Très bon
22 décembre 2025
Art dans lequel excellent les Américains, l’illustration satirique connut son heure de gloire en France et en Belgique au milieu du XXe siècle, porté par des dessinateurs de renom comme Sempé, Chaval, Bosc ou encore Jacques Faizant et ses Vieilles Dames. Si quelques artistes contemporains comme Voutch se sont fait fort de reprendre le flambeau, le genre est aujourd’hui plutôt timide sous nos latitudes ; on lui préfère la caricature ou le dessin d’actualité. Ne boudons donc pas notre plaisir de nous plonger dans ce recueil au titre aussi aguichant qu’intriguant : L’amour et la Vermine.
Par la vermine, entendez ces petites bêtes mal aimées qui peuplent nos villes : mites, cafards mais surtout pigeons et rats, auxquels McPhail voue un amour inconditionnel : « ils sont affreux, désespérés et tout à faits repoussants, ce qui est particulièrement courageux dans notre monde obnubilé par l’apparence. (...) Mais surtout je ne comprends pas ce qu’ils viennent chercher chez nous ! Je subis l’infamie de la ville parce que cela me permet d’avoir des rencards avec de jolies filles et de passer du temps dans des cafés stylés. Mais qu’est-ce que les pigeons peuvent bien faire ici qu’ils ne pourraient accomplir dans une belle campagne reculée ? » s’interroge l’artiste dans le chapitre qui leur est dédié.
McPhail n’aime pas les animaux sans raison : il a fait des études de zoologie. Il peut comme ça faire croire qu’il est un peu sérieux. Il en a surtout tiré un sens aigu de l’observation du vivant et prend un malin plaisir à disséquer tous les travers de la société, des hommes comme des animaux ; quoique dans cette affaire on se demande bien souvent des deux lesquels sont les plus bêtes.
Avec son trait reconnaissable entre mille, l’illustrateur d’origine britannique capture tout un microcosme : des amants désabusés, des parents fatigués, des cadres désespérés, des ours mal léchés, une baleine échouée et même une limace complexée...
L’humour est léger, grinçant, absurde. En un mot, savoureux.
Les dessins sont organisés en chapitres thématiques, introduits par des petits textes pleins d’auto-dérision d’un auteur qui a compris qu’il maniait aussi bien les mots que les pinceaux.
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L’Amour et la Vermine - Par Will McPhail - 404 Graphic