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Très bon
2 octobre 2026
Publié en 1987 dans la collection X de Futuropolis, Tanibis propose une nouvelle édition de ces Dessous troublants, enrichie d’une éclairante post-face de Claire Latxague.
Pour le grand public, le nom de Jeanne Puchol reste méconnu. Pour le public d’ActuaBD, ce nom est déjà plus familier.
Jeanne Puchol débute sa carrière de dessinatrice chez Futuropolis (1re époque) : Ringard ! (1983), Traquenards (1986), Dessous troublants (1987), Machine célibataire (1988) [1].
Elle déclarera qu’elle s’est intéressée à la BD en lisant Pilote : « j’avais eu une révélation en découvrant que Bretécher était une femme. Il y a une femme, donc c’est possible et je peux y arriver » [2].
A partir de 1993, dans le magazine (À Suivre) est publié la série humoristique Judette Camion, scénarisée par Anne Baraou [3].
Autrice engagée, elle signe dès les années 1980, dans le journal Le Monde, un pamphlet sur les dérives d’une bande dessinée racoleuse et sexiste, aux côtés de Nicole Claveloux, Chantal Montellier et Florence Cestac.
Signalons encore, en 2012, Charonne - Bou Kadir, entre BD et texte illustré, Jeanne Puchol se penche sur les derniers mois de la Guerre d’Algérie et sur la mémoire familiale. Elle se verra décerner le prix Artémisia pour cet album.
Dans ses albums, les plus récents elle porte un regard critique sur notre histoire récente, avec des livres comme :
En 2023, elle publie Le Genre du capital, adapté de l’essai sociologique éponyme de Céline Bessière et Sibylle Gollac, publié chez La Découverte en 2020, sur les inégalités de genre dans les familles. Cette BD recevra le Prix lycéen « Lire l’Économie » spécial BD 2023.
De ce qui précède, chacun aura compris la personnalité engagée et talentueuse de Jeanne Puchol ainsi que la place qu’elle mériterait dans un matrimoine de la BD et dans l’histoire du 9e art.
Dessous troublants étonne. Le lecteur tente de comprendre qui est le narrateur. Il y est question de désir, d’érotisme. Pourtant aucun personnage humain n’apparait avant la treizième planche. L’album glisse vers le récit policier avec une main qui serre un drap et un visage figé (planches 13 à 17) puis vers le fantastique pour les trois dernières pages.
Si le procédé narratif titille le lecteur tant par l’érotisme léger que par l’interrogation sur le narrateur, c’est la beauté des dessins au lavis couplés au format à l’italienne qui en fait un si bel objet à placer dans sa bibliothèque.
Par Christian GRANGE
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