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Valérie Mangin et Christophe Bec livrent leur vision de Thorgal à la Galerie Huberty [INTERVIEW]

Par Charles-Louis DETOURNAY 7 mars 2026 
L'un des albums les plus remarqués de ce début d'année, à savoir La Déesse d'ambre de Mangin & Bec, bénéficie d'une expo-vente au sein de la galerie Huberty, rue Chapon à Paris. L'occasion de profiter pleinement des magnifiques planches de Christophe Bec, décidément trop rare au dessin, et d'une magnifique incursion dans l'univers de Thorgal. Nous en avons profité pour interroger les auteurs afin de découvrir les secrets de cette adaptation plus que réussie !

Qu’est-ce qui vous a touchés dans la lecture de Thorgal en tant que jeunes lectrice et lecteur ? Car vous avez tous deux découvert la série par sa cinquième aventure : Au-delà des ombres !

Valérie Mangin : J’ai lu cette histoire directement en album, et ce qui m’a tout de suite frappée, c’est la modernité : j’y voyais une relecture très contemporaine du mythe d’Orphée, quelque chose de profondément mythologique mais raconté avec une énergie nouvelle. Et puis, très simplement, l’histoire d’amour m’a touchée. J’aimais l’idée d’un héros qui n’est pas un solitaire “avec un copain” ou “avec un petit chien”, mais qui avance avec une compagne. Dans Au delà des ombres, il est déjà lié à Aaricia : il va la chercher dans la mort alors qu’elle est enceinte, et cette quête m’a marquée. Ce mélange entre l’ampleur du mythe et la dimension quotidienne d’un jeune couple séparé qui veut se retrouver, c’est ça qui m’a le plus émue.

Christophe Bec : Moi, j’ai découvert cette aventure dans le Journal Tintin. Dans mon souvenir, la couverture de ce numéro était réalisée par Rosinski, avec un serpent au premier plan, et on profitait des cinq premières pages, car la prépublication était découpées en tout petits épisodes. J’avais 12 ou 13 ans. À l’époque, certains dessins pouvaient me rebuter (je n’arrivais pas à lire certains auteurs, il m’a fallu du temps pour comprendre leur importance), mais chez Rosinski, il y avait un réalisme très flatteur, très lisible, avec peu de cases et une mise en scène d’une fluidité incroyable. D’abord, c’est l’aspect graphique qui m’a accroché, puis, au fil des pages, le scénario. Et ensuite, je n’ai plus lâché Thorgal jusqu’à environ 25 ans : pendant dix ans, j’ai acheté tous les albums.

Valérie Mangin et Christophe Bec livrent leur vision de Thorgal à la Galerie Huberty [INTERVIEW]
la séquence phare d’Au-delà des ombres qui a tant marqué les deux auteurs, fait une apparition dans cette nouveauté !

Thorgal est-il donc resté une référence durable pour vous ?

Valérie Mangin : Oui, mais avec un détour. Adolescente, j’en ai lu quelques albums, puis je suis passée à autre chose… et je suis revenue à l’âge adulte. Vers 18 ans, quand je suis partie en classe préparatoire à Paris, j’étais logée chez des Ursulines : pas de télé, très peu de sorties, mais on avait le droit d’avoir autant de livres qu’on voulait. Je me suis mise à lire énormément de BD, et je suis revenue naturellement à Thorgal que j’avais adoré ado. Là, j’ai relu toute la série d’un coup, et ça ne m’a plus quittée : j’ai compris à quel point c’était une très grande série.

Christophe Bec : Thorgal restait aussi une référence à mes yeux, même à une période où, aux Beaux Arts d’Angoulême, on avait tendance à “brûler” nos idoles de jeunesse. Je débarquais de mon Aveyron natal, je me retrouvais entouré de jeunes auteurs, on comparait nos influences… et beaucoup de choses qu’on aimait adolescent nous paraissaient soudain moins fortes. Rosinski, lui, a été épargné : dans notre bande de jeunes dessinateurs, il restait un grand dessinateur, en dépit du caractère populaire de la série. Pour beaucoup d’auteurs réalistes, Rosinski reste un maître.

Christophe Bec

Qu’est-ce qui vous a donné l’impulsion de proposer un Thorgal Saga ?

Christophe Bec : Par une suite de circonstances. J’ai beaucoup aimé le premier Thorgal Saga réalisé par Robin Recht : je l’ai trouvé vraiment excellent. Et il se trouve qu’en passant à Toulouse pour une dédicace, j’ai dîné avec Robin ; au fil de la discussion, j’ai eu un premier déclic. Ensuite, j’ai fait une “fausse page”, un peu comme un gag, et je l’ai envoyée sans y croire réellement. Et à ma grande surprise, non seulement Gauthier Van Meerbeeck (le directeur éditorial du Lombard) a été enthousiaste, mais il semble que Rosinski aussi. Là, tout est devenu sérieux.

Le contexte personnel et le marché de la BD ont-ils compté dans cette décision ?

Christophe Bec : Oui. Ça coïncidait avec une période où les choses s’étaient compliquées avec mes éditeurs historiques ; je me retrouvais sans contrat. Et c’est aussi un constat sur l’état actuel de la BD : même après 30 ans de métier, faire un album viable commercialement, hors patrimonial, ce n’est pas si simple. À moins de travailler avec un scénariste hyper star — du type Xavier Dorison ou Jean Van Hamme — et je les avais contactés, mais ils n’étaient pas disponibles (rires). Donc j’ai tenté Thorgal.

Pourquoi avoir souhaité être accompagné au scénario, alors que vous avez scénarisé des dizaines d’albums pour d’autres auteurs et pour vous-même ?

Christophe Bec : Quand le Lombard m’a demandé si j’avais une histoire, j’ai répondu oui… C’était à moitié vrai, à moitié faux : j’avais une idée, mais pas du tout développée. Quand c’est devenu concret, je me suis dit : porter ça tout seul, c’est lourd. Et surtout, je me connais : quand je scénarise et que je dessine, j’ai tendance à laisser mon dessin influer sur l’histoire, à aller vers ce que j’aime dessiner, quitte à tordre le récit.

Sur Thorgal, je sentais qu’il ne fallait pas fonctionner comme ça. Avoir un ou une co scénariste m’obligeait à respecter une structure et des choix d’écriture. Au début, j’ai envisagé quelqu’un hors BD pour un regard “frais”, puis je me suis dit que les gens qui ne font pas de bande dessinée, ne savent pas forcément en écrire. Et j’ai aussi réalisé que, sur Thorgal, il n’y avait eu que des hommes, alors qu’il y a énormément de personnages féminins et une vraie dimension féminine dans la série. Je me suis dit : ce serait bien d’avoir une scénariste. Et Valérie s’est imposée : je la connais depuis longtemps, elle a une formation d’historienne, c’est une scénariste reconnue, et je me doutais qu’elle avait un lien avec Thorgal.

Valérie Mangin : Pour être honnête, j’ai d’abord été surprise qu’il me le demande, parce que pour moi Christophe est vraiment un auteur complet. Sur le coup, je me suis dit : “Il y a un piège ?” Et en fait non, il n’y avait pas de piège. Christophe est arrivé très vite avec l’idée d’HHuldra, avec l’idée de l’incendie, et déjà quelques grandes scènes, quelques grands personnages. Ensuite, on a enchaîné très vite : on a “ping-pongué”, on a ajusté, et on a construit rapidement une base d’album. On savait ce qu’on voulait mettre dedans ; il restait à agencer, à trouver une structure solide pour raconter une vraie aventure, pas juste une addition d’idées.

Valérie Mangin devant l’une des doubles pages de l’album

Dans cet album, la place des femmes est très forte : comment cette volonté s’est-elle imposée ?

Valérie Mangin : Ça m’est venu naturellement. J’aime les personnages féminins, et je trouve qu’il n’y en a jamais assez, surtout dans les séries “classiques”. Christophe était d’accord, même enthousiaste, et il aime les dessiner. Donc je me suis dit : c’est l’occasion. Dans l’album, Thorgal rencontre essentiellement des femmes : c’était l’occasion de raconter une vraie histoire “de femmes”, tout en restant pleinement dans l’aventure.

La dimension mythologique, la déesse, la prophétie : comment avez-vous articulé cela avec le pitch initial ?

Valérie Mangin : Les deux se rejoignaient. J’aime Thorgal parce que c’est un homme que les dieux mettent à l’épreuve. Christophe est arrivé avec Huldra, qui est une déesse scandinave réelle : on lui a gardé ses caractéristiques telles que la tradition les décrit — sa dimension terrestre, ambivalente, ses attributs, son imaginaire. Et c’est vrai qu’on a beaucoup ajusté, y compris sur la fin : au départ, j’avais imaginé quelque chose de totalement différent, un T-Rex coincé dans l’ambre préhistorique qui se réveillait, et Thorgal devait l’affronter. Et puis l’un de nous a dit : “- Non, il faut qu’il affronte directement la déesse, ce sera plus cohérent, beaucoup plus fort.” Et effectivement, ça collait mieux à l’histoire.

Le tirage limité grand format, dont voici la couverture original, présente la totalité des planches en noir et blanc

Vous jouez sur des personnages peu manichéens : est-ce un choix assumé ?

Valérie Mangin : Oui, complètement. C’est plus intéressant quand le “méchant” n’est pas juste une brute qui aime taper. S’il a des motivations, si on peut comprendre ce qu’il fait — sans forcément s’identifier — le récit devient plus complexe. Huldra n’est pas un démon qui envoie tout le monde en enfer pour torturer éternellement : c’est quelqu’un qui a souffert, qui garde une part de bienveillance, mais qui veut une revanche. Ce flou, ce “gris”, c’est ce qui rend l’histoire plus riche.

Le récit est très tellurique : roches, montagnes, entrailles de la terre… Un cadre que tu apprécies particulièrement dessiner Christophe, comme on l’a vu dans Inexistences, Sanctuaire, Bunker, etc. ?

Christophe Bec : Ce n’est pas seulement moi. J’avais l’idée de la montagne, mais Valérie a eu l’idée de lier Huldra à l’ambre — et ça collait parfaitement, notamment parce qu’Huldra est décrite comme rousse et la couleur de l’ambre s’en rapproche. Et puis, l’ambre a une histoire ancienne en Scandinavie : c’est plausible qu’on en fasse des bijoux très tôt, donc la mine, la descente dans la montagne… ça, c’est vraiment venu de Valérie. Après, peut être qu’inconsciemment, elle s’est dit que j’aimais explorer les souterrains et les sanctuaires, mais l’impulsion “mine / profondeurs” est venue d’elle.

Valérie Mangin : Je savais que tu étais le roi des paysages de montagne, donc c’était tentant… et le souterrain aussi : je te voyais très bien là dedans. C’était cohérent avec ton travail.

La double page présentant l’entrée de la mine

Les grandes doubles pages marquent beaucoup la lecture : était-ce une volonté de mise en scène ?

Christophe Bec : Oui, parce que les Thorgal Saga permettent d’avoir plus d’espace que le format traditionnel de 46 pages. Moi, j’aime composer de grandes images, plus illustratives, et essayer de sortir des images “iconiques”. On a, par exemple, une grande double page sur l’affrontement entre Thorgal et Huldra : j’ai cherché à la rendre imposante.

Rosinski aurait évidemment pu faire des doubles pages magnifiques, mais dans le carcan de 46 pages, ce n’était pas toujours possible. Nous, on est partis sur 80 pages, on a fini à 100, donc on avait ce luxe. Et j’ai essayé de ne pas en faire des images gratuites : je voulais qu’elles arrivent à des moments précis, qu’elles portent du sens, qu’elles créent une respiration ou qu’elles installent une idée.

Même la double page où Thorgal est devant la mine : on pourrait croire qu’elle est “juste belle”, mais pour moi, elle est essentielle, parce que cette mine symbolise les blessures infligées à Huldra. C’est une métaphore visuelle, et plus tard, le texte rappelle que l’état de la mine dit quelque chose de la souffrance d’Huldra.

L’album multiplie aussi les scènes d’action, pas seulement contre des hommes mais contre les éléments : pourquoi ce choix ?

Valérie Mangin : Parce que c’est une déesse de la terre : finalement, c’est la terre elle même qui se rebelle contre Thorgal — et, par contagion, contre Aaricia aussi. Donc c’était important de montrer la nature en ébullition, la révolte du monde vivant, des animaux, des forces telluriques, en réaction à l’incendie, à la mine, à tout ce qui a détruit cet endroit.

On peut y lire une métaphore moderne : la terre qu’on surexploite et qui se retourne contre nous. Était-ce conscient ?

Valérie Mangin : Oui, c’était volontaire. L’idée était de montrer que quand on surexploite un endroit, on en subit les conséquences. Dans l’album, ces conséquences sont fantastiques et magiques, mais dans notre époque, on voit bien ce que cela produit : des mines qui creusent des trous monstrueux, des sols et sous sols pollués sur des kilomètres, des territoires où les gens ne peuvent plus vivre. Et on voit aussi des phénomènes très concrets : j’avais cité l’exemple d’un village du Bas-Rhin rendu inhabitable à cause d’un forage géothermique. Ça renvoie à des réalités où certaines exploitations peuvent provoquer des dégâts importants, jusqu’à fissurer des maisons, rendre des lieux invivables.

Christophe Bec : Et il fallait, de toute façon, amener des thématiques plus actuelles. Avec Valérie, on voulait faire un “vrai Thorgal” — celui que nous, on aimait quand on était plus jeunes — mais si on ne faisait que reproduire, on tombait dans le fan service. Donc il fallait mettre nos obsessions, des thèmes contemporains, tout en restant fidèle à l’esprit. Et là, je reviens au “non manichéisme” : ce que j’aime, c’est quand les personnages peuvent se retourner, évoluer, surprendre — on trouvait déjà des retournements chez Van Hamme. Et surtout, on voulait garder les valeurs de Thorgal : un Thorgal extrêmement humaniste, qui ne tue pas. Dans notre album, il tue des loups, mais parce qu’il n’a pas le choix ; en revanche, il ne tue aucun humain, même à un moment où il pourrait… Je m’arrête là pour ne pas révéler la fin. Mais je dis ça parce que j’ai lu un autre Saga où Thorgal tue trop facilement, et ça m’a dérangé : pour moi, ce n’est pas Thorgal. Nous, on voulait retrouver ce Thorgal des premiers tomes jusqu’à Louve — et ensuite, je trouve que le personnage s’est un peu perdu, même chez ses créateurs.

Si la montagne et les rochers sont mis à l’honneur, la mer n’est pas oubliée

Vous placez votre histoire chronologiquement entre La Chute de Brek Zarith et Alinoë : pourquoi ce moment précis ?

Valérie Mangin : Parce que c’est une période où la cellule familiale fonctionne d’une manière très singulière et très forte. C’est original de montrer une famille plutôt qu’un héros solitaire : ils vivent l’aventure, mais il y a aussi quelque chose du quotidien, presque une Petite Maison dans la prairie — la vie d’un pionnier, de sa femme, de ses enfants. Ça pourrait être mièvre, mais ça ne l’est pas, parce qu’ils sont vraiment dans l’aventure en même temps : pour moi, c’est une des grandes réussites de la série.

Christophe Bec : Oui, le cycle qui démarre à ce moment-là est génial : on commence dans une reconstruction, quelque chose de simple, et puis tout bascule vers une grande aventure, notamment avec l’arrivée de Kriss de Valnor. Ils traversent l’Atlantique, c’est puissant.

Valérie Mangin : Et j’aime aussi cette sensation que l’aventure est à portée de tous : quand on lit ça jeune, on se dit que nous aussi, enfants ou ados, on pourrait partir avec papa et maman à l’autre bout du monde. Ça joue énormément sur l’imaginaire.

Comment avez-vous travaillé, Christophe, pour retrouver l’atmosphère de Thorgal sans imiter Rosinski ?

Christophe Bec : On a relu quasiment toute la série — Valérie aussi — même si je la connaissais déjà très bien : c’était surtout pour m’immerger. Ensuite, il y avait des questions de style. J’ai fait quelques concessions, assumées : par exemple reprendre la forme des bulles, et modifier ma manière de hachurer. D’habitude, mes hachures sont plus longues, plus “nerveuses” ; là, je les ai raccourcies à pas mal d’endroits pour me rapprocher du rendu des albums de cette période là, entre Brek Zarith, Alinoë, peut être Les Archers. Rosinski avait une période Rotring — on le sent notamment sur Alinoë — et ça donnait un rendu différent. Au début, je dessinais avec les albums ouverts à côté, pour rester dans le bain. Puis je les ai refermés : je n’ai pas la virtuosité de Rosinski, et les garder ouverts finissait par me complexer. Une fois que j’ai trouvé mes “codes”, j’ai tracé à ma manière. Et je les ai réouverts à la fin, parce que les trois dernières pages font clairement écho à Alinoë. Je me suis même amusé à redessiner trois ou quatre cases d’Alinoë : dans l’album original, on est à l’automne ; moi, je les ai dessinées en été, avec plus de végétation. Les fans pourront s’amuser à comparer.

Pour vous, l’esprit de Thorgal Saga, c’est justement d’assumer le style des auteurs invités ?

Christophe Bec : Oui. Pour moi, les Saga servent à ça : permettre, le temps d’un album, de faire un Thorgal sans renier son style, sa façon de faire. C’est ce qui est intéressant. Si on m’avait demandé de reprendre la série-mère, ça aurait été une autre paire de manches : là, on est dans une continuité où reprendre un regard de manière homogène est extrêmement compliqué.

Une partie des auteurs "thorgaliens" étaient venus pour le vernissage de l’exposition. De g. à d. : Christophe Bec, Valerie Mangin, Robin Recht, Frédéric Vignaux et Bruno Tatti. (Sans oublier Denis Bajram et Alex Alice qui jouent à cache-cache !)
Photo : Fef/sceneario.com

Propos recueillis par Charles-Louis Detournay.

Ecoutez notre podcast avec Valérie Mangin :

Une production ActuaBD.com - Interview : Didier Pasamonik & Kelian Nguyen - Montage : Kelian Nguyen — Photo : Kelian Nguyen - Musique : We March Together — Courtesy of Patrick Patrikios — Youtube Audio Library

Par Charles-Louis DETOURNAY

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN : 9782808214032

Exposition : Christophe Bec - Thorgal : La déesse d’ambre
Galerie Huberty & Breyne
Du vendredi 27 février au samedi 28 mars 2026
Mercredi à Vendredi 13h30 - 19h, Samedi 12h - 19h
19 rue Chapon
75003 Paris

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Sauf exception, les photos sont : Kelian Nguyen.

Thorgal Le Lombard ✍ Christophe Bec ✍ Valérie Mangin ✏️ Christophe Bec Aventure Heroic Fantasy Toulouse
 
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