Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Rodolphe : « Les mangas sont plutôt une régression qu’une avancée ! » [PODCAST]

Par Didier PASAMONIK 25 octobre 2025 
C’est un des scénaristes les plus prolifiques de la bande dessinée franco-belge. Fort d’une carrière qui a commencé au milieu des années 1970, il affiche aujourd’hui 50 ans de bande dessinée et près de 350 titres publiés au compteur, dont une cinquantaine de séries dans ses domaines privilégiés : le fantastique, le policier et la science-fiction pour tous les publics. Il a été aussi bien le scénariste de Kenya, de Namibia, de Trent que de Tom Tom & Nana ou Mickey ! Dans ce podcast, nous revenons sur ces 50 années de métier.

Sait-on qu’il a été le premier scénariste de Floc’h, alors coursier pour la librairie Temps Futurs ? Qu’il a été le premier éditeur de La Quête de l’oiseau du temps de Loisel ? Qu’il a scénarisé Tom Tom & Nana ? Et Mickey ? Qu’il était ami de Jacques Lob, d’Alexis, de Jean-Claude Forest ? Qu’il est un professionnel de la bande dessinée depuis le 1er janvier 1980, ne se consacrant qu’à cela ?

À l’occasion de la publication de son autobiographie chez PLG, Old School ?, nous avons voulu nous aussi qu’il nous raconte son parcours, ses amis dans le métier, son opinion sur l’évolution du 9e art, son avis sur les romans graphiques et sur les mangas (on lui doit un petit essai intitulé : Faut-il brûler les mangas ? ).

Rodolphe, c’est une « gueule », une voix, un regard sur le monde de la bande dessinée. ActuaBD l’a rencontré pour vous.

Trois nouveautés de Rodolphe parues cette année :

Rodolphe : « Les mangas sont plutôt une régression qu'une avancée ! » [PODCAST]
50 ans de carrière méritaient bien une autobiographie
Editions PLG
Comment le Rock ’n Roll peut-il sauver une vie ?
Editions Daniel Maghen
La véritable histoire du grand-père de Donald Trump ?
Editons Nicolas Anspach

Par Didier PASAMONIK

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782917837580
Daniel Maghen Anspach PLG Éditions ✍ Rodolphe Etude sur la BD Autobiographie France
 
Participez à la discussion
26 Messages :
  • On devrait arriver à vieillir sans devenir con, mais il faut bien reconnaître qu’il y a une forme de délectation à cocher les deux cases. Longue vie à tous quand même !

    Répondre à ce message

    • Répondu par Pierre le 27 octobre 2025 à  10:06 :

      Un peu rude ! Comme le disait Brassens, "le temps ne fait rien à l’affaire" ! Cette interview de Rodolphe (qui est loin d’être con et qui a le droit d’avoir ses opinions) est très intéressante (même si on a lu "Old school"). Je n’ai pas lu toute la production de Rodolphe, mais ce que j’en connais (BD ou livres illustrés, par A. Juillard, par ex) a une particularité qui en fait sa marque de fabrique :c’est la profonde humanité de ses personnages, ce qui n’est pas tellement courant. Par ailleurs, ce qu’il dit du roman graphique me semble plutôt pertinent !

      Répondre à ce message

  • Comme toujours, les vénérables bonzes du temple franco-belge ont un train (et encore, je suis gentil) de retard. Que ces colonnes branlantes se penchent sur les Webtoons, elles constateront qu’en comparaison, les mangas c’est du Shakespeare.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 27 octobre 2025 à  12:41 :

      Ce scénariste est simplement emblématique d’une époque de la bande dessinée qui se termine. Allez, il arrivera exactement la même chose aux jeunes auteurices d’aujourd’hui qui se sentent le vent en poupe.

      Répondre à ce message

    • Répondu le 27 octobre 2025 à  13:00 :

      Et lisez Shakespeare, vous vous rendrez ainsi compte que les mangas n’en sont pas.

      Répondre à ce message

  • Bien triste de taper sur une forme d’art pour essayer de mettre le sien en avant...

    Répondre à ce message

    • Répondu le 29 octobre 2025 à  08:19 :

      Rodolphe met le doigt sur ce qui, selon lui, constitue la faiblesse des mangas dans leur structure narrative : un certain appauvrissement.
      Il est vrai que la narration des mangas est souvent très linéaire, sans recours aux flashbacks ni aux voix off. Elle privilégie le descriptif, le contemplatif et la redondance, plutôt que l’ellipse et la concision. Même les scènes d’action y apparaissent très contemplatives, parfois diluées.
      De plus, le traitement des thèmes abordés est généralement manichéen. C’est la culture nippone — différente de la nôtre — mais une culture qui influence désormais notre manière de raconter.
      À l’inverse, la bande dessinée franco-belge n’influence que très peu les mangakas japonais. Il n’y a donc pas réellement de dialogue entre ces deux traditions. Pourquoi ? Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

      Répondre à ce message

      • Répondu le 29 octobre 2025 à  15:19 :

        La réponse est toute simple : le Japon, tout comme les USA sont des pays très protectionnistes et n’ont jamais permis à la BD Européenne de pouvoir s’y implanter en masse. Forcément, difficile dès lors d’infuser notre savoir-faire BD auprès des Mangakas.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 30 octobre 2025 à  07:46 :

          Si l’on pousse la logique jusqu’au bout, le fait d’importer davantage que nous n’exportons signifie que notre enrichissement culturel (franco-belge, américain et japonais) se fait au prix de l’appauvrissement de la majorité de nos auteurs.
          Comme nous exportons trop peu, nos œuvres sont peu traduites et donc peu diffusées à l’étranger.
          En revanche, nous traduisons massivement des mangas — un phénomène qui, s’il profite aux éditeurs, représente une concurrence économique redoutable pour nos propres créateurs.
          Mais comme les mangas sont à la mode et rencontrent un immense succès auprès de la jeunesse, tenir un tel discours peut facilement être perçu comme protectionniste, voire xénophobe.
          De la même manière, affirmer que le manga constitue un appauvrissement peut être perçu comme un discours conservateur, voire réactionnaire — une réaction souvent épidermique.
          Pourtant, lorsqu’on analyse les structures narratives de ces œuvres, on constate que les propos de Rodolphe reposent sur une observation fondée, issue de l’expérience d’un professionnel aguerri.

          Répondre à ce message

        • Répondu par Capitaine Kérosène le 30 octobre 2025 à  10:48 :

          C’est assez simpliste comme explication, bien que pas totalement faux.
          Le modèle économique des BD franco-belges n’est pas adapté à celui de l’industrie des manga : attendre un an minimum entre chaque nouvelle livraison, l’obligation de la couleurs et d’un grand format, la très faible pagination, les habitudes des lecteurs qui valent bien celles de chez nous, tout cela joue contre notre BD.
          Etre mangaka, c’est diriger un studio avec des assistants, il faut minimiser les risques et développer un style bankable pour que l’éditeur obtienne un retour sur investissement. Ce qui signifie se fondre dans un moule avec des codes graphiques et narratifs qui offrent assez peu de latitude.
          Enfin, les éditeurs français de leur côté ne font pas tellement d’efforts. Tout cela pour dire en conclusion que les albums franco-belges sont des produits de luxe, un marché de niche qui n’intéressent que très peu de lecteurs.
          J’ajoute que les comics américains ne sont pas mieux lotis au Japon.

          Répondre à ce message

          • Répondu le 30 octobre 2025 à  18:29 :

            Les analyses de Rodolphe sont celles d’un occidental ordinaire qui croit avoir fait le tour du sujet alors qu’il a seulement porté des oeillères la majeure partie de sa vie. La domination culturelle est seulement une question de puissance économique. Quand la France, la Belgique, l’Angleterre, l’Italie, l’Espagne étaient des empires coloniaux, leur influence culturelle était immense, il suffit de voir encore ce qu’il en reste en Afrique ou en Amérique latine. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, alors que les empires coloniaux européens se disloquaient, les USA, puis le monde asiatique ont inondé le monde de leurs produits manufacturés et culturels, tout simplement parce que leurs pays étaient puissants et agressifs économiquement. La France et la Belgique n’auraient jamais pu rivaliser sur ce plan. Il aurait fallu faire l’Union Européenne beaucoup plus tôt dans le siècle pour pouvoir avoir une force de frappe économique et culturelle à l’échelle d’un continent. Mais il faut se souvenir que jusqu’en 1945, nos pays européens continuaient à s’entretuer comme ils le faisaient depuis des siècles. Le retard perdu ne se rattrape plus. Cela dit, tout se tient. Le creuset d’une énorme portion de la culture mondiale reste greco-latin et indo-européen. Ceux qu’on appelle les "américains" (populations dites "natives" mises à part) ne sont jamais que des européens qui se sont déplacés. Leur culture livresque et picturale reste fondamentalement d’origine européenne (ce n’est pas vrai pour toutes les disciplines : en musique, il y a par exemple une énorme influence africaine issue de leur pratique de l’esclavagisme (jazz, soul, Rock’n’roll…). Simultanément, en ce qui concerne les auteurs japonais de BD, l’essor de leur industrie est grandement liée à la domination américaine post-hiroshima sur l’archipel. Les artistes japonais ont assimilé le modèle américain et l’ont mélangé avec leur propre imaginaire. Et c’est vrai chez nous aussi : les auteurs de BD dit franco-belges citaient tous leurs influences américaines. Elles sont évidentes chez Hergé, Jacobs, Jijé, Uderzo, Morris etc. Aujourd’hui, on a des auteurs francophones influencés par le manga mais c’est un phénomène qui n’a rien de nouveau en soi. En fait, tout le monde influence tout le monde mais c’est d’abord une histoire économique.

            Répondre à ce message

            • Répondu par Milles Sabords le 31 octobre 2025 à  06:50 :

              L’influence du Comics sur le Japon après la seconde guerre mondiale a été déterminante pour accélérer le phénomène, certes, mais les véritables débuts du Manga remontent aux années 1800 dans la presse japonaise (The Japan Punch-1873), avec l’influence de caricaturistes occidentaux comme Ferdinand Bigot. Le premier Manga reconnu date de 1902.

              Répondre à ce message

              • Répondu le 31 octobre 2025 à  09:23 :

                Pour faire de l’Europe une puissance économique capable de diffuser massivement sa production culturelle, il aurait fallu aussi parler tous la même langue… encore aujourd’hui, alors que l’UE essaye de se bâtir et surtout de coordonner une défense unique pour faire face à la menace russe, l’absence d’unité linguistique pose problème.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 31 octobre 2025 à  17:03 :

                  Tout le monde ne parle pas le Japonais et pourtant le Manga s’est imposé à travers le monde. Ce n’est pas un problème de langue, mais d’efficacité économique pour imposer un standard culturel, ce que les Japonais ont très bien su faire, comme avec l’automobile ou l’électronique pendant des décennies.

                  Répondre à ce message

                  • Répondu le 31 octobre 2025 à  22:13 :

                    Je ne parlais pas de la question des traductions, je parlais de la coordination. Au sein de l’Europe, encore aujourd’hui, il est difficile de promouvoir une politique culturelle unique, on commence à peine à se poser la question d’une défense commune.

                    Répondre à ce message

                    • Répondu le 1er novembre 2025 à  13:03 :

                      Je ne comprends pas de quel point de vue parle Rodolphe… les mangas existaient déjà bien avant sa naissance.

                      Répondre à ce message

            • Répondu le 31 octobre 2025 à  10:43 :

              J’ai l’impression de lire une analyse d’il y a vingt-cinq ans. Plus les années passent et plus la culture nord-américaine (principalement USA) se sépare et se différencie de la culture européenne.
              Les nippons ont été habiles pour propager leurs mangas et leurs animes. Il y a eu un vrai effort politique de leur part sur plusieurs décennies.
              Nos affaires culturelles ont un rôle à jouer pour défendre notre bande dessinée franco-belge mais elles ont besoin de plus de moyens pour y parvenir.
              L’Europe a encore un bel avenir devant elle, même si les nationalistes et les néo-fascistes cherchent à la saboter en propageant cette idée de déclin.

              Répondre à ce message

              • Répondu le 31 octobre 2025 à  16:52 :

                " Plus les années passent et plus la culture nord-américaine (principalement USA) se sépare et se différencie de la culture européenne. " On se demande où vous avez vu ça. Pour le reste, on croirait lire une analyse d’il y a 5 ou 10 ans. "Nos affaires culturelles ont un rôle à jouer pour défendre notre bande dessinée franco-belge mais elles ont besoin de plus de moyens pour y parvenir. " De quelle affaires culturelles parlez-vous ? Je ne me souviens pas avoir vu les Ministres de la Culture français et belge se réunir pour se concerter, ni la Commission Européenne inscrire la défense de la BD franco-belge à son agenda. Je crois comme vous à l’avenir de l’Europe, mais la priorité est à La Défense et dans une moindre mesure à l’Environnement, certainement pas à la Culture.

                Répondre à ce message

              • Répondu le 31 octobre 2025 à  22:17 :

                "Nos affaires culturelles". De quoi parlez-vous ? Il n’y a pas de politique culturelle commune au sein de l’Europe, ni même économique. On est très loin de pouvoir conquérir des marchés étrangers avec nos produits culturels. Et seules, la France et la Belgique ne pèsent pas grand-chose sur ce plan.

                Répondre à ce message

                • Répondu le 2 novembre 2025 à  17:01 :

                  C’est pour ça que je dis qu’elle ont un rôle à jouer.

                  Répondre à ce message

            • Répondu le 2 novembre 2025 à  17:02 :

              C’est quoi, un occidental ordinaire ?
              Quelqu’un qui ne se situe pas dans le camp de votre condescendance ?

              Répondre à ce message

              • Répondu le 2 novembre 2025 à  21:34 :

                En l’occurrence, quelqu’un qui s’imagine que la culture japonaise du divertissement a commencé avec Goldorak, Candy ou Akira, alors que la bande dessinée au Japon a une histoire aussi ancienne qu’en Europe, voire plus ancienne encore. Voir les choses de son seul point de vue d’occidental, c’est justement de la condescendance.

                Répondre à ce message

  • Très intéressant.
    Encore plus de podcasts comme celui-là svp !

    Répondre à ce message

    • Répondu le 2 novembre 2025 à  08:51 :

      Rodolphe a raison sur toute la ligne et ça n’est pas mieux du côté des Comics qui font en permanence du recyclage de leurs propres séries. Comics ou Manga, l’accélération d’une production ou « l’auteur » n’existe pas, servie par une armada d’esclaves en studios, est la source même de leur appauvrissement artistique. Malheureusement, l’édition Européenne en prend les mêmes travers : l’optimisation industrielle qui a déjà dépassée le concept de rentabilité. Les éditeurs ne tiennent plus compte du temps d’exécution inhérent à chaque auteur et de son univers, tout le monde doit rentrer dans le même moule, celui des flux de production d’albums et des retours. Occuper à tout prix un maximum de linéaires, quitte à surproduire toujours plus, vers un marché qui absorbe de moins en moins. Les jeunes générations sont greffés à leur portable pour suivre des vidéos plus que pour lire, même des weebtons, le public qui reste n’a plus les moyens de se payer des albums à 15 ou 30 euros et ce ne sont pas les CSP+ qui achèteront les 7000 albums publiés par an. Le fait que deux milliardaires, Bolloré et Kretinsky, se partagent l’ensemble de l’édition BD, ne va rien arranger. Il faut nourrir les actionnaires, pas les auteurs.

      Répondre à ce message

      • Répondu le 2 novembre 2025 à  21:43 :

        Passons sur l’aspect caricatural et bêtement polémique de votre message. Passons sur votre naïveté (qui dissimule mal une certaine xénophobie), car croire que l’industrie du divertissement européen aurait jusqu’à présent été immunisée contre le mercantilisme des productions américaines et japonaises est franchement ridicule. Soyons seulement factuel : où avez-vous lu que Bolloré et Kretinsly détiennent l’ensemble des maisons d’édition BD en Europe ?

        Répondre à ce message

  • On a là une personne qui connait très mal l’univers du manga mais qui permet quand même d’émettre un jugement. Quand tu lis une œuvre comme Nana par exemple, il est difficile de trouver où est la fameuse regression.
    Il y a des manga sur tout et pour tous, c’est un univers particulièrement riche.

    Répondre à ce message

CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Didier PASAMONIK  
A LIRE AUSSI  
Interviews