Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Très bon
29 juillet 2026
Le "bad boy" des poids légers, Mashiba, surnommé "La Faucheuse", se précipite dès le premier coup de cloche sur son adversaire, Rosario.
Mauvaise pioche : Rosario, immense technicien du corps à corps, encaisse l’assaut avec un sourire qui en dit long et se met à retourner la pression contre le challenger.
Le champion du monde en titre, impressionné malgré lui par la démonstration de force qu’il vient d’essuyer, sent le vent tourner et installe alors une ambiance délétère sur le ring, jouant sur l’intimidation psychologique autant que sur la boxe pure.
Car Rosario n’a que faire du fair-play : il multiplie les petites bassesses et les provocations, tout en restant savamment à la limite du règlement pour ne jamais se faire sanctionner par l’arbitre.
Mashiba, de son côté, doit mener un double combat : contre son adversaire bien sûr, mais aussi contre ses propres démons, cette rage destructrice qui l’a toujours habité et qu’il tente de dompter pour ne pas y retomber en plein championnat du monde.
Le tome se referme sur ce duel encore indécis, à peine arrivé à son milieu, laissant le lecteur suspendu entre deux rounds.
Après plus de 142 tomes, l’ami George Morikawa prouve qu’il n’a rien perdu de sa capacité à construire un combat comme un véritable récit à part entière, avec ses rebondissements tactiques, ses temps de respiration psychologique et sa montée de tension méthodique. L’opposition entre les deux boxeurs fonctionne à merveille : Mashiba, malgré son passif peu reluisant, devient presque sympathique par contraste avec Rosario, dont la duplicité calculée et les coups fourrés savamment dosés en font un antagoniste qu’on adore détester. Le sens du découpage reste redoutable : chaque échange de coups est lisible, dynamique et porte une vraie charge émotionnelle.
Découper un combat en deux d’un tome à l’autre est un classique de la série, mais ça reste une frustration assumée : ceux qui espéraient un dénouement resteront sur leur faim jusqu’au tome suivant. La mécanique de l’adversaire qui triche intelligemment sans se faire prendre commence par ailleurs à sentir le déjà-vu pour qui suit la série depuis longtemps ; Morikawa recycle un ressort dramatique qu’il a déjà employé à de multiples reprises.
Enfin, l’absence quasi totale d’Ippo dans ce tome, focalisé sur Mashiba, pourra dérouter les lecteurs venus avant tout pour le héros historique de la série.
Un tome haletant, porté par un duel aux méthodes parfois franchement douteuses, qui confirme que Morikawa maîtrise toujours aussi bien l’art de faire durer le suspense. On referme le livre frustré de ne pas connaître l’issue… mais n’est-ce pas là la meilleure preuve que la recette de notre mangaka fonctionne encore ?
Par Milan MORALES
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Vous avez apprécié cette chronique et désirez en savoir plus sur cette série ?
Vous pouvez retrouver ici nos précédentes chroniques :
– le tome 31 de cette 6ème saison