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Fabien Vehlmann (Le Dieu-Fauve) : « À chaque fois qu’on essaie de dénoncer la violence par le spectaculaire, il y a une forme de prolongement de la violence. » [INTERVIEW]

Par Christian MISSIA Dio 19 juillet 2024 
Dans "Le Dieu-Fauve", Fabien Vehlmann et le dessinateur Roger ("Jazz Maynard") explorent la représentation de la violence dans la fiction à travers un récit mêlant heroic fantasy et questionnements moraux. Au fil de leur collaboration, ils interrogent comment la violence peut être à la fois graphique et réfléchie, et comment elle peut susciter des réflexions profondes sur la domination, la vengeance et l'espoir. Cette BD, marquée par des illustrations puissantes et des scènes provocantes, invite les lecteurs à reconsidérer leurs perceptions de la violence dans les œuvres narratives.

Bonjour Fabien Vehlmann. On se rencontre à l’occasion de la sortie du Dieu-Fauve, un récit particulier réalisé avec Roger, le dessinateur de Jazz Maynard. Cet album a été annoncé il y a longtemps. Lors de la chronique du dernier Jazz Maynard en 2019, le scénariste m’avait mentionné que Roger travaillait déjà sur ce projet. Pouvez-vous nous parler des conditions de création de ce récit et de votre collaboration avec Roger ?

Fabien Vehlmann : C’est une assez longue histoire. Je suis un grand fan de Roger, comme beaucoup d’autres. Pour ceux qui ne connaissent pas son travail sur Jazz Maynard, c’est un virtuose de l’encrage et du thriller urbain, voire du polar noir. Depuis 10-12 ans, nous parlions de travailler ensemble. Nous nous sommes rencontrés dans un festival à Amiens je crois, et nous avons tout de suite apprécié le travail de part et d’autre. Nous avons commencé à échanger des idées, mais il me faut une idée solide pour collaborer avec quelqu’un, et mon inconscient ne trouvait rien.

Il y a eu une première idée qu’il a poliment refusée, ce qui nous a fait perdre un peu de temps. Le déclic est venu il y a environ quatre ans, quand j’ai vu une illustration, sur son Instagram, représentant un énorme crocodile menaçant une guerrière dans un style heroic fantasy. Cela m’a surpris, car je ne l’associais pas à ce genre. J’ai réalisé qu’il était capable de cela et qu’il aimait le dessiner.

Ce fut un déclencheur pour moi. Depuis longtemps, je rêvais de faire de l’heroic fantasy, un genre que je définis à travers des œuvres comme Conan le Barbare, une série de romans de Robert E. Howard, adaptée en film par John Milius, avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle de Conan. C’est un bon film, mais il ne représente pas complètement l’image que je me faisais de Conan, popularisé également par les illustrations de Frank Frazetta. Ce grand illustrateur américain créait des fresques monumentales avec des barbares colossaux massacrant leurs ennemis. En BD française, ce genre a été popularisé par des œuvres comme La Quête de l’Oiseau du Temps de Serge Le Tendre et Régis Loisel.

J’adore ce genre quand il est bien traité, mais je suis très critique quand il tombe dans la misogynie ou les clichés racistes, car c’est souvent une littérature adolescente, qui fait appel à des pulsions profondes et viscérales, pas toujours intellectualisées, même par leurs auteurs. Le Tendre et Loisel étaient des intellectuels, mais Howard, par exemple, se concentrait sur une écriture très énergique sans forcément réfléchir à ces aspects.

Il y a longtemps que je voulais explorer ce genre. Roger avait refusé mon premier projet, alors je lui ai proposé un autre, avec des singes tueurs. Ça peut sembler peu sérieux, mais je pensais qu’on pouvait en faire un récit touchant. Il a accepté, il y a environ 4-5 ans. Le défi pour Roger était de créer de l’empathie pour des personnages qui sont des singes. Il a commencé par les dessiner de manière très anthropomorphique, à la manière de Disney, mais je lui ai suggéré un style plus réaliste, comme un documentaire animalier.

Le livre commence comme un reportage animalier antédiluvien, avant le Déluge - on voit d’ailleurs le Déluge dans ce récit - dans une époque antique, presque biblique et mythologique. Le clan de singes est massacré, et un survivant, Sans-Voix, est capturé et transformé en une sorte d’arme divine appelée le « Dieu-Fauve ». Ce Dieu-Fauve, après une catastrophe qui détruit la civilisation qui l’a forgé, se venge de ses oppresseurs.

Le contexte antique et heroic fantasy sert de prétexte pour aborder des thématiques contemporaines comme la domination du vivant, la violence et sa justification, et l’espoir au milieu de la noirceur. Je voulais explorer ces formes de violence à travers différents personnages, chapitre après chapitre.

Il y a effectivement eu une série BD publiée chez Glénat, basée sur les romans de Robert E. Howard

Tout à fait.

Est-ce que l’on vous a proposé de travailler sur cette série chez Glénat ?

Carrément. Et j’ai refusé justement parce que j’avais en tête Le Dieu-Fauve. Je me suis dit que l’idée de travailler sur Conan le Cimmérien était à la fois géniale et effrayante, car il est difficile de rendre justice à l’essence d’un texte dans une adaptation. Après une longue hésitation, j’ai décliné, me disant que ce que j’avais à dire sur Conan, je le dirais à travers Le Dieu-Fauve. J’avais peur d’une redondance. Ceci étant dit, ce que j’ai vu de cette collection était vraiment bien, avec de très belles réussites.

Le Dieu-Fauve est chapitré en quatre parties, et chacune se termine par des morts brutales. Dans le chapitre 3, par exemple, on retrouve le cadavre d’un homme coupé en deux pendant qu’il faisait ses besoins. La représentation de la violence y est assez crue. Est-ce que cela a été un sujet de tension ou de discussion avec Roger, cette manière de représenter la violence ?

De tension, non, mais de discussion, oui, bien sûr. Il y a toujours une ambiguïté inhérente au sujet de la violence : comment en parler sans être complaisant ? C’est presque mission impossible. Prenons le film Apocalypse Now, par exemple. C’est une violente charge antimilitariste, mais c’est aussi un des films préférés des G.I.s américains. Chaque fois qu’on essaie de dénoncer la violence par le spectaculaire, il y a une forme de prolongement de la violence.

Roger et moi avons accepté le fait que nous parlerions de la violence et que nous la représenterions. Étant dans le genre de l’heroic fantasy, nous ne pouvions pas éviter une certaine iconographie de la violence. Quand on parle de violence graphique, c’est souvent pour évoquer une esthétisation de la violence. La BD Sin City, de Frank Miller, en est un exemple type : c’est une très belle BD graphiquement, mais son propos est ambigu. Au début, on pouvait penser que c’était du second degré, comme Clint Eastwood, mais avec le temps, Miller a montré qu’il était plutôt premier degré. Graphiquement, Miller est un génie, mais son œuvre peut être malaisante à cause de cette esthétisation de la violence. Le Dieu-Fauve n’échappe pas à cette ambiguïté. Il y a des scènes très belles, mais violentes. Un exemple représentatif est une scène où la guerrière massacre des adversaires.

Fabien Vehlmann (Le Dieu-Fauve) : « À chaque fois qu'on essaie de dénoncer la violence par le spectaculaire, il y a une forme de prolongement de la violence. » [INTERVIEW]
Le Dieu-Fauve
Fabien Vehlmann & Roger © Dargaud
Roger & Fabien Vehlmann
Photo © Christian Missia Dio

Oui, c’est à la fin du chapitre 3 que cette scène se déroule. La représentation de la violence y est particulièrement marquante, en écho à l’esthétique héroïque de Frazetta.

Cette scène se trouve au milieu du chapitre 3.

Quand elle massacre des paysans.

Oui, c’est exactement ça. Dans le chapitre 3, on voit une guerrière massacrer des hommes, ce qui évoque une certaine esthétique à la Frazetta, avec l’image du guerrier contre le monde. Cependant, ici, la dynamique est différente : c’est une femme qui tue des hommes, ce qui peut surprendre les lecteurs, qu’ils soient hommes ou femmes.

De plus, les adversaires sont des paysans mal armés et peu préparés, ce qui ajoute une couche de malaise. La guerrière, lasse de ce massacre, commence à les mépriser, ce qui modifie la perception de la violence.
Mon objectif avec cette scène est d’attirer l’attention du lecteur grâce à une représentation frappante de la violence, un peu comme dans un film de Quentin Tarantino. Mais une fois plongé dans l’histoire, on réalise que cette scène soulève des questions. Il ne s’agit pas tant d’un message clair, mais d’une exploration de la complexité morale, d’une invitation à réfléchir : qu’est-ce qu’on est censé penser de tout cela ?

J’ai demandé à Roger de rendre cette scène iconique, mais avec une tonalité malaisante à travers le narratif. À d’autres moments, nous avons opté pour des représentations très crues, comme la scène où un homme est coupé en deux dans la situation peu héroïque que vous avez évoquée tout à l’heure. C’est là où Le Dieu-Fauve intervient, soulignant que parfois, la violence peut être brutale et dénuée de toute grandeur.

Dans le Le Dieu-Fauve, on ne cherche pas à créer une image héroïque de la violence. Au contraire, la scène où un personnage tue quelqu’un dans une position vulnérable montre la brutalité de la violence, qui est souvent liée à la ruse et à la stratégie, plutôt qu’à un acte noble. Cela rappelle Impitoyable de Clint Eastwood, qui déconstruit le mythe du western et montre que tuer quelqu’un n’a rien d’héroïque.

L’idée est de ne pas glorifier la violence, même si elle est esthétisée pour attirer le lecteur. Si le récit était uniquement une réflexion sur la violence sans jamais la montrer, il risquerait de ne toucher que ceux qui sont déjà d’accord. En proposant une histoire qui, à première vue, semble héroïque, j’espère susciter une réflexion sur la nature de la violence.

Chaque chapitre apporte un point de vue différent, ce qui enrichit le récit. Comme disait un auteur célèbre, chacun a ses raisons, et c’est ce qui rend la violence complexe. Les personnages ont des justifications variées pour leurs actions, mais la sanction reste souvent la même, et il n’y a pas de justice divine. Malgré cela, je crois qu’il y a une lueur d’espoir à la fin. Ce n’est pas un récit nihiliste, et je serais curieux de voir comment les lecteurs réagiront.

Le Dieu-Fauve
Fabien Vehlmann & Roger © Dargaud

C’était ma question suivante et je me permets, au passage, une critique constructive : il peut être difficile de saisir le propos du livre dès le début. Personnellement, j’ai eu l’impression qu’il fallait lire les trois quarts de l’ouvrage pour en comprendre le sens. Je me demande si d’autres journalistes ont partagé ce ressenti.

Ma question est donc la suivante : étant donné que le message du livre n’est pas évident au premier abord, est-ce que le choix de Roger, avec son style flamboyant et spectaculaire, a été fait pour rendre la lecture plus accessible ? Aviez-vous besoin d’un dessinateur qui capte immédiatement l’attention, sachant que le lecteur pourrait avoir besoin de plusieurs lectures pour en saisir pleinement le sens ?

Certainement. Le dessin joue un rôle essentiel pour attirer les lecteurs vers le livre. Je ne sais pas si c’est cynique, mais travailler avec de grands talents est un plaisir, et pour captiver les lecteurs dès le départ, il faut que quelque chose les accroche immédiatement. Pour ma part, je ne suis pas du tout dérangé par l’incertitude quant à la direction du récit. Personnellement, en tant que lecteur, j’apprécie même cette incertitude. Ce qui me dérangerait, c’est de deviner trop tôt où cela mène, car alors, quel intérêt y aurait-il à lire jusqu’au bout ? Ainsi, étrangement, l’incertitude me satisfait. C’est peut-être frustrant pour certains lecteurs, mais c’est là que le dessin de Roger entre en jeu. Le visuel magnifique encourage à continuer la lecture.

Cependant, même jusqu’à la fin, je pense qu’il y a une lueur d’espoir, mais je ne dirais pas qu’il y a un message final clair. En fait, cela soulève la question : est-ce qu’un livre doit transmettre un message ? Pour ma part, je pense qu’un livre ne doit pas nécessairement avoir un message prédéfini. Il doit surprendre, peut-être déranger, et surtout, faire réfléchir. Si nous avons réussi cela et que les lecteurs ont passé un bon moment sans avoir l’impression de perdre leur temps, alors c’est réussi.

En revanche, si le livre se contentait de dire que la violence est mauvaise, sans plus, je ne vois pas l’intérêt d’écrire un tel livre, car chacun sait déjà que la violence est terrible. Pour moi, le fait que l’issue du récit reste incertaine est presque un compliment, bien que cela puisse créer un malaise. Cela signifie simplement que l’issue est imprévisible, d’autant plus que nous changeons constamment de point de vue, ce qui, je l’admets, peut poser des défis d’écriture.

Par exemple, je trouve que la transition du premier chapitre au deuxième est compliquée. On passe du singe à une perspective différente, avec beaucoup d’informations à absorber sur un empire, un poète, et ainsi de suite. C’est très dense, peut-être trop dense, ce que je considère comme un défaut d’écriture. Mais c’est aussi une dimension du récit que j’assume.

En fin de compte, mon objectif, quel que soit le retour des lecteurs, est de créer une expérience de lecture unique, pas nécessairement la meilleure, mais unique. C’est une expérience singulière que je ne peux pas comparer à d’autres. En travaillant avec Roger, nous nous engageons dans cette expérience de lecture où Roger aide à atténuer l’inconfort. C’est comme si nous étions sur un manège un peu déroutant, mais avec un siège confortable grâce à lui qui assure la sécurité et la beauté visuelle. Pendant ce temps, je secoue un peu les gens, et à la fin, certains seront surpris et retourneront peut-être dans le manège pour comprendre, tandis que d’autres diront que ce n’est pas leur tasse de thé. Tant que l’expérience de lecture suscite une surprise, j’estime avoir atteint mon objectif. Qu’elle plaise ou non, ce qui m’importe, c’est de ne pas laisser les gens indifférents.

Le Dieu-Fauve
Fabien Vehlmann & Roger © Dargaud

La représentation de la violence ne me dérange pas en soi, et je comprends parfaitement le questionnement autour de sa moralité. Je ne suis pas un fervent défenseur de l’idée que « la violence, c’est mal ». La vie est suffisamment complexe pour reconnaître qu’il y a des situations où la violence peut être nécessaire, tout comme il y a des moments où elle est inutile. Il est important d’éviter une vision binaire des choses et des motivations des personnages.

Cela dit, ma préoccupation principale était de comprendre la direction que prend le récit. Quel message voulez-vous vraiment faire passer ? En ce qui concerne votre méthode de travail, avez-vous abordé ce projet différemment par rapport à vos autres bandes dessinées, ou avez-vous utilisé la même technique que dans vos travaux précédents ?

C’est sans doute un mélange des deux. Je pense qu’il y a des acquis d’expérience qui font que je me pose des questions systématiques, à savoir, est-ce que là, on a suffisamment d’empathie pour tel personnage ? À savoir que ce n’est jamais une science exacte. On peut se dire, j’ai envie qu’on ait de l’empathie pour tel ou tel personnage.

Dans les faits, je constate que les lecteurs n’ont pas les mêmes réactions. Il y en a qui vont dire, j’adore tel chapitre, j’aime moins tel chapitre, parce que j’adhère plus ou moins à tel ou tel personnage, mais ça dépend des lecteurs. Donc là, j’applique, si ce n’est des recettes, en tout cas des règles de dramaturgie.

Cela étant dit, mon excitation personnelle d’auteur fait que j’essaie à chaque fois d’expérimenter quelque chose de différent. Moi, j’aime bien l’expérimentation populaire. Populaire dans le sens où je pense qu’on peut lire le bouquin sans être agrégé. On peut se dire, tiens, pourquoi pas ? On peut ne pas aimer, mais on peut au moins se dire, tiens, c’est faisable. Pas pour des enfants, probablement, parce que le récit est complexe et un peu violent quand même, mais pour un adolescent ou un adulte, c’est possible. Mais aussi parce que si j’expérimente quelque chose dans ce côté populaire, je peux aller dans une direction que je n’ai jamais faite.

Donc en fait, pour moi, c’est comme si j’emmenais les lecteurs dans une exploration avec moi, dont je ne sais pas très exactement précisément où on va se retrouver à la fin. Si on me disait typiquement, finalement, à la fin, en deux mots, c’est quoi ce que tu veux dire ? Je dis, non, je ne peux pas le dire en deux mots. Il m’a fallu un récit complet qui va emmener les lecteurs dans un état d’esprit donné, qui va les laisser sortir dans un état d’esprit donné, que je suis bien capable de résumer. Et si je pouvais le résumer en deux mots, il ne faudrait pas que je le fasse en BD. J’en ferais un slogan ou j’en ferais une chanson, dont le slogan serait « La violence c’est mal » ou « Vive la violence » ou « Quelquefois c’est bien, des fois c’est mal, qu’importe ».

Or, il y a tellement de petites complexités dans tout ça que j’avais envie d’aborder toutes ces facettes. Encore faut-il que le lecteur soit prêt à être embarqué. Et une fois de plus, pour moi, c’est là que le dessin de Roger intervient. Et c’est là qu’il faut une forme d’intelligence, de collaboration, à savoir avec qui faire tel ou tel type de récit.

Dans le cas présent, c’est vrai que c’était pour moi très confortable de savoir que les scènes seraient mises en scène par Roger et qu’on allait en discuter pour faire en sorte d’en tirer le meilleur à chaque fois.

Quels sont vos prochains projets ?

Pour mes prochains projets, je travaille sur une adaptation de Seuls en série télé avec France Télévisions. Nous avons un budget pour écrire un pilote avec un co-auteur. Selon l’accueil du pilote et d’éventuels coproducteurs, nous pourrions envisager un tournage l’été prochain. Bien que ce ne soit pas encore confirmé, le projet est en cours. Par ailleurs, je poursuis la série Seuls, qui a changé d’éditeur et n’est plus chez Dupuis.

Le Dieu-Fauve
Fabien Vehlmann & Roger © Dargaud

Pourquoi ce changement ?

Nous avons atteint un constat d’échec, un peu comme un vieux couple qui décide de divorcer. Parfois, on trouve des solutions pour faire durer une relation, mais dans ce cas, il valait mieux se séparer. Nous sommes restés en bons termes, et j’apprécie toujours le travail de Dupuis. Cependant, nous souhaitions nous orienter vers une structure plus familiale et artisanale, avec moins de publications annuelles. Avec Bruno Gazzotti, nous avons lancé un tome 14 en janvier et prévoyons un tome 15 à la fin de l’année pour redynamiser la série.

Ce changement d’éditeur a-t-il dérouté les lecteurs ?

Non, à part le délai entre le tome 13 et le tome 14. Mais sinon, nous avons conservé la même collection et la même maquette. Les lecteurs en sont plutôt reconnaissants, surtout les collectionneurs. L’aspect extérieur n’a pas changé, à l’exception du logo de l’éditeur. À l’intérieur, nous avons ajouté un résumé de la saga au début de l’album, pour les lecteurs qui pourraient avoir oublié des épisodes ou qui souhaitent commencer la série plus tardivement. C’est comme le « Previously in... » dans les séries américaines, ce qui est une très bonne idée de l’éditrice. Nous avons également inclus plusieurs petits dossiers explicatifs. En gros, l’apparence est restée la même.

Quant à mes projets futurs, je travaille sur la suite des albums et d’autres collaborations entamées cette année. Il y a une série « Monde » - je l’ai appelé comme ça - intitulée La Cuisine des Ogres chez Rue de Sèvres, avec un premier album intitulé « Trois fois morte » réalisé avec Jean-Baptiste Andreae au dessin. Chaque album aborde l’univers d’un personnage différent, mais ce sont des one-shots. Le prochain se concentrera sur un autre personnage de cette étrange cuisine où l’on mange des enfants, cuisinés avec des griffons farcis ou des gigots de licorne, dans un cadre fantastique avec beaucoup d’humour noir. Je prépare actuellement le deuxième album de cette série, toujours avec Jean-Baptiste Andreae.

Ma collaboration avec Roger sur Le Dieu-Fauve a été très enrichissante et bien accueillie. Nous sommes contents et avons envie de travailler ensemble à nouveau, même si nous explorerons probablement d’autres univers pour diversifier nos créations et essayer de nouvelles choses. Personnellement, j’aimerais m’orienter vers de la science-fiction proche, avec quelques avancées technologiques permettant d’explorer des thèmes autour de la violence.

Enfin, je suis également impliqué dans un projet de long-métrage d’animation avec les Kerascoët, un duo d’auteurs avec qui j’ai déjà collaboré. Ce projet sur la légende d’Ys est en cours de développement, avec déjà des subventions allouées, bien que rien ne soit encore certain quant à sa concrétisation. La légende d’Ys, une cité engloutie en Bretagne, sera le thème central du film.

Le Dieu-Fauve
Fabien Vehlmann & Roger © Dargaud

Par Christian MISSIA Dio

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Code EAN : 9782505085645

En médaillon : Fabien Vehlmann
Photo © Rita Scaglia

Logo : Fabien Vehlmann & Roger
Photo © Christian Missia Dio

Le Dieu-Fauve - Par Fabien Vehlmann & Roger - éditions Dargaud. Sortie le 5 avril 2024. 241 x 318 mm. 112 pages couleur. 22,50 €.

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Dargaud ✍ Fabien Vehlmann ✏️ Roger à partir de 13 ans Fantastique Drame Fable France Amiens
 
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