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L’Institut de France est une institution publique fondée en 1795 qui regroupe sous sa coupole les cinq académies chargées de promouvoir et de protéger le patrimoine scientifique, littéraire et artistique français : l’Académie française, l’Académie des inscriptions et belles-lettres, l’Académie des sciences, l’Académie des beaux-arts et l’Académie des sciences morales et politiques.
Longtemps méprisée, la bande dessinée y prend désormais sa place depuis 2020, à la suite de l’élection de Catherine Meurisse à l’Académie des beaux-arts (2020) dans la section « Gravure et dessin » et de Pascal Ory à l’Académie française (2022). La section « Gravure et dessin » s’est enrichie depuis de la présence d’Emmanuel Guibert comme académicien (2023) et de Thierry Groensteen comme correspondant (2024), tandis que Marjane Satrapi a été élue en 2024 dans la section « Cinéma et audiovisuel ». L’institution ne pouvait désormais plus ignorer le 9e art.
Alors bien sûr, on voit souvent l’Académie composée de vieillards chenus en assemblée plus ou moins secrète. C’est loin d’être le cas. C’est un temple du savoir — et la connaissance de la BD en est une, désormais reconnue. Elle a mis en place en moins de cinq ans quelques actions concrètes, comme l’académicien Emmanuel Guibert vous le raconte ici.
L’événement « Le Trait et l’Esprit » se tient à Paris, dans l’Institut de France face au pont des Arts, à l’auditorium André et Liliane Bettencourt (on entre par le 3, rue Mazarine), de 9h30 à 19h. Son affiche, signée Catherine Meurisse, donne le ton : une Minerve casquée, assise, feuillette une bande dessinée sous le regard d’une chouette — symbole de la sagesse — coiffée d’un calot de Spirou !
La première journée, le vendredi 13 mars, est entièrement consacrée aux publics éducatifs, autour de l’auteur Damien Cuvillier et de son album Voleur de feu.
Pour les classes (9h30-11h55), une conférence dessinée proposera le dessin en direct d’une case de BD, étape par étape, suivie d’une séance de présentation par les élèves mettant en correspondance les poèmes des Cahiers de Douai et Voleur de feu.
Pour les enseignants (14h-16h45), un programme de formation est proposé en quatre temps : une conférence de Thierry Groensteen sur l’histoire et la périodisation de la BD ; un atelier sur la narration en BD animé par Nelly Turonnet, formatrice académique ; la présentation de Calculottées, un projet interdisciplinaire mêlant lettres et mathématiques mené au collège Eugène-Delacroix de Roissy-en-Brie ; enfin, une intervention de Charles Autheman, de la Fondation pour l’écriture, sur les outils numériques de demain.
Le samedi 14 mars 2026 est une grande journée tout public structurée en trois blocs thématiques, ponctuée de rencontres en petit comité dans la salle Hugot, et conclue par un hommage solennel à René Goscinny.
En matinée : 200 ans de bande dessinée (9h30-12h45)
Ouverte par Xavier Darcos, chancelier de l’Institut de France, et modérée par Victor Macé de Lépinay, la matinée s’articule autour de trois temps forts.
— De 9h40 à 10h40, une table ronde intitulée « La BD, histoire d’une légitimation culturelle » réunit Thierry Groensteen (Académie des beaux-arts), Anne Lemonnier (conservatrice de la section dessins au Centre Pompidou) et Pascal Ory (Académie française). Ils retraceront deux siècles d’histoire du 9e art, des premières publications jusqu’à la consécration institutionnelle symbolisée par l’entrée de la BD à l’Académie des beaux-arts en 2020 et l’exposition au Centre Pompidou en 2024.
— De 10h40 à 11h, un premier « Marathon de la BD » voit l’historien et académicien Jean Tulard, Bérengère Dubrulle, membre de l’Académie des sciences, et deux jeunes du pass Culture présenter chacun un album de leur choix.
— De 11h15 à 12h, la table ronde sur le statut des auteurs (on vous parle des États généraux de la BD très bientôt) confronte les enjeux de la bande dessinée d’aujourd’hui : les nouveaux formats, l’IA, etc. Avec Benoît Peeters, président des États généraux de la bande dessinée, Rutile, scénariste et éditrice, et Daniel Goossens, auteur et enseignant-chercheur en IA.
— De 12h à 12h45, la matinée se clôt par une discussion prospective sur le Festival d’Angoulême, avec David Caméo (président de l’Association pour le développement de la BD à Angoulême, en charge du recrutement d’un nouvel opérateur), Sonia Déchamps, éditrice chez Actes Sud et ancienne directrice artistique du FIBD, et Stéphane Beaujean, éditeur aux Éditions Dupuis et lui aussi ancien directeur artistique du Festival.
Les voies de la création contemporaine (14h30-16h30)
Modérée par Cathia Engelbach (commissaire de l’exposition Delcourt à Angoulême), cet après-midi explorera le paysage de la création de la BD d’aujourd’hui.
— De 14h30 à 15h20, la table ronde « La BD pour diffuser les savoirs ? » réunit dessinateurs, scientifiques et éditeurs, dont Jean-Robert Pitte (Académie des sciences morales et politiques), pour interroger la place croissante de la BD dans la transmission des connaissances.
— De 15h20 à 15h40, un second Marathon de la BD avec Dominique Michelet, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Georges-Henri Soutou, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, et deux jeunes du pass Culture.
— De 15h40 à 16h30, l’académicienne Catherine Meurisse donne une masterclass, « Dans l’atelier de Catherine Meurisse », animée par Rebecca Manzoni, pour faire entrer le public dans les chemins secrets de sa création.
En parallèle, des rencontres en petit comité (salle Hugot) : avec la coloriste Brigitte Findakly (9h30-10h45) ; avec le collectionneur Michel-Édouard Leclerc et Lucas Hureau (11h15-12h30) ; « Autour du manga français » (14h30-15h30) avec la sociologue des pratiques culturelles Irène Bastard, le rédacteur en chef adjoint de Picsou Magazine Nathanaël Bentura, auteur d’un essai sur le manga français, et Stéphanie Nunez, responsable de la communication chez l’éditeur de mangas Kana ; et autour du métier de scénariste avec Aymar du Chatenet, administrateur de l’Institut Goscinny (16h-17h).
Une soirée pour le centenaire de René Goscinny (17h30-19h)
La journée se conclut par un grand hommage festif au créateur d’Astérix, Lucky Luke, Iznogoud et du Petit Nicolas. 2026 marque le centenaire de sa naissance. En présence de sa fille, l’écrivaine Anne Goscinny, de Fabcaro, scénariste du dernier Astérix, de Catel Muller, autrice de la biographie du grand homme, d’Emmanuel Guibert, de Pascal Ory, par ailleurs biographe de Goscinny, et du latiniste et linguiste Marc Baratin, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.
La cérémonie mêlera témoignages, projections et quiz. L’hommage sera modéré par Didier Pasamonik, directeur de la rédaction d’ActuaBD, que nos lecteurs connaissent, partenaire média privilégié de l’événement.
À cette occasion, les Prix Goscinny 2026 — dotés de 2 500 € chacun — seront exceptionnellement remis à l’Institut de France par un jury composé de membres des cinq académies. On vous en reparle.
ActuaBD, partenaire de l’événement : dix places à gagner !
ActuaBD figure parmi les partenaires officiels de la manifestation, aux côtés de France Télévisions, du pass Culture, du SNE, de la Monnaie de Paris et de Connaissance des Arts. La manifestation est gratuite, mais la jauge risque d’être vite pleine. ActuaBD a la possibilité de réserver dix places aux rencontres en matinée et à la remise du Prix Goscinny. Écrivez vite à l’adresse en mentionnant dans quelle rencontre vous voulez être présents : redaction@actuabd.com. Les dix premiers à nous écrire pour chacune des sessions auront leur place réservée !
Par Didier PASAMONIK
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Entrée : 3 rue Mazarine, Paris 6e — Métros Odéon, Louvre-Rivoli ou Châtelet. Contact : communication@institutdefrance.fr / 01 44 41 44 41
Photos : ActuaBD
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