« La justice française ne peut plus être une justice qui tue ». Cette citation mise en avant sur la couverture relate le combat historique de Robert Badinter contre la peine de mort à la suite de l’exécution de son client, Roger Bontemps, mais aussi du procès de Patrick Henry, lui aussi promis à ce sort funeste qu’est la guillotine.
Néanmoins l’ouvrage précise qu’il n’a pas vocation à être une étude historique même s’il se base sur des faits réels et une documentation précise et rigoureuse. Marie Bardaux Vaïente, historienne de formation, a fait même de l’abolition de la peine de mort son sujet de thèse et mène des luttes abolitionnistes depuis trente ans.
Dans un découpage délimité par les dates indiquées au-dessus des planches, nous suivons plusieurs moments importants dont Badinter a été témoin et acteur, que ce soit les procès mais aussi des flashbacks notamment concernant la Shoah. Seuls le noir, le blanc et le bleu sont utilisés à l’exception des retours en arrière et de la jeunesse de Badinter en tant que juif à Lyon sont colorisés en marron, blanc et noir.
À l’occasion de cette réédition accompagnant la panthéonisation de Robert Badinter, plusieurs changements ont été opérés, notamment la couverture : celle-ci est plus directe, on voit Badinter plaider, en tenue d’avocat, le visage rouge (de colère ?) sur fond noir, sa robe également noire, à l’exception du titre inscrit en blanc. Celle de la première édition, plus conceptuelle, est toujours présente, cette fois-ci en quatrième de couverture. Plus subtile, elle montrait Badinter ouvrant la porte d’une pièce où à l’intérieur, une ombre compose une figure géométrique représentant un homme… avec des jambes en forme de guillotine. L’avocat semble être ici impuissant face à l’annonce de la mort prochaine de son client.
Par rapport à la première éditiion, un dossier historique a été rajouté en fin de volume : celui-ci explique en une quinzaine de pages, à partir de nombreux entretiens de Robert Badinter et d’ouvrages référrencés, l’histoire de la lutte pour l’abolition de la peine de mort en France mais aussi en Europe. Elle explique que même si cette loi d’abolition a été promulguée le 9 octobre 1981, il faudra attendre 2007 pour qu’un amendement soit ajoutée à la Constitution.
Ainsi, cette bande dessinée et sa réédition ont pour vocation d’informer le long combat de Robert Badinter à partir de ce médium qu’est la bande dessinée et propose, si le lecteur souhaite aller plus loin, une bibliographie sélective.
Par Noémie SIRAT
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