Jusqu’au 8 février 2025, la galerie rue du Louvre accueile sur ses cimaises le travail de deux artistes qu’a priori tout oppose : d’un côté, Michel Plessix, l’ethologue graphique du Vent des Sables avait déjà occupé la tête d’affiche de la dernière vente aux enchères de Maghen enchères et expertises en novembre dernier. Ses planches vivantes accompagnées de leur mise en couleur replongent les visiteurs dans une enfance à la campagne.
De l’autre côté, les planches de la sensation du moment : Les Travailleurs de la mer. L’album de Michel Durand, adapté du célèbre roman de Victor Hugo figure dans la Sélection officielle d’Angoulême 2025. Si l’album relève brillament le défi d’illuster le roman le plus minéral de la carrière du poète (Hugo le met lui-même au niveau de Notre-Dame de Paris et des Misérables, il fascine surtout par sa forme que lui a conférée le dessinateur.
Il lui a consacré quatre ans et demi de sa vie, un travail de longue haleine pour cet auteur sensible et discret qui s’explique par ses choix graphiques et techniques : un effet de gravure obtenu par un minutieux travail, avec la plume et l’encre de Chine comme seuls outils.
Une prouesse technique et graphique qui confine à la manie par son bannissement rigoureux du pinceau ou tout autre subterfuge autorisant le repentir.
Travaillant les personnages sans contour, à la façon de Goya, pour sculpter les volumes, à l’opposé du serti de la Ligne claire, ses planches puissantes sont d’une rare dextérité. Elles sont proposées à un prix abordable au vu du travail abattu.
On retrouvera Michel Durand au prochain festival d’Angoulême, son album figurant dans la Sélection officielle de 2025. On le retrouvera sur scène en compagnie de Benoit Peeters le scénariste du Retour du Capitaine Nemo, dessiné par François Schuiten avec lequel il partage une fascination sans égale pour les grands illustrateurs romantiques du XIXe siècle.
Par Kelian NGUYEN
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Photo : Kelian Nguyen