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Ma famille de samouraïs : du Japon au Brésil, un voyage entre deux cultures

Par Rémi BARNAULT 14 septembre 2026 
De Nihonjin, roman d’Oscar Nakasato sur le destin d’immigrés japonais au Brésil, aux œuvres de l’artiste peintre nippo-brésilien Oscar Oiwa, Ma famille de samouraïs puise dans plusieurs regards pour célébrer une identité au croisement de deux cultures.

Sao Paulo, Brésil, années 80. Le jeune Noboru doit réaliser pour l’école un exposé sur ses origines. L’un de ses deux grands-pères étant décédé, il ne peut se tourner que vers l’autre, Hideo. Doté d’un sale caractère, ce dernier rechigne d’abord à livrer la moindre anecdote. Mais face à l’insistance de Noboru et avec l’aide de sa grand-mère, celui qui préfère être appelé par le mot japonais “Gichan” plutôt que “grand-père” finit par délier sa langue. Il conte son histoire, de son départ du Japon en 1920 à son arrivée au Brésil, terre qui lui était jusqu’alors totalement inconnue et dans laquelle il devra trouver ses marques - mais pas trop tout de même. Il poursuit ensuite son récit, de son dur labeur au sein d’une plantation de café à son parcours pendant la Seconde Guerre mondiale, en passant par sa rencontre avec sa future femme et la relation avec ses enfants, à cheval malgré eux entre deux cultures.

Chaque personnage apporte sa sensibilité et de ses convictions, entre volonté et refus d’adaptation. Noboru va, au passage, découvrir l’existence d’un oncle caché. Les yeux remplis d’étoiles, il boit toutes ces anecdotes et ces révélations, mais une certaine tension subsiste. Hideo tient à raconter son histoire à sa manière, sans que son petit-fils ne lui coupe la parole ou ne pose trop de questions. La réalisation de ce devoir scolaire ne sera pas de tout repos. Alternant passé et présent, le film multiplie les transitions très imagées, presque oniriques. Les souvenirs semblent ainsi littéralement prendre vie sous les yeux du jeune Noboru. Les arrière-plans peints, très colorés et lumineux, s’inspirent par ailleurs du travail du peintre Oscar Oiwa, lui-même nippo-brésilien. C’est tout l’objet de ce film : célébrer le mélange de ces deux cultures sans pour autant occulter les difficultés, tant historiques que culturelles, auxquelles les personnages sont confrontés. Aussi, le récit évoque sans détour les remarques racistes de l’époque et la bêtise née de l’ignorance.

Si le cœur du sujet du long-métrage est l’immigration japonaise vers le Brésil et la transmission générationnelle, on reste quelque peu sur notre faim concernant la vie d’Hideo au Japon. D’autant que le titre original, Eu e Meu Avô Nihonjin - littéralement “Mon grand-père japonais et moi” - a été adapté en français sous le titre Ma famille de samouraïs, ce qui peut, dans un premier temps, être trompeur. Mais en regardant le film, on peut un peu comprendre l’idée derrière ce titre, notamment parce qu’Hideo et son foyer se “battent” pour se faire une place dans la société et protéger leur culture.

En outre, Ma famille de samouraïs a le mérite d’aborder cet épisode de l’Histoire, encore rarement traité dans une œuvre destinée à la jeunesse. Une histoire intime et touchante, finalement plutôt universelle, l’humanité étant en perpétuelle migration depuis ses origines. Porté par une direction artistique aux petits oignons, ce film est à voir sur le plus grand écran possible, évidemment. Aussi, il faut absolument rester jusqu’au bout du générique de fin, afin de profiter d’une chanson assez entraînante qui résume bien le propos du film.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN :

Ma famille de samouraïs, réalisé par Célia Catunda, est à découvrir dans les salles obscures françaises dès ce 16 septembre.

à partir de 8 ans Brésil
 
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