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Bon
20 janvier 2025
Nous avons été prévenus, qu’il n’était « pas possible de saisir l’univers d’Anzuelo par la raison ». L’autrice Emma Ríos partage avec son compatriote Borja González cette faculté à créer des livres d’une beauté à couper le souffle, mais au contenu parfois sibyllin dont on peine à percevoir toutes les nuances philosophiques et scénaristiques. Et si c’était ça la beauté d’Anzuelo ? Accepter de ne pas tout comprendre et simplement se laisser porter par la beauté des planches, voyager dans ce monde où le merveilleux côtoie bien souvent le sordide.
Car oui, l’horreur n’est jamais loin. Sous ces nuances aquarellées aux tons pastels divinement chatoyants, les vivants mutent (on songe au Règne animal de Thomas Cailley), les cadavres s’accumulent et les éléments se déchaînent.
Peut-on encore distinguer la faune de la flore ? Peut-on encore parler d’êtres humains ? Les notions de vie et de mort existent-elles seulement quand la réincarnation devient envisageable ?
À l’heure du réchauffement climatique, Anzuelo peut se lire comme une allégorie lovecraftienne de notre rapport à l’environnement, mais aussi comme une invitation au dialogue et à la cohabitation, plutôt qu’à la domination.
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Anzuelo - Par Emma Ríos - Ed. 404 Graphic