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Carthago, clap de fin

Par Jean-Marc PROUST Bof 7 mai 2026 
Dakhan, volume 16 de la série Carthago déçoit. Après des débuts remarquables, la série s'est progressivement essoufflée, perdant en route ce qui faisait le sel de cette fable écolo qui vendait plus de mégalodons que la criée de Marseille ne pourrait en imaginer.

Ah ! Comme j’ai aimé Carthago et combien ces mégalodons sortis des profondeurs et d’un imaginaire doublement spielbergien ont su me fasciner ! Las ! Cette série s’est progressivement rétrécie, fatiguée par des scénarios perdant le sens du mystère tout en ignorant les joies du divertissement.

Parallèlement à ceux baptisés "Carthago adventures", spin-offs inégaux dont le principal attrait était de renouveler le bestiaire, ce seizième volume pèche par son oubli d’une des règles de base du feuilleton : garder le lectorat avec soi.

Ce qui signifie ne pas le perdre d’emblée en l’obligeant à se demander où il en est, qui est qui, pourquoi ceci et comment cela. A minima, un résumé, assorti des portraits des principaux personnages, ne nuit jamais – surtout dans une série comme celle-ci, qui joue avec la chronologie et la géographie ! Faute de quoi, l’on impose la relecture des volumes précédents ce qui, selon le degré d’amour que l’on porte à une saga, réjouira les uns et agacera les autres. Diviser son lectorat à la première page, on a connu plus malin comme entrée en matière.

Et vous aurez compris que j’appartiens à la première catégorie.

Carthago, clap de fin
Un zmeu bien inoffensif
Carthago, Les Humanoïdes associés, Bec & Bufi

De fait, comme il s’agit du dernier album de la série, Christophe Bec est tenu de recoller tous les morceaux pour conclure, ce qui donne une BD très bavarde dont l’action est quasiment absente. Les requins y font de la figuration, les zmeus sont bien inoffensifs et l’on patiente avec les différents protagonistes jusqu’au happy end. Heureusement, il reste les dessins d’Ennio Bufi, toujours aussi précis et élégants, avec un superbe sens des cadrages et de la mise en page. On pourra regretter cependant l’absence de grands formats mettant en valeur les fonds marins.

Le sens du cadrage et de la mise en scène d’Ennio Bufi
Carthago, Les Humanoïdes associés, Bec & Bufi

Loin d’être le « grand final » promis par l’éditeur, la lecture de ce volume est donc plutôt décevante mais ne remet pas en cause l’importance de cette série qui a captivé un demi-million de lecteurs.

Par Jean-Marc PROUST

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Code EAN : 9782731648911
Les Humanoïdes Associés ✍ Christophe Bec ✏️ Ennio Bufi Science-fiction
 
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1 Message :
  • Carthago, clap de fin
    8 mai 08:38, par Annabelle DENIS

    Je vous rejoins pleinement ! J’avais commencé la série il y a bien longtemps, et ai (re)lu l’ensemble à la faveur de la sortie du dernier opus. Déception. On perd effectivement la poésie des abysses par un trop plein de propos au détriment des émotions.

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