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L’atmosphère dégagée par la couverture de cet album prolonge ce questionnement autour de cette rencontre. On sent que le récit sera porté sur l’intime, presque dans la mouvance de la série Feel good du Jour où réalisé par Marko et les BeKa. Surtout que le titre « Écoute s’il pleut... » évoque une forme de réflexion sur soi et le monde qui nous entoure... Rodolphe et Prugne s’inscriraient dans ce registre ? Quelle surprise !
Bien sûr, il n’en est rien ! Bien que... L’esprit du récit reste dans l’ordre de l’intime, des secrets et des sentiments. Comme l’a remarqué notre collaboratrice Bérengère Hallier, le récit se déroule principalement dans la Normandie des années 1960, la région natale de Rodolphe où il vit toujours et qu’il connaît bien. Il a d’ailleurs su trouver le ton juste pour naviguer entre récit fantastique, conte rural et nostalgie de cette époque pendant laquelle il a lui-même grandi. L’ensemble est porté par cette thématique aussi simple que narrative, ces moulins placés trop haut sur les rivières et que l’on appelle « Écoute s’il pleut » car de la pluie dépendait le travail qu’on allait pouvoir réaliser par la suite.
Comme l’expliquent les auteurs eux-mêmes dans l’interview qu’ils nous ont accordée, il ne s’agit pas ici d’un éditeur qui a les « mariés » le temps d’un album, mais bien une envie commune de travailler ensemble pour ces deux hommes qui se connaissent de longue date. Et l’alchimie fonctionne parfaitement !
En vieux routard du scénario, Rodolphe captive dès la première page avec cette explication du titre sibyllin « Écoute s’il pleut ». Il plante ensuite son décor et installe son personnage principal, ce jeune Daniel qui rencontre un adolescent de son âge, avant d’accélérer progressivement le tempo. D’une histoire « simple » en apparence, il a savamment construit un récit intimiste, prenant et équilibré. Le fruit de longues années de travail où le scénariste émérite sait se mettre en retrait derrière son récit.
Patrick Prugne profite allégrement de ce cadre : on retrouve un peu de l’ambiance de L’Auberge du bout du monde dans ces discussions à l’intérieur de vieilles masures, avant que le végétal ne saute au premier plan. Prugne le magnifie en s’en donnant à cœur joie : les ambiances varient, des tons verts aux orangés, mais toujours au diapason des sentiments ressentis par le personnages principal.
En écoutant les deux auteurs parler de leur album, vous aurez compris la complicité qui les lie et le plaisir qu’ils ont eu à travailler sur ce récit. Un plaisir qu’on ressent pleinement à la lecture de cette très bonne surprise de cette rentrée !
Une interview de Charles-Louis Detournay - Montage : Jacques Lobe
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Écoute s’il pleut - Par Rodolphe & Patrick Prugne - Ed. Daniel Maghen
Lire notre chronique d’Écoute s’il pleut
Photo : Charles-Louis Detournay.
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