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Très bon
21 juillet 2026
Le meilleur moyen de moderniser une série classique de bande dessinée sans provoquer une levée de boucliers, irriter les gardiens du temple ou tout simplement décevoir les fans de la première heure, c’est de créer une série dérivée. Au moins, on peut se permettre certaines libertés, mesurées toutefois, tout en gardant le lien avec la série d’origine.
Et c’est exactement ce que cette collection réalise depuis ses débuts. Le graphisme est différent de la série mère tout en gardant les personnages principaux reconnaissables, bien sûr. Ce spin-off se dégage donc du classicisme (toujours fort apprécié du reste et porté par des auteurs à l’immense talent) du héros créé par Jacques Martin dans la collection principale.
Le concept « Alix Senator », fort maintenant de dix-sept volumes, a gagné ses propres lauriers depuis longtemps. Sa place centrale parmi les péplums à succès de la bande dessinée est assurée. Graphiquement, Thierry Démarez fait entrer ses lecteurs dans une Rome antique plausible et vivante. Attentifs aux détails, les fans de la série apprécient ces toges, coiffures, bijoux, mobiliers, monuments, finement représentés et qui aident à l’immersion dans ce passé reconstitué. Le dessinateur se démarque également par les expressions qu’il imprime sur le visage de ses acteurs à l’instar de ces masques (mais ceux-là figés) reproduits sur la couverture.
Sur le plan scénaristique, Valérie Mangin a eu la perspicacité de ramener son héros à Rome et de proposer une histoire en un tome (même si l’épisode suivant « L’Arche » est annoncé comme une suite, ce tome est auto-conclusif), ce qui change de ses dernières productions.
Alix semble être revenu à Rome afin de se reposer, prendre du bon temps en allant au théâtre et entamer l’écriture de ses mémoires (lien subtil qui sera apprécié des lecteurs de la série mère). Les apparences sont trompeuses, tout comme les soi-disant liens d’amitié qui le lient à certains dignitaires. Son fils et ses camarades sont enlevés, molestés et séquestrés afin de figurer dans des jeux de cirque clandestins, cruels et réservés à des personnages de la cour impériale avides de sensations morbides, dont on ne soupçonnait pas la dérive.
Alix va mener lui-même l’enquête, accompagné d’une faible escorte, et aller de découverte en découverte. Un récit différent de ses prédécesseurs, qui s’étaient étendus sur plusieurs tomes et qui décrivaient un long périple. L’action et l’investigation sont au rendez-vous et constituent une excellente aventure d’Alix Senator. Si vous n’avez pas encore lu un album de cette série, vous pourriez parfaitement commencer par ce dernier titre… en date !
Par David SPORCQ
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