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Très bon
2 août 2026
L’ascension touche à sa fin, et la bataille pour le dossard jaune se joue entre trois écoles qui n’ont plus rien à perdre : Sôhoku, l’Académie de Hakone et Kyôto Fushimi. En tête du peloton, Midôsuji (décidément increvable !) surgit de nulle part et signe un retour aussi colossal qu’écœurant pour ses adversaires, après avoir déjà passé toute la course à saper le moral de ses concurrents. Imaizumi, lui, refuse de lui lâcher la roue et se lance dans une poursuite acharnée, portée par cette rivalité qui couve entre eux depuis le premier tome.
Pendant ce temps, Manami joue perfidement au lièvre et à la tortue avec ses rapports de pédalier, gérant son effort avec un sang-froid qui tranche avec la fureur du duel de tête. Watanabe multiplie les relances comme autant de feux d’artifice finaux : on croit le dénouement scellé à trois reprises, et à trois reprises l’auteur remet une pièce dans la machine pour repousser l’échéance.
Le tome se clôt sur le franchissement de la ligne — on découvre enfin qui hérite du maillot de leader — avant de basculer sur l’après-course, où les egos et les stratégies d’équipe commencent déjà à se repositionner pour la suite de l’épreuve.
Ce tome est un concentré de tout ce qui fait la force de la série depuis ses débuts : un sens du rythme redoutable, qui étire un sprint sur des dizaines de pages sans que l’on s’en rende jamais compte, et des personnages suffisamment charismatiques pour que l’on s’attache autant à la stratégie d’un second couteau comme Manami qu’au duel frontal des favoris.
Le trait si caractéristique de Wataru Watanabe, en particulier dans les gros plans sur les visages tordus par l’effort, transmet une intensité physique rare dans le shônen sportif : on sent véritablement le cœur battre à tout rompre et les jambes brûler. La construction narrative en fausses fins successives constitue un véritable tour de force d’écriture : chaque relance est amenée avec une logique tactique suffisante pour ne jamais sonner faux.
Le revers de la médaille, c’est que ce même procédé finit par tirer quelque peu sur la corde de la crédibilité physiologique. On sait que la série prend des libertés avec ce qu’un corps humain peut réellement encaisser en fin d’ascension, et ce tome pousse le curseur encore un peu plus loin. Par ailleurs, le graphisme, toujours efficace, demeure assez sobre dans son découpage : les amateurs de mises en page plus audacieuses resteront sur leur faim. Enfin, ce volume est presque entièrement consacré à une seule scène : les nouveaux venus dans la série n’auront aucun repère et devront impérativement avoir lu les tomes précédents pour ressentir tout l’enjeu de ce sprint.
Un tome qui met les nerfs à rude épreuve, dans le bon sens du terme : la tension est palpable de la première à la dernière page, et Wataru Watanabe confirme qu’il sait construire un climax sportif comme peu d’auteurs de shônen. Que l’on soit cycliste du dimanche ou totalement hermétique au vélo, l’énergie de ce tome 13 est communicative et donne irrésistiblement envie de découvrir la suite !
Par Milan MORALES
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– les tomes 9 & 10