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Moyen
2 avril 2026
Cela fait déjà près de dix ans que le manga Moi, quand je me réincarne en Slime, de Taiki Kawakami et Fuse, est mis à l’honneur sur ActuaBD. Notre rédacteur Guillaume Boutet en a soigneusement chroniqué les 29 tomes parus à ce jour, avec des notes oscillant autour du « Très bon ». L’adaptation en anime de la série a également connu un grand succès, avec une nouvelle saison tous les 3 ans environ (S1 en 2018, S2 en 2021, S3 en 2024). La saison 4 pointe le bout de son nez pour avril, mais n’est-elle pas celle de trop ?
Il faut se remettre un peu dans le contexte. Lorsque le manga Moi, quand je me réincarne en Slime paraît pour la première fois au Japon autour de 2015 (le light novel, lui, date de 2013), il est l’un des mangas isekai les plus originaux de son époque. Bien qu’il n’en soit pas vraiment LE premier représentant, il est clair que la série a contribué à démocratiser le genre du isekai alternatif, où l’humain lambda de notre monde ne se réincarne pas en héros flamboyant, mais en une autre créature. Une mode qui persiste jusqu’à aujourd’hui avec les improbables So I’m a Spider, So What ? et Reborn as a Vending Machine, I Now Wander the Dungeon.
À l’époque, Moi, quand je me réincarne en Slime avait fait grand bruit par son approche. Le personnage de Limule n’avait pas pour objectif de terrasser le grand méchant, mais de bâtir sa ville et de devenir un souverain apprécié et responsable. Lorsque les démons, rois cupides et autres monstruosités l’attaquaient, il ne faisait que se défendre. On était typiquement dans le isekai-tranche de vie, avec un personnage qui ne désire qu’une vie simple et tranquille.
Jusqu’ici, la série (à la fois le manga et l’anime) était intéressante à suivre parce que Limule avait encore beaucoup de chemin à parcourir. Dans la première saison, il établissait son village, dans la deuxième, il rentrait en guerre avec la nation voisine de Falmus, et dans la troisième, il réglait ses comptes avec l’Église et la redoutable Hinata. Mais pour le coup, la saison 4 commence sur un statu quo difficile à faire évoluer : Limule est roi-démon, sa ville est florissante, et tous le vénèrent comme un souverain bon et droit. Le slime a, si on reprend le vocabulaire des RPG, fini le jeu. Il a atteint le plus haut niveau possible. Donc où aller à partir de ça ?
Grâce aux articles de notre fidèle rédacteur Guillaume Boutet, on connaît déjà la suite de l’histoire : la famille Rozzo, avec la jeune Maribel à sa tête, va tenter de saboter les efforts géopolitiques de notre gelée bleue préférée. Bon, est-ce que c’est une perspective qui vous intéresse pour la saison 4 ? Maintenant que Limule est au sommet et qu’on entre dans l’aspect « gestion pure » du royaume, on peut souffler un peu du nez. La série n’a-t-elle pas un peu trop étiré la sauce ? Voilà près de dix ans qu’on suit les aventures de Limule qui, tout attachant soit-il, commence à répéter les mêmes schémas : faire grandir son royaume, affronter le prochain pays qui voudra le détruire, vaincre ce dernier en un tour de main, recruter de nouveaux alliés... on connaît la recette, maintenant. Dites-vous que Jujutsu Kaisen (2018-2024) a commencé après Moi, quand je me réincarne en Slime ET s’est terminé avant !
Avec désormais 4 saisons, 2 films, et pas moins de 7 spin-offs différents, l’univers de Moi, quand je me réincarne en Slime a bien évolué. Mais ne serait-il pas temps de clore la série ? La saison 4 ne sera pas mauvaise, elle sera comme les précédentes : sans surprises. Il serait peut-être judicieux d’orienter les personnages vers une fin satisfaisante, plutôt que de laisser la série s’essouffler.
Par Akira OIKAWA
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Moi, quand je me réincarne en Slime T1. Par Taiki Kawakami (dessin), Fuse (auteur original) & Mitz Vah (design des personnages). Traduction Erica Moriya. Kurokawa, Collection "Shônen". Sortie le 9 novembre 2017. 240 pages. 7,65 euros.