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Dawnrunner - par Ram V et Evan Cagle - Éd. HiComics

Par Akira OIKAWA Bon 2 janvier 2025 
Dans un Guatemala futuriste, l’humanité a été attaquée par les Tetzas, monstres titanesques quasiment invulnérables. Incapables de les arrêter, les survivants se sont alors retranchés derrière un immense champ de force et ont assemblé de puissants robots humanoïdes pour les affronter. Baptisés « Iron Kings », ou « IK » pour faire court, ces machines sont le dernier espoir de l’humanité. Un siècle après la première invasion des Tetzas, Anita Marr, considérée comme la meilleure pilote IK de son temps et mère d'une fille malade, est choisie pour inaugurer le dernier prototype de robots guerriers. Le nom de son nouveau modèle : Dawnrunner.

Dawrunner est le fruit de la collaboration entre l’auteur de comics Ram V (Toutes les morts de Laila Starr), nominé plusieurs fois aux Eisner Awards, et l’illustrateur Evan Cagle, qui a travaillé sur nombre de comics DC (Catwoman, Superman and the Authority…). Paru aux éditions HiComics en France, le livre compile les cinq chapitres du récit, originellement publiés séparément par Dark Horse Comics. L’œuvre est un hommage clair aux films et anime de robots mecha, que ce soit Pacific Rim, Neon Genesis Evangelion ou Ghost in the Shell.

Dawnrunner - par Ram V et Evan Cagle - Éd. HiComics
©HiComics

Ram V signe ici un récit de science-fiction puissant, qui pose des questions complexes sur la vie après la mort et le transhumanisme. L’héroïne Anita Marr découvre en effet que le robot Dawnrunner utilise le cerveau d’un ancien combattant comme interface de communication, afin de permettre une véritable symbiose entre le pilote et sa machine. Lorsqu’elle pilote le IK, Anita est plongée dans les souvenirs du capitaine Ichiro Takeda, mort plus d’un siècle auparavant. Au cours du récit, Anita va alors vivre en parallèle sa propre histoire en tant que pilote de Dawnrunner et mère d’une petite fille malade, et celle du soldat cherchant à sauver ses enfants de la première invasion Tetza. En utilisant le robot IK lui-même comme interface entre les deux récits, l’auteur a su habilement utiliser les outils de la SF pour servir le découpage de son histoire. Il fait alterner le point de vue d’Anita lorsqu’elle est hors du robot, et celui d’Ichiro lorsqu’elle le pilote. Les deux soldats ont beaucoup de points en commun et ils devront s’entraider pour accomplir leurs missions respectives.

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Le scénario de Dawrunner est complexe, principalement à cause d’enjeux difficiles à expliquer en termes simples. Le vocabulaire, très scientifique et technique, demande parfois au lecteur de relire plusieurs fois la phrase pour bien en saisir les subtilités. D’autant plus que, malgré des pages très grandes en format A4, les bulles de dialogue sont assez petites et le texte n’est pas toujours très facile à déchiffrer. Les paragraphes d’exposition dans les premières pages en sont un bon exemple et sont écrits en pattes de mouche. Prévoyez une loupe ! Ce problème semble découler de la nécessité de raconter toute l’histoire en cinq numéros à l’origine, ce qui a forcé l’auteur à conclure son histoire plus rapidement que prévu. Cela se voit principalement dans le dernier chapitre, où certaines parties de l’histoire sont résolues par un paragraphe d’explication pour économiser des pages. Un peu dommage que les créateurs aient dû amputer leur histoire d’une fin plus complète, pour satisfaire les codes stricts de l’industrie des comics.

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Les personnages de l’œuvre sont variés et ont tous des motivations bien définies. Anita Marr, par exemple, se bat pour espérer trouver un remède à la maladie de sa fille. Malgré leurs personnalités marquées, on notera cependant que ces personnages sont presque tous des sosies de personnages issus d’autres fictions. Murali Vasan par exemple, le linguiste du projet Dawrunner, ressemble beaucoup au personnage de Newton Geiszler de Pacific Rim. Il partage son intelligence, sa volonté de comprendre les monstres envahisseurs et sa relation conflictuelle avec les décisionnaires de l’armée. De manière générale, les personnages semblent avoir été construits pour correspondre à des archétypes de films de mecha, que ce soit le rival du héros incarné ici par le fougueux Xander ou la scientifique qui interprète les informations des IK depuis sa station de contrôle, en la personne de Catarina. Ce choix démontre la place centrale de ces archétypes, ainsi que les standards dont les comics américains ne semblent pas encore vouloir s’affranchir.

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Mais là où Dawrunner brille, c’est dans son style graphique. Evan Cagle livre ici des dessins sublimes, très détaillés et aux couleurs éclatantes. L’illustrateur utilise des designs qui mêlent organique et mécanique pour ses IK, qui ne sont pas sans rappeler les images de Ghost in the Shell ou Evangelion. L’illustrateur explique lui-même dans les pages bonus à la fin du livre que le Dawnrunner « devait ressembler à une Ferrari 330 qui débarque dans une course de stock-car ». Chaque page est si détaillée qu’elle pourrait être une couverture d’album.

Les scènes de bataille, aussi gigantesques soient-elles, fourmillent de détails et transmettent parfaitement la violence des mouvements. Le lecteur peut aisément imaginer l’échelle titanesque de ces affrontements, qui réduisent les arbres à des brindilles. Les efforts d’Evan Cagle se voient clairement sur les pages, et on ne peut qu’être admiratif. Cependant, il faut noter que les dessins ultra-détaillés ne font pas toujours bon ménage avec les textes. Comme l’illustrateur joue régulièrement avec la forme et la taille des cases pour raconter son histoire, certaines scènes sont parfois difficiles à suivre. On comprend l’intention d’exprimer visuellement le chaos que ressent Anita lorsqu’elle pilote son robot, mais ce choix cause parfois des soucis de fluidité dans la lecture.

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À travers des illustrations grandioses, des thèmes chers à la SF et des personnages hauts en couleur, Dawnrunner est un véritable hommage à Pacific Rim et Evangelion. On pourrait presque le considérer comme une suite spirituelle non-officielle. Si vous êtes fan des œuvres mentionnées plus haut dans cet article, nul doute que Dawnrunner a sa place sur vos étagères. Malgré son histoire parfois complexe et sa fin abrupte, il vaut le coup, rien que pour les illustrations absolument sublimes d’Evan Cagle.

Par Akira OIKAWA

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782378872410
HiComics ✍ Ram V ✏️ Evan Cagle 🎨 Dave Stewart 🎨 Francesco Segala Science-fiction Action Post-apocalyptique Cyberpunk Robots & Mecha Etats-Unis
 
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