Alix Senator T.15 - Par V. Mangin & Th. Démarez - Éd. Casterman

Par David SPORCQ Très bon 5 décembre 2024 
Le sénateur Alix est âgé de plus de 50 ans mais n’a rien perdu de son intrépidité et encore moins de son goût pour le périple. Appelé par l’aventure, il continue son exploration du monde antique afin de découvrir l’Atlantide. Judicieusement placée entre historicité pointue et fiction teintée de mythologie, la collection dérivée a rapidement gagné ses lettres de noblesse en y apportant la fraîcheur de la modernité. Mission des plus complexes, quand elle concerne une série régie par un codex martinien ancré dans les cœurs des lecteurs. Le défi a pourtant été relevé, entraînant le succès qu’on lui connaît et que ce dernier tome en date ne vient pas démentir.

Les énigmatiques monolithes d’Armorique disposés en cercle fascinent encore de nos jours. Vers l’an 9 avant J.- C., le sénateur Alix atteint cette région afin d’y trouver des embarcations capables de naviguer sur les océans. Il découvre ce site religieux sur son chemin. Son instinct lui indique que la clé lui permettant de trouver la mystérieuse Atlantide pourrait se cacher au coeur de ce monument.

Alix Senator T.15 - Par V. Mangin & Th. Démarez - Éd. Casterman
Scène rituelle en Armorique.
Casterman

Plusieurs thèmes sont exploités dans cette histoire comme l’opposition entre les religieux respectueux du culte et les découvreurs, qui veulent explorer et écumer le monde quitte à défier les dieux. Les querelles entre clans ou tribus exploitées par les Romains, dans leur désir de conquête de la Gaule et de maintien de la Pax Romana, sont également évoqués.

À la fin de cet épisode, on pense au titre Le Dieu Sauvage édité en album en 1970 auquel le scénario fait référence. C’est cette veine narrative de la littérature de Jacques Martin, que l’historienne et scénariste Valérie Mangin exploite avec justesse et respect. Ces zones floues qui permettent toutes les supputations et qui débouchent sur des contes inspirés et plausibles. Précisons que c’est avec cet album que la scénariste a découvert Alix en 1985. Preuve que certaines lectures peuvent bouleverser des vies. Et combien de lecteurs Jacques Martin n’a-t-il pas emportés dans son monde antique reconstitué ?

Casterman

On retrouve dans ce récit la trame dramatique et les ingrédients narratifs propres aux aventures d’Alix et Alix Senator, établissant un lien entre les deux séries. Le style graphique réaliste de Thierry Démarrez est toujours aussi généreux de détails et épatant dans les expressions. Les fidèles lecteurs seront à nouveau ravis d’avancer en terrain connu tout en vivant de nouvelles aventures auprès de leur héros favori.

Par David SPORCQ

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782203257627
Alix Casterman ✍ Valérie Mangin ✏️ Thierry Démarez à partir de 10 ans Histoire
 
Participez à la discussion
8 Messages :
  • Thierry Démarez fait un boulot formidable. Mais comme le grand dessin réaliste n’est plus à la mode, on parle très peu de lui.

    Répondre à ce message

    • Répondu par Auteur le 7 décembre 2024 à  18:33 :

      Ce n’est pas si bien fait que ça, et le traitement est assez démodé.

      Répondre à ce message

      • Répondu par J.Jacques le 8 décembre 2024 à  00:17 :

        Les BD Vécu, Glénat des années 80, c’est vrai que c’était bien, mais que ça a vieilli.

        Répondre à ce message

        • Répondu par Milles Sabords le 8 décembre 2024 à  10:35 :

          Sauf que depuis le magazine Vécu, le dessin réaliste à opéré sa mue tout en empruntant aux canons du « classicisme » avec des auteurs comme Bonhomme, Meyer, Bec, Rouge (fils), Thibert, Hugault, Pellerin, Bourgier, pour ne citer que quelques exemples et la liste et longue, sans compter les dessinateurs transalpins comme Buscaglia, Pezzi, Bufi, etc… Même Boucq, Juillard ou Bourgne, ont su sortir du carcan des années 80 en se renouvelant avec maestria. Le dessinateur Démarez s’inscrit dans cette mue. Ce n’est pas le dessin réaliste qui est en cause, mais sa mise avant par les éditeurs.

          Répondre à ce message

        • Répondu le 8 décembre 2024 à  11:24 :

          Il y avait de grands auteurs chez Vécu, et beaucoup de moins bons aussI. Mais Démarrez n’est pas du tout dans cette tradition et c’est un excellent dessinateur.

          Répondre à ce message

          • Répondu par Milles Sabords le 8 décembre 2024 à  20:23 :

            Je n’ai pas dit que Démarez était dans la tradition Vécu, mais qu’il fait parti de cette mutation réussie du genre réaliste. Son travail à l’époque sur la série Le dernier Troyen était déjà d’un très haut niveau et ses couvertures d’albums sublimes. Avec Mangin, ils ont su redonner avec beaucoup de talent un second souffle à Alix, et ça c’est plutôt balaise sur un personnage aussi institutionnalisé.

            Répondre à ce message

          • Répondu le 8 décembre 2024 à  22:57 :

            Les éditeurs continuent à très bien promouvoir, mettre en place et vendre les grands séries au dessin réaliste. C’est l’attention des médias, des festivals et des Prix qui n’y est plus, ce qui fait de ce style de dessin un art démodé. Mais "démodé" n’est pas une insulte, il y a des tas de choses démodées qui sont quand même toujours formidables (le jazz, le rock’n’roll, la peinture figurative, le ski alpin, la cuisine à l’huile de tournesol etc etc, la liste est longue.) Surtout, ce qui fait que le dessin réaliste n’a plus la cote, c’est qu’il est synonyme de BD de genre, d’une part, et que que d’autre part, la notion même de "série BD" est désuète. Les gens préfèrent attendre une semaine la suite d’une série de TV ou de plateforme, plutôt que d’attendre un an ou davantage la suite d’une histoire en BD.

            Répondre à ce message

            • Répondu par Milles Sabords le 9 décembre 2024 à  06:53 :

              Oui, en effet, pour ce qui est de promouvoir de grandes séries à succès, la machine promotionnelle fonctionne à fond. Par-contre, dès que c’est une nouveauté, le début d’un triptyque ou les premiers pas d’un nouvel auteur, là, il n’y a plus personne. Alors que le métier d’un éditeur, c’est de promouvoir tout son catalogue. Ceci dit, pour ce qui est d’attendre un an avant d’avoir la suite d’un album, il n’y a pas que le genre réaliste qui en pâtit, mais tous les genres, puisque le public se réfugie de plus de plus dans le visionnage de séries au kilomètre que proposent les plateformes, plutôt que dans la lecture.

              Répondre à ce message

CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR David SPORCQ  
A LIRE AUSSI  
Albums