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Super Groom T. 3, La stratégie Gaïa - par Vehlmann et Yoann – Éd. Dupuis

Par Milan MORALES Excellent 18 septembre 2025 
Lorsqu’est apparu le tome 1 de “Super Groom”, spin-off audacieux porté par l’équipe mythique de “Spirou & Fantasio”, la surprise laissait place à une certaine réserve : Spirou grimé en super-héros, c’était risqué, presque iconoclaste. Pourtant, il aura suffi d’une poignée de pages pour que le duo Vehlmann-Yoann parvienne à prendre le lecteur par la main, l’entraîne dans une Bruxelles peuplée de héros masqués et, au gré de ses maladresses et âpres remises en question, redonne du souffle au groom iconique, désormais piégé dans une époque qui lui échappe.

Le tome 2, “La Guerre olympique”, s’offre alors comme une satire acerbe des jeux de télé-réalité façon “Hunger Games”, où Spirou, contraint de sauver Spip, est embarqué malgré lui dans les WOW (Worldwide Olympic War), véritable déferlement d’action, de gadgets et de manipulations dans un décor dystopique.
Deux volumes qui, finalement, transformaient la crainte du début en attente enthousiaste pour la suite.

Oubliez le doute : ce troisième tome, “La Stratégie Gaïa”, assume pleinement sa dimension de conclusion, et propulse Super Groom dans un affrontement pour la survie de l’humanité. Spirou – ou plutôt Super Groom –, néglige une dernière fois les conseils de Spip/RedWing pour répondre à une invitation anonyme sur le toit du consortium Gaïa, à Novabrussel. S’y déroule un piège orchestré par la Centaure, étrange figure mi-finaliste des WOW, mi-créatrice de prothèses robotiques dignes de Frankenstein. Au programme : IA malicieuses, clones, gadgets de folie et prises de position sur le devenir technologique et écologique.

À chaque page, on retrouve le goût du danger et la capacité du duo à bousculer les codes de la bande dessinée franco-belge sans jamais trahir son héritage. L’intrigue, portée par un style dynamique et une narration efficace, associe récit d’anticipation, clins d’œil à notre pop-culture et humour local. Une scène notable voit le héros exprimer son désarroi avec un magnifique “Oufti”, terme typiquement liégeois, soulignant le lien de la BD avec ses racines belges.

Le trait hyperactif de Yoann, renforcé par une colorisation dynamique (par Fabien Alquier), porte le souffle épique et anxiogène de l’intrigue. Le scénario de Vehlmann jongle entre humour noir -mais élégant !- et critique sociale, tout en posant un regard lucide sur le rôle d’un héros aujourd’hui : être surhumain n’est rien face à l’épreuve du collectif ou de la technologie, et la vraie victoire tient moins dans les muscles que dans l’intelligence et la solidarité.

De la méfiance initiiale à l’engouement final, cette trilogie “Super Groom” aura su transformer le classique en terrain d’expérimentation, sans jamais trahir l’esprit de Spirou. “La Stratégie Gaïa” marque la fin d’un cycle, le début peut-être d’une autre légende, à suivre sur les toits de Bruxelles… ou dans les pages précieuses du beau Journal de Spirou.

Par Milan MORALES

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Code EAN : 9791034762866

Pour les amateurs du trait brut, une intégrale Noir et blanc, publiée il y a quelques mois chez Black & White, sublime le travail de Yoann et Vehlmann. Ce tirage limité à 350 exemplaires, grand format, rassemble les trois tomes dans un écrin luxueux : 188 pages, carnet graphique en couleur, couverture exclusive et croquis de recherches.

Dupuis ✍ Fabien Vehlmann ✏️ Yoann à partir de 12 ans Bruxelles
 
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2 Messages :
  • De la méfiance initiiale à l’engouement final, cette trilogie “Super Groom” aura su transformer le classique en terrain d’expérimentation, sans jamais trahir l’esprit de Spirou. “La Stratégie Gaïa” marque la fin d’un cycle, le début peut-être d’une autre légende, à suivre sur les toits de Bruxelles… ou dans les pages précieuses du beau Journal de Spirou.

    Sauf que justement ce troisième épisode n’a pas été publié dans le journal, pour je ne sais quelle obsure raison ?

    Répondre à ce message

    • Répondu le 19 septembre 2025 à  06:04 :

      La raison n’est pas obscure. Les ventes ne sont pas au rendez-vous. "L’engouement final" qu’imagine Actua BD n’est malheureusement pas la réalité. Ce qui devait être une série (Spirou et Fantasio) parallèle avec un nombre indéterminé de tomes est devenu une trilogie. Dommage, l’idée d’un Spirou-Fantomiald était intéressante.

      Répondre à ce message

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