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Excellent
25 septembre 2026
Sans doute le meilleur moyen (et le seul en français) de se constituer l’intégralité des histoires de Judge Dredd parues dans le célèbre magazine anglais mais aussi de le découvrir. Aucun prérequis n’est nécessaire.
Il suffit de commencer la lecture d’un épisode et le lecteur comprend vite que l’autorité à Mega-city (ville du futur) n’est pas très permissive et les « judges » sont des policiers-juges qui épient les moindres mouvements et pas de travers des citoyens. « La Loi Dans L’Ordre » est leur devise, tout un programme.
La justice y est pour le moins expéditive. Croiser le regard d’un représentant de l’ordre constitue pratiquement l’assurance d’aller au cube (prison) pour quelques temps, même si vous pensez n’avoir rien commis de répréhensible. Le judge trouvera bien une situation où vous êtes en défaut (comme avoir consommé du sucre par exemple – ce qui est condamnable dans cette ville du futur). Parler en marchant seul dans la rue est suspect et suffit pour se faire appréhender. Encore une transgression et c’est la lobotomisation !
Il faut admettre que l’intervention brutale de la loi est souvent aussi à la hauteur des délits. La méga-city grouille de malfrats qui n’hésitent pas un seul instant à ouvrir le feu sur les fonctionnaires durant l’exercice de leur fonction. Meurtres, cambriolages et braquages accompagnés de courses – poursuites sont monnaie courante dans cet univers punk ultra violent.
La quarantaine de courtes histoires dessinées par une pléiade d’artistes (dont Ian Gibson, Kevin O’Neill, … est diversifiée du point de vue graphique mais également au niveau des idées. Les scénarios partent dans tous les sens et font la richesse de la collection.
Edités en 1986 et 1987, certains sujets étaient plutôt visionnaires. 40 ans plus tard, la situation imaginée et relevant, à l’époque, de la science-fiction, se rapproche pas à pas de notre actualité, comme cette histoire d’un dessinateur qui se rend chez un éditeur muni de son porte-folio et se fait piquer son art pour être traité à profusion par une intelligence artificielle. Troublant, n’est-ce pas ?
Judge Dredd est donc un excellent comics, divertissant, à l’imagination débridée, doté d’un humour caractéristique (souvent noir) mais qui interpelle sur les dérives de notre société. Ce qui n’est pas la moindre de ses qualités. Cette saga britannique perdure tout en confirmant son niveau de qualité situé bien au-dessus de la moyenne des comics grand public.
Par David SPORCQ
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