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Bon
28 avril 2026
Né sous le crayon de Serena Cirillo (@apple_toast sur Instagram), JOY est paru aux éditions Kinaye début avril. On y suit, selon les dires de l’autrice elle-même dans la postface, « une histoire simple ». Un genre dans lequel Kinaye excelle, avec La Rumeur du Chat Perché, paru plus tôt dans l’année.
Lorsqu’on lit JOY, on ressent nettement l’expérience de Serena Cirillo dans l’animation et les webcomics. En effet, même si l’on suit une intrigue continue tout au long du livre, ce dernier est découpé en chapitres qui font en moyenne une quinzaine de pages chacun. Chaque chapitre met en scène une petite tranche de la vie de JOY et de Mari, parfois aussi simple que le fait d’aller faire les courses. Le format évoque clairement les webcomics vus sur les réseaux comme Instagram, où de nombreux créateurs publient des histoires en dix cases à lire en « swipant ». Un très bon exemple de ce format est Elzear de Cosmogenese.
L’intrigue globale de JOY suit les aventures du robot éponyme et de sa créatrice Mari, alors que cette dernière tente tant bien que mal de mener à bien un gros contrat avec la multinationale Sorlye. Mais ça, c’est l’histoire en surface. Ce que le livre veut vraiment raconter, c’est la relation entre Mari et son androïde. JOY a beau avoir été créé artificiellement, son algorithme est capable de philosopher et de prendre du recul. Le livre parle beaucoup de santé mentale et d’équilibre émotionnel, au point que JOY pense à prendre des pauses pour ne pas s’effondrer, et encourage (pour ne pas dire force) Mari à faire de même. Dans une inversion intéressante des rôles, l’humaine devient celle qui travaille sans relâche, et le robot celui qui s’assure qu’elle ne se brise pas sous la pression du travail. Il n’y a pas de péripéties à l’échelle cosmique ou de dilemmes cornéliens sur l’humanité de JOY, simplement une petite histoire sur le quotidien d’un robot et de son inventrice.
L’atmosphère très simple et quotidienne du livre transparaît également dans son style graphique. Dans un style légèrement manga qui rappelle les illustrations de Frontier de Guillaume Singelin, Serena Cirillo propose de très jolies planches lumineuses. En plus du noir et blanc, l’illustratrice utilise un rose orangé pâle à la texture granuleuse, ajouté en numérique, qui renforce l’atmosphère chaleureuse de l’histoire.
JOY s’inscrit parfaitement dans la production des éditions Kinaye. Si vous aimez les histoires tranquilles et que voulez un joli livre touchant pour prendre une petite pause, nul doute que vous aimerez JOY.
Par Akira OIKAWA
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JOY, par Serena Cirillo, éditions Kinaye. Parution le 10 avril 2026. 12,90 €.