Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bon
17 septembre 2026
Victorius est un gladiateur dont les victoires successives lui permettent d’accéder progressivement au rang de vedette de l’arène. La foule et les notables s’intéressent à lui, mais sa notoriété grandissante ne semble pas pour autant le combler de bonheur. Il garde un secret en lui. Il manque une pièce essentielle à son existence d’homme.
De son côté, Luna, la jeune fabricante d’huile de massage, l’aime secrètement, tout en ne se faisant pas trop d’illusions sur ses chances de conquérir le cœur de ce combattant de l’amphithéâtre. Il est, en effet, adulé par son large public en partie constitué d’admiratrices bien placées qui ont la possibilité de l’approcher sans difficulté.
Le déroulement des combats dans l’arène entre gladiateurs ou contre des animaux féroces, les décors, vêtements, coiffures, ustensiles… sont parfaitement dépeints. C’est toujours l’ajout de petits détails qui apporte du bonheur aux lecteurs amateurs de belles reconstitutions. Et bien sûr, il y en a dans cet album : un graffiti sur un mur, un bas-relief qui orne une fontaine, une peinture murale représentant une scène de vie chez un riche patricien ou encore un comportement admis dans l’Antiquité et dans un certain milieu (que l’on vous laisse découvrir).
La fiction est donc admirablement replacée dans son contexte et permet, de ce fait, de ressentir au mieux tout le drame de cette tragédie qui a emporté brutalement des personnes qui vivaient alors pleinement.
Cependant, si ce point est primordial et apporte de beaux lauriers à l’album, la trame du récit mériterait plus de développement, de rebondissements, et l’intrigue, plus de profondeur. Se teintant de poésie à l’approche de son dénouement tragique, la fiction centrée sur la violence glisse doucement mais sûrement vers une histoire à l’eau de rose.
A vous de voir si le genre vous plaît. Certains pourraient y voir une identité pour la série, un changement dans la manière d’aborder un péplum en BD. D’autres, accoutumés aux séries existantes sur l’époque antique, pourraient être déconcertés.
Le graphisme de Paolo Grella en couleurs directes est admirable et apporte du cachet à la série. La couverture présentant à nouveau le protagoniste dans ses atouts caractéristiques et le Vésuve en éruption à l’arrière-plan accroche efficacement le regard.
Le petit dossier en fin de volume, agrémenté de belles illustrations, apporte quelques informations intéressantes, ainsi que des ouvrages de référence.
La collection naissante ne manque pas de charme (dans tous les sens du terme) mais le public dans l’arène éditoriale est exigeant, pointilleux, blasé, habitué à du grand spectacle dans le domaine. Pompéi est désormais entré dans la place et est bien visible. A l’audience de diriger son pouce dans la direction de son choix.
Par David SPORCQ
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.