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Excellent
9 avril 2026
Parallèlement à ce destin tragique, c’est celui d’un officier SS qui est mis en scène dans ce roman graphique qui adapte le roman de Birkefeld et Hachmeister. Hans Kalterer revient du front, où il a été sérieusement blessé. Il est en convalescence dans un sanatorium, où il tente de se reconstruire tout en se remémorant des bons moments passés avec Merit, son ex-femme. Il coule des jours paisibles jusqu’au moment où Bideaux, envoyé par le Gruppenführer Langenstras, vient le trouver pour lui confier une mission : réintégrer la Gestapo afin d’élucider de nombreux crimes, tous commis sur le même mode opératoire où après une séance de torture, les victimes sont assassinées et leur bouche obstruée d’un morceau de tissu rayé.
En une cinquantaine de micro-épisodes, Rodolphe au scénario et Louis Alloing au dessin retracent les journées des deux protagonistes principaux de l’intrigue. Le premier, Haas, recherche activement les personnes qui l’ont dénoncé lorsqu’il a proféré des propos contre le Führer et qui lui ont valu cet internement en camp de concentration. Très vite, il se rend compte que ces mêmes personnes ont également causé la mort de sa femme et de son enfant, au moment où ces derniers se sont vu refuser l’entrée dans un abri alors que les Alliés bombardaient Berlin.
Le second suit de près Haas et découvre ses victimes quelques heures après leur assassinat. Kalterer est persuadé d’avoir élucidé l’affaire lorsqu’il se rend compte des manigances qui ont pu avoir lieu au sein même de la SS, d’autant plus que la dernière victime, un ponte de l’organisme nazi, ne semble pas avoir été assassiné par le même tueur.
Dans un Berlin détruit et encore sous les bombes se croisent deux trajectoires qui s’engagent mutuellement dans une véritable chasse à l’homme haletante. On a vraiment du mal à lâcher le livre tant on veut en connaitre le dénouement. Le récit s’inscrit dans l’histoire d’un Troisième Reich à l’agonie, où les plus fanatiques se radicalisent encore plus et où ceux qui ne croient plus en Hitler le manifestent ostensiblement au péril de leur vie.
L’ambiance électrique se tend à mesure que l’on approche de la confrontation finale. Quand ce moment survient enfin, le lecteur découvre le dernier mot de l’histoire avec encore plus de force et se trouve d’autant plus surpris tant il est imprévisible. C’est tellement mieux quand ça finit… mal.
Les choix graphiques collent bien à l’ambiance globale du récit. Les quelques touches de rouge viennent renforcer des images, des expressions ou des faits marquants et violents. Le compte à rebours instauré par les auteurs dès le début du livre dynamise le récit et retient l’attention du lecteur.
Une belle adaptation et une bande dessinée qui s’inscrit dans la lignée de celles qui renouvellent la bédégraphie sur le nazisme.
Par Romain BLANDRE
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