins une conclusion assez tirée par les cheveux.
Du reste, Les Gendarmes se présente comme une comédie estivale bon enfant, touchante par moments et présentant plusieurs bonnes idées. Il devrait sans mal trouver un public assez familial.
Par Rémi BARNAULT
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