Pas mal
19 juillet 2024
Pompo The Cinephile raconte l’histoire de Pompo, une productrice à succès de films de série B. Lassée de ses productions commerciales, elle décide de se lancer dans un projet ambitieux : réaliser un film d’auteur. Pour cela, elle engage deux novices : Gene, son assistant, qui voit son rêve se réaliser en devenant réalisateur, et Nathalie, qui obtient enfin un rôle au cinéma.
Le film illustre par petites touches les difficultés du monde du cinéma à travers le personnage de Nathalie, qui a dû passer 30 castings avant de débuter sa carrière, et celui de Gene, dont les cernes marquées témoignent de l’épuisement dû à ses multiples tâches ingrates, comme par exemple, aller chercher à manger ou préparer le café pour tout le monde. En dépit de ces aspects, le film met surtout en avant la réussite. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un shonen, on y retrouve de nombreux schémas narratifs typiques : un jeune passionné de cinéma travaille d’arrache-pied pour devenir réalisateur, découvre un talent certain et, aidé par des mentors, parvient à réaliser le meilleur film possible.
Un scénario un peu plus complexe aurait été apprécié, mais le film reste intéressant sur plusieurs points. Toutes les phases de la création d’un film sont abordées : l’écriture du scénario, le casting, le tournage, le montage, et même la recherche de financement. En cela, Pompo The Cinephile est très pédagogique et explique bien ces différentes étapes. À travers le personnage de Pompo, le film tente également de décrire, durant les trente premières minutes, le fonctionnement de l’industrie cinématographique à Nyallywood (clin d’œil évident à Hollywood). La productrice déclare que pour réussir un film, il faut une actrice attrayante à l’écran, que les bandes-annonces (de 15 secondes idéalement) mettent en avant les atouts physiques des actrices, qu’il ne faut pas hésiter à mentir pour attirer le public, et qu’un film doit durer au maximum 90 minutes.
Pompo The Cinephile respecte cette dernière règle puisqu’il dure 90 minutes également, mais finalement, on aurait préféré que la première partie, un peu longue et problématique à bien des égards, soit plus courte pour entrer plus rapidement dans la phase de création du film pour voir davantage le travail de Gene en tant que réalisateur. Sur la forme, l’animation reste classique par rapport aux standards actuels de l’animation japonaise, bien que quelques idées intéressantes se détachent, notamment lors du montage du film par Gene. On peut néanmoins s’interroger sur la pertinence de représenter Pompo avec un aspect kawaii et enfantin qui n’apporte pas grand-chose au long-métrage.
Pompo The Cinephile est donc un film inégal, divertissant et intéressant sur certains aspects. Malgré ses défauts, il parvient à captiver grâce à la passion et au dévouement des personnages pour le cinéma. Dans un registre différent et d’une qualité supérieure, nous vous invitons également à découvrir l’anime Eizôken ! Pas touche à nos animés !!, réalisé par le grand Masaaki Yuasa, qui raconte cette fois comment créer un film d’animation.
Par Benjamin VIX
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