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En 1956, Cœurs vaillants », périodique pour la jeunesse d’obédience catholique lance dans toute l’Afrique, le journal Kizito, bulletin pédagogique et d’information de l’Église catholique des martyrs de l’Ouganda. Celui-ci fut le premier périodique diffusé sur tout le continent à proposer de la bande dessinée à ses lecteurs via une rubrique « à suivre » qui présentait la Bible en BD. Il s’agit là des débuts de la diffusion de la Bande dessinée au Congo-Brazzaville, territoire à l’époque sous-peuplé et peu développé, malgré le titre historique de « Capitale de la France libre » attribué à sa ville principale.
Parmi les illustrateurs qui participeront à Kizito durant la durée de vie de ce périodique, le seul Congolais était le peintre ponténégrin [1] Michel Hengo (1942 - 2019) en 1974. Ce sera sa seule incursion notable dans le domaine.
Il faudra attendre le milieu des années 80 pour qu’apparaisse le véritable père de la BD congolaise : Jérémie Bindika. Décorateur puis scénariste à la Télévision nationale, il crée dans son quartier de Poto-Poto le premier personnage de BD congolais, Muguma alias « Petit piment », qui n’a de cesse de braver les plus forts que lui. Publiées à ses frais chez l’imprimerie Miénandi, Les Aventures de Petit Piment deviennent prétexte à restituer les légendes et contes traditionnels issus de la littérature orale d’Afrique centrale et connaît en deux numéros seulement un immense succès avec un prix de vente de 600 Fcfa [2]. De fait, c’est la première expérience de publication d’une publication constituée uniquement de BD sur le sol congolais.
Puis ce fut le début du journal pour la jeunesse, Ngouvou, créé et dirigé par Ferdinand Kibinza à la fin des années 1980, avec l’aide de divers soutiens financiers dont la Coopération française. L’objectif était de contribuer à redresser le système éducatif et à stimuler les habitudes de lecture, prioritairement au collège. Doté de 36 pages, tiré jusqu’à 7500 exemplaires, Ngouvou servait de support pédagogique aux professeurs qui utilisaient pour la première fois la BD en classe. Aujourd’hui, les 51 anciens numéros jouent encore ce rôle mais l’association « Les amis de Ngouvou » ne publie plus depuis 2004. Faute de financement [3].
Ngouvou ne fut jamais réellement une revue de bande dessinée. La BD n’y était qu’une rubrique parmi d’autres et pouvait, le cas échéant, servir de support pour faire passer des messages. Bindika a été l’initiateur du genre dans les premiers numéros de Ngouvou où il publie la série Le Redoutable,en épisodes jusqu’au n° 14 (1991), avant de décéder en 1995.
Pendant des années, il sera le seul Congolais à dessiner en continu dans Ngouvou. En l’absence de ressources sur place, l’équipe rédactionnelle fera quasi-exclusivement appel à des dessinateurs de RDC (à l’époque Zaïre) jusqu’en 1992-1993. Ce sera tout d’abord Cap sur la capitale de Tchibemba qui sera la première série publiée en épisodes, grâce à la Coopération française, éditeur de l’album qui avait cédé les droits de reproduction pour l’ensemble de la série (15 épisodes).
Puis, le journal fera appel au lushois Muze-Tshilombo [4], créateur de la série Patou et Hippolyte et à un certain Ken, probablement du Zaïre (RDC actuelle) lui aussi, qui disparaîtra des colonnes en 1993, sans que l’on ne sache ce qu’il est devenu.
Enfin, Kizito [5] viendra compléter l’équipe à partir de 1991 avec la série Nyota du firmament [6]. Ngouvou publiera également des séries d’auteurs européens dont les droits de reproduction ont été gracieusement proposés par l’éditeur de Kouakou : Segedo [7].
De 1988 à 1996, Ferdinand Kibinza organise des sessions de formation dans les classes à l’attention des enseignants de collège, afin de vulgariser la BD comme genre littéraire à part entière et susciter son exploitation comme support d’apprentissage de la lecture.
En 1993, Bernard Dufossé, scénariste et dessinateur de Kouakou, donne une formation d’une dizaine de jours aux bédéistes de Ngouvou et d’autres magazines de Brazza. Il axe en particulier son travail sur le dessin et la traduction d’un scénario en images, en prenant pour support de travail L’Or de Karibi, un conte traditionnel retranscrit et interprété collectivement par les participants pour reconstituer l’histoire complète. Ce travail sera publié dans Ngouvou.
Les armes de la nouvelle génération
C’est dans le vivier de dessinateurs né de ce stage qu’une première génération de bédéistes nationaux commence à faire ses armes au sein de Ngouvou.
Fortuné Kombo (dit Djobiss) fut l’un des premiers (avec Willy Zekid) à publier ses planches dans Ngouvou. Maquettiste au CCF de Brazzaville, caricaturiste à ses débuts au journal Le Temps, qui cessa de paraître avec la guerre en 1997, il développe à travers le dessin son sens de la critique et de la dérision. Il a cultivé, depuis ses débuts, différents styles dans ses traits, qu’il est capable de varier en fonction du contexte de création : satire, dessin de presse, sagas historiques, BD pour la jeunesse. Djobiss a également publié un recueil de 13 planches accompagnées de jeux (Ouarry boud N°1 en 2001) et une rétrospective de ses caricatures en 1996 (À travers le temps).
Teddy Lokoka est un dessinateur venu de RDC à Brazzaville. Il fait ses premiers pas dans la revue La Semaine africaine [8] où il reprend le personnage caricatural de Zoba Moke [9] (ce qui veut dire « Petit idiot ») créé par Adolphe Cissé Mayambi [10] en 1993. Zoba Moke est un Congolais moyen qui passe son temps dans la rue, aborde des questions sociales avec morale et parle en dépit de sa naïveté, de choses sérieuses. On le retrouvait une fois par semaine à la 16e page du journal : une à deux bandes horizontales qui requièrent une demi-page mais ne lui garantissent pas de rémunérations. Bring de Bang (voir plus loin) reprendra la série par la suite.
Invité au 2e (1998) et 3e (2000) salon de la BD de Kinshasa, il reçoit un financement du Ministère congolais de la Culture et des Arts [11] pour publier un premier album, AL [12], qui raconte le parcours de son héros, Albert Mafuta, « défenseur des droits de l’homme et ennemi du mal ».
Cyriaque Goma a fait ses premières armes dans la technique du portrait. Il intervient simultanément à Djobiss, Zekid et Teddy dans Ngouvou en 1995, avec L’École et nous (n° 32) et Savorgnan de Brazza, une série historique (n° 34). Par la suite, il se spécialise dans le genre historique, et crée trois numéros de Raconte-moi le Congo, une fresque historique de huit pages en noir et blanc, vendue dans les quelques librairies de Pointe-Noire et de Brazzaville. En novembre 2007, à l’occasion de Lire en fête, il présente ses planches dans le hall du CCF de Brazzaville, et propose dans le cadre de cette exposition collective, quelques repères historiques sur la capitale.
Willy Zekid fait ses premiers pas juste après Jérémie Bindika dans les pages de Ngouvou, au tout début des années 1990. Il devient ensuite illustrateur du Journal des jeunes, créé en 1996 et mis en vente en association avec Planète jeunes au Congo. Zekid poursuit sa carrière de bédéiste à Abidjan avec le journal Gbich ! C’est là qu’il crée le personnage de Cauphy Gombo, qui devient par la suite un film en Côte-d’Ivoire. Par la suite, il s’installera en France où il est découvert par Planète jeunes et créera la série Takef.
Bring de Bang (Pansime Brigès Biakou) était reconnu à Brazzaville pour être l’un des artistes les plus talentueux de la jeune génération. Il reçoit une formation à l’illustration du livre scolaire à Tunis en 2001 puis illustre des romans. Alors que son style en matière de BD est très typé et identifiable, sa pédagogie dans le cadre de ses formations tend davantage vers le mimétisme et la reproduction plutôt que vers la création.
Il fait ses armes dans La Semaine africaine en 1998 (après Teddy Lokoka) puis dans le mensuel Les Dépêches de Brazzaville et dans l’hebdomadaire Présence économique, mais davantage en tant qu’illustrateur qu’en véritable bédéiste [13]. En 2007, il est sollicité, avec Willy Samba, par Dieudonné Niangouna et Abdon Fortuné Koumba, initiateurs et responsables du festival de théâtre Mantsina sur scène à Brazzaville, pour réaliser une série de planches en format A1. La BD s’intitule Mantsina sur scène et raconte la gestation de ce projet de festival, qui a lieu chaque année en décembre, ainsi que l’accueil que lui réserve le public. Une exposition a eu lieu au Cercle Sony Labou Tansi de Brazzaville en décembre 2007.
Miss Laden et Milet Walker font partie de la toute nouvelle génération de bédéistes (à peine 20 ans à l’époque) qui font leurs armes dans les derniers numéros de Ngouvou [14].
Face au manque de cohésion dans l’univers de la BD et du dessin de presse, le collectif ACPBD [15] se forme à l’initiative de Djobiss et Teddy Lokoka. Ceux-ci considèrent qu’à partir de 1995, la place de la BD diminue dans Ngouvou et une baisse de qualité des planches s’est faite ressentir. Du matériel est mis à disposition des membres et des formations, stages et demandes de bourses sont formulées au nom de l’association. Plusieurs autres dessinateurs les rejoignent : Richard Mahoungou (alias Mahoust T) Miss Laden, Milet Walker.
Association à caractère socioculturel, l’ACPBD a pour but « de promouvoir la BD et les échanges culturels et artistiques avec d’autres associations, de stimuler la créativité des jeunes artistes du collectif en publiant leurs planches, d’organiser des ateliers de création, de recherche et d’initiation à la BD, de publier des revues de BD en partenariat avec des ONG et institutions locales, d’éduquer les jeunes lecteurs à l’information et de susciter l’entente, la solidarité et la curiosité vis-à-vis de leur propre culture [16] ».
En novembre 2003, ils lancent le N°00 du premier fanzine de l’association : Super Mokoua, bimensuel de sensibilisation et d’éducation, entièrement dessiné par Djobiss (20). Ce magazine était très influencé par le Bleu blanc, la revue pédagogique kinoise de Kizito. Celui-ci publiera d’ailleurs certaines planches de l’ACPBD dans son journal Bleu blanc. Malheureusement, il n’y aura pas d’autres numéros, tout comme pour le magazine Mbongui BD qui connaît un premier et unique numéro en 2005, faute de financement. Seule la coopération française apporte sporadiquement son appui à quelques projets, de manière isolée et parfois arbitraire [17], c’est par exemple le cas en 2006 où, à l’occasion de la journée de la francophonie où le CCF édite Image, une sorte d’anthologie de planches inédites d’auteurs congolais : Djobiss, Cap. Punisher, Jussie Lamathd, Dedebe (Didier Bessongo) et Mahoust – T.
En parallèle, l’ACPBD mène des actions dans plusieurs domaines : participation de Djobiss à la 32e édition du festival d’Angoulême (2005), organisation d’un atelier de résidence sur le thème : Quelle BD pour la jeunesse congolaise ? pour dix artistes (+ 14 non initiés) en 2007, encadré par Djobiss et Teddy de l’atelier BD pour enfants, de Jacqueline Kerguéno au CCF de Brazzaville – en décembre 2004, organisation dans l’enceinte du CCF de Brazza – en juillet 2005 – d’une session sur le thème « De l’idée à la BD », dont est né « Génération Elili , collectif de 26 membres.
En dépit de l’absence de rémunérations et de reconnaissance, l’ACPBD tente d’initier un travail dans la durée pour ses artistes, permettant la constitution d’un collectif fort, basé sur un parcours et des projets communs.
En 2006 naît Graphik’Noir, composé de Franck N’Zila, Christ Koutiki, Yann Cardot, Yannick Kounkou.
L’initiative est venue de Franck N’Zila, infographiste de formation, qui a rassemblé autour d’un même projet un groupe de bédéistes de Brazzaville. Il a joué dans le quartier de Bacongo le « chasseur de têtes » auprès de jeunes dessinateurs motivés comme lui par le graphisme et l’univers du manga. Il devient rapidement le moteur d’un groupe de six bédéistes aux styles et aspirations divers mais réunis par la volonté de travailler ensemble à un même album.
C’est ainsi que naît, avec les moyens du bord en 2006, le journal Yi wiri, satire de la société congolaise et de ses dirigeants. Graphik’Noir a choisi de travailler uniquement en noir & blanc. L’intérêt de cette démarche est de simplifier le processus de fabrication, en abaissant les coûts de reproduction avec une influence très nette du manga, ce qui garantit l’intérêt du public et des ventes mensuelles de 100 à 200 exemplaires.
L’association ne peut adopter une publication mensuelle sans financement, étant entièrement responsable de sa publication et de sa distribution dans les points de vente de la capitale (qui gardent 10 % des ventes). Néanmoins, Yi wiri ! (ou « C’est fini ! », une expression satirique forte pour les Laris du Congo (massacrés pendant la guerre dans leur région du Pool) et le titre de son premier fanzine, compte trois numéros publiés entre 2004 et 2006. Les articles étaient rédigés par Fanck N’Zila et corrigés à l’extérieur par Vani Massa, rédacteur en chef de l’hebdomadaire satirique de Brazzaville La Rue meurt. Huit pages photocopiées en N&B, format A3 plié, vendu 300 Fcfa, un tirage progressif en fonction des ventes, qui atteignirent 375 exemplaires pour le n°3. Les canaux choisis pour la distribution ciblaient les fonctionnaires, partagés le plus souvent entre « étonnement et fâcherie », selon N’zila. Après avoir rencontré un succès populaire dans les quartiers laris de Bacongo ou de Talangai à Brazza, Yi wiri ! a cessé de paraître par crainte d’attirer l’attention par ce ton délibérément sarcastique.
Le soutien des Instituts français
Les Instituts Français de Pointe Noire et de Brazzaville n’ont jamais cessé de soutenir le 9e art local. Plusieurs initiatives ont eu lieu en dehors de celles déjà évoquées.
En septembre 1999, le CCF de Pointe-Noire a exposé « La BD aujourd’hui en France », l’occasion de réunir les bédéistes de la ville et de proposer à cinq d’entre eux un atelier BD. L’objectif était de réaliser une planche sur le thème du Sida. La planche du lauréat, Stéphane Nzoulou, servit d’affiche à la 2e Semaine culturelle contre le Sida, à la fin de la même année.
Puis, en 2004, le CCF de Brazzaville hébergea le dessinateur P’tit Luc de passage dans la capitale. Il put y travailler avec plusieurs dessinateurs, dont les futurs membres de Graphik’Noir. Plusieurs concours furent également organisés : « Croquez l’an 2000 » en 1999, « Regarde la planche de dessins ci-dessous et remplis les bulles selon ton imagination », un concours de scénario à destination du jeune public en 2000. Enfin, en mars 2007, un concours est lancé à l’occasion de la Semaine de la langue française. « Et si Hergé revenait. Imaginez la première page de ce nouvel album » à l’attention des collégiens et lycéens, qui écrivent un synopsis d’une page et réalisent une planche de format A4, noir et blanc ou couleur. Les lauréats sont exposés dans le hall du CCF pendant tout le mois.
En septembre de la même année, le constat d’un manque de cohésion et de visibilité des quelques bédéistes de Pointe-Noire, ainsi qu’une forte demande du public, conduit la bibliothèque du CCF à lancer un concours à l’occasion de Lire en fête, consacré à la BD sur le thème « Vues de Pointe-Noire ». Les lauréats participeront à une formation dispensée par le bédéiste Kinois Asimba Bathy.
Suite à cette expérience, un atelier BD est créé au CCF : les bédéistes repérés à l’occasion du concours se réunissent tous les samedis après-midi pour travailler ensemble, grâce au matériel fourni par le CCF, mettre leurs projets en commun et réaliser de nouvelles planches : Odiphate Loukondo [18], Mick Mikamona, Hugues Loundou, Koutawa Hamed (KHP), Lionnel Boussi [19], Milandou Ntondele, Pathis Talansi, Freeman et Chrislain Kibendo.
En février 2008, Asimba Bathy revient à Pointe Noire, ce qui donne l’occasion de réitérer l’expérience de l’atelier, et de suivre la progression des participants.
Le groupe subit quelques changements, certains bédéistes le quittant pour cause de désaccords avec les autres membres, d’autres y entrant. Le noyau dur fonctionne alors sur une dynamique de travail, d’encouragements et d’autocritiques constructifs. C’est à ce moment que la jeune Jussie Lamathd, l’une des rares femmes à faire de la BD en Afrique à l’époque, rejoint le groupe. Bédéiste de Brazzaville, membre de l’ACPBD, elle s’installe à Pointe-Noire cette année-là.
Le groupe se lance dès lors dans le projet d’une exposition pour juin 2008 « Les Dessous de Pointe Noire » (à l’espace BD du CCF), en regard des premiers travaux réalisés pour Lire en Fête 2007. Ces planches seront le fruit du travail de l’atelier qui en a découlé. Courant 2008, les membres de l’atelier se constituent en collectif sous le nom de Ponton BD.
Souhaitant les stimuler et leur donner une plus grande visibilité, le CCF projette une nouvelle exposition de plus grande envergure, invitant les artistes à investir son hall d’exposition en septembre 2008. Afin de pérenniser le projet – la rencontre entre un dessinateur et ce groupe de jeunes bédéistes permettant d’acquérir plus d’expérience et de soutien – Asimba Bathy fait à nouveau partie de l’aventure.
Durant deux mois, une grande latitude est donnée aux artistes sur le matériel, les supports, les styles et les formes, pour rassembler les travaux et conceptualiser l’agencement de l’exposition dénommée Carte blanche à Ponton BD et Asimba Bathy.
Cette exposition qui leur a donné une belle visibilité (vitrines du CCF, émissions radio et télévisées, presse en ligne, etc.), leur aura aussi permis d’étendre le champ de leurs expériences : réalisation d’une fresque sur les vitrines, production de planches en grands formats, travail avec les slameurs de Styl’oblique Congo (réalisation de planches illustrant des slams, ou de slams s’inspirant des planches, présentées lors du vernissage).
Suite à cette expérience, KHP[[Son travail absolument remarquable est visible sur congopage] est repéré par le rédacteur en chef du magazine Pointe-Noire magazine , qui lui accorde un article et la parution régulière de deux planches. Les dessinateurs bénéficient également de la visibilité du site Internet Congopage qui publie quelques planches dont celles de KHP, qui n’avait encore jamais été édité. Ses traits sont d’une précision et d’un réalisme exceptionnels, comme il est précisé sur le site : « On atteint avec ce garçon les sommets de l’art graphique. Il possède un trait sûr et expressif, ses découpages sont déroutants et ses cases sont déchirées et atypiques. Il possède un sens inné de la lumière et cette BD sans dialogues ni phylactères est novatrice dans un monde où on croyait que tout avait été inventé. KHP travaille au stylo bille et, aussi surprenant que cela puisse paraître, il dessine de mémoire et pas sur photos. » Son travail le plus marquant ce cette période reste la réalisation d’un carnet Le Duel fratricide , sur la guerre civile qui a déchiré le Congo entre 1992 et 1998.
Cherchant encore à prendre son envol, la BD congolaise est, à cette époque, confrontée aux problèmes récurrents en Afrique francophone : faible implication des éditeurs privés et instabilité politique qui empêche tout développement économique. De plus, malgré une forte motivation, les contraintes de la vie quotidienne pèsent sur la régularité du travail engagé. À Pointe Noire, on observe un isolement important par rapport à la capitale, où se situe l’ACPBD, avec qui les relations sont inexistantes. Fossé à l’image du pays dans son ensemble, où la ville océane et la région du Kouilou restent isolées du reste des terres.
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[1] Nom donné aux habitants de Pointe Noire.
[2] Environ 12FF de l’époque
[3] Cette très belle aventure est magnifiquement racontée par Colette Alègre dans Africultures..
[4] Né le 12 août 1957 à Lubumbashi (RDC). Il s’installe à Brazzaville en 1983 où il collabore à divers journaux. Il meurt le 27 mars 1992.
[5] Kizito créera plus tard la revue pédagogique de BD, Bleu – blanc à Kinshasa.
[6] Cette série sortira en album en 2006, chez Saint Paul – Kinshasa.
[7] Il y eut par exemple Le Profiteur de Franjacq, plus connu sous le nom de François Dermaut, qui fut le créateur de deux séries cultes chez Glénat : Les Souvenirs de Toussaint et la série historique, Les Chemins de Malefosse.
[8] La Semaine africaine est aujourd’hui l’hebdomadaire le plus ancien des pays qui ont constitué l’Afrique Equatoriale Française (A.E.F.).
[9] Cf. Hilaire Mbiye, Zoba Moke une bande dessinée éducative et critique, Mediaforum, février 2000
[10] Cissé Mayambi est également le dessinateur de Nguba, « le journal de la lutte contre les mauvaises mœurs de la société ».
[11] Source : La Semaine africaine, n° 2283 du jeudi 9 novembre 2000
[12] Al 1, Forte BD, 2000
[13] Le collectif Africa comics 2005-2006 compte une histoire de Bring de Bang : L’Aventure de Diack-Bonzo. Il est également visible dans le collectif camerounais Shegue (Ed. Akoma Mba – 2003).
[14] Miss laden apparaît dans le N°50
[15] Association Congolaise des Professionnels de la BD
[16] Objectifs de l’association tel que décrits dans les documents de création
[17] La Direction de la lecture publique a bien offert des locaux à l’Association mais celle-ci a du déménager au bout de quelques mois.
[18] Odiphate Loukondo a été désigné par la société Elf (aujourd’hui Total) pour réaliser trois affiches en couleur sur la Journée mondiale contre le Sida. En 2005, il a réalisé avec le concours du bibliothécaire du CCF une BD imprimée en quadrichromie et financée par Total sur la prévention du Sida : La Flamme de l’espoir.
[19] Pour découvrir son travail : http://www.congopage.com/article5762.html. Lionel réalisait également des planches pour l’association de conservation de la nature « Rénatura », des BD de sensibilisation à l’attention des jeunes sur la sauvegarde des tortues marines et de la mangrove. Il vit maintenant en France.