Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bon
18 janvier 2025
Lu est une jeune fille sans histoire, vivant avec ses parents dans une région côtière de Taïwan. Elle rêve néanmoins de quitter cette apparente tranquillité pour la capitale, dans l’espoir, peut-être vain, de vivre de plus grandes choses que son quotidien millimétré. Ceci d’autant plus depuis qu’elle a vu un jeune homme sur les rochers près de la mer avant qu’une tragédie ne s’y déroule. A-t-il sauté pour mourir ? L’autrice Gao Yan entretient le mytstère sur cette question, histoire d’alimenter les rêves de son héroïne.
Son diptyque s nourrit de l’œuvre d’un musicien japonais des Seventies et d’un roman de Haruki Murakami « La Ballade de l’impossible », ce qui explique sans doute le commentaire figurant sur le bandeau de l’album : « Les dessins de Gao Yan sont animés par un souffle naturel qui emmène le récit et fait résonner en nous une douce et insaisissable nostalgie. »
On ne peut mieux dire ! Le graphisme de l’artiste est d’une finesse attendrissante, avec ses décors fouillés et ses visages expressifs et réalistes. Il suffirait de diffuser les chansons proposées régulièrement dans cet album pour marcher aux côtés de l’héroïne à Taïpei ou ailleurs en Asie, partageant les émotions de cette jeune femme qui s’ouvre au monde.
On la découvre à la fin de ses années de lycée partant vivre seule près de la fac de la capitale. Un nouveau chapitre de sa vie, continuellement bousculée par le souvenir de ce jeune homme sur la grève, sans doute mort mais qu’elle aurait pu sauver si seulement elle avait osé l’interpeller.
Subsistera-t-il dans le deuxième tome ? On assistera à l’évolution de ses écrits - car Lu aimerait devenir écrivaine - et de sa relation avec Nanjun Jian rencontré un peu par hasard et qui chamboulera son existence autant que cet inconnu croisé des années plus tôt...
Au fil des pages, la timide demoiselle semble cherher à s’émanciper, à s’affirmer comme l’héroïne du roman de Murakami dont elle partage la graphie des prénoms : Lu Lin avec les caractères en chinois traditionnel « vert » et le vocable « deux arbres » qui évoque le prénom japonais Midori. Des convergences que l’on devrait continuer de suivre dans le second tome qui paraît en même temps que celui-ci, en mars 2025.
Par Marc VANDERMEER
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
The Song about Green T.1. Auteure : Gao Yan. Editeur : Casterman. 272 pages. Sortie : le 19 mars 2025. Prix : 14,50 euros.