La première, la galerie Barbier installée rue Choron, Paris 9e, prend ses quartiers au stand C9 de la foire. Elle propose un Solo Show à Nicolas de Crécy et à ses vues fantastiques de Tokyo. L’auteur du Bibendum Céleste est un amoureux du pays du Soleil-Levant, il aime y déambuler un carnet à la main, bien que Tokyo ne soit pas une ville accessible pour les dessinateurs : « Il y a très peu d’endroits où s’installer », nous confie, amusé, l’artiste. Pas un de ses voyages n’est pas ponctué d’une large série de dessins et d’illustrations faits sur place.
Dans un ensemble nommé Tokyo, ville cubiste, Crécy expose ses pages de carnets mais aussi ses vues fantasmées de la ville. « Tokyo a un vocabulaire graphique très particulier » décrypte-t-il. C’est ainsi qu’il compose de vastes étendues foisonnantes habitées par des Yokai, ces divinités tirées d’estampes d’Edo auxquelles l’artiste voue une réelle passion.
Un voyage sensible et onirique dans une ville-monstre qui retrouve ici un calme surnaturel, méditatif.
À quelques travées de là se trouvent les rares planches de bande dessinée du salon : sur le stand de la galerie parisienne Martel qui expose un crayonné et sa sérigraphie d’une planche d’Art Spiegelman pour Lead Pipe Sunday qui rend hommage à l’univers de Dick Tracy, figure emblématique du comic strip américain signée Chester Gould.
Sur ce même stand, se trouve une série d’illustrations épurées d’Adrian Tomine rendant hommage à de nombreux classiques du cinéma, une impressionnante couverture d’Emil Ferris pour le second tome de Moi, ce que j’aime c’est les monstres, dans son style gravure-stylo bille habituel, une série d’illustrations sur le corps humain à la carte à gratter de Thomas Ott et des illustrations ensoleillées et mélancoliques de Manuele Fior. Un choix original et de qualité !
Le rendez-vous des amateurs d’art
Dans la même allée, les deux autres planches de BD du salon : un gag de Claire Bretécher avec le personnage d’Agrippine, deux rares planches en couleur directe. Mais aussi deux illustrations de grand format, maniant l’autodérision et l’humour dans le style caractéristique du premier Grand Prix féminin du Festival d’Angoulême.
Plus loin, sur les mêmes cimaises, les surprenantes illustrations de Marion Fayolle aux couleurs acidulées. Enfin, les vues de Florent Chavouet qui a lui aussi a beaucoup travaillé sur le Japon. Ici, il présente un ensemble de paysages aux couleurs vives et saturées où nature et ville sont teintées de fantastique.
La foire du dessin contemporain est ouverte au public jusqu’à dimanche 29 mars 2026 au Carreau du Temple.
Par Kelian NGUYEN
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Photos : Kelian Nguyen
Itv : Kelian Nguyen
Montage vidéo : Lyne Geynet