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La BD au Congo-Brazzaville (2e partie) : de 2008 à 2020

Par Christophe CASSIAU-HAURIE 6 janvier 2026 
Durant ces années, la BD du Congo-Brazzaville est sur une pente ascendante : les ouvrages publiés se multiplient et une certaine effervescence commence à se faire sentir. Du fait de la répartition de la population sur le territoire — un tiers des Congolais vivent dans les deux principales villes que sont Brazzaville et Pointe-Noire — deux milieux de la BD évoluent de façon autonome, en raison des difficultés de liaison entre les deux villes.
En parallèle, les bédéistes congolais commencent à s’exporter…

Les auteurs congolais, de plus en plus visibles à l’international

Les auteurs congolais commencent à se montrer de plus en plus à l’étranger.
La sortie de l’album collectif Chroniques de Brazzaville en 2012 a permis de mettre en lumière le talent de KHP (Koutawa Hamed Pryslay), qui signe l’histoire la plus importante, aux côtés de celles de Jussie Nsana et de Lionnel Boussi.

La BD au Congo-Brazzaville (2e partie) : de 2008 à 2020
Chroniques de Brazzaville (couverture)
©Koutawa

Il y propose une histoire courte racontant les débuts de la guerre civile au Congo et les bouleversements que cela implique pour une famille, s’inspirant de ses propres souvenirs.
Deux ans plus tard, il participera à un nouveau collectif chez le même éditeur : Nouvelles d’Afrique, en tant que dessinateur pour une histoire traitant d’immigration illégale.
Enfin, en 2018, il sort Les dessous de Pointe-Noire, son premier album individuel en Europe. Il y parle de la nécessité qu’ont certaines jeunes femmes congolaises de vendre leur corps à des Occidentaux afin d’émigrer vers l’Europe.
Tous ses dessins, ses planches, ses cadrages sont entièrement réalisés au stylo bille (un Bic, plus exactement) sur du papier Canson, et ses couleurs sont l’œuvre de crayons de couleur basiques, vendus dans le commerce. Cette technique si particulière donne une qualité graphique hors du commun à son travail.

Dans Nouvelles d’Afrique, on pouvait aussi retrouver un compatriote de KHP, Gildas Gamy.
Précédemment, ce dernier avait déjà été publié au Maroc, pays où il vivait, dans le collectif La traversée. Dans cet album, publié chez l’éditeur de Casablanca Steinkiss, plusieurs auteurs d’origines diverses racontaient le destin de migrants subsahariens tentant de traverser la Méditerranée en bateau depuis les côtes marocaines. Gamy parlait en connaissance de cause, puisqu’il avait traversé à pied une partie de l’Afrique quelques années auparavant, espérant migrer vers l’Europe.
En 2013, Gamy publiera Raconte-moi l’abolition de la peine de mort, soutenu par l’Organisation marocaine des droits de l’homme, puis, en 2020, Condamné – e- s à mourir, avec Cédric Liano au scénario, toujours sur le même thème.
Paradoxalement, Gamy n’a jamais été édité au Congo.

Un autre Congolais installé en France est Bob Kanza. Celui-ci a quitté son pays natal, touché par la guerre civile en 1997, pour s’installer en Côte d’Ivoire. Il débute dans le journal satirique ivoirien Gbich !, pour lequel il dessine de 1999 à 2002. Il participe à la création de la série Sergent Deutogo (chronique humoristique sur le racket des policiers en Afrique), de la rubrique d’actualités Bob Krokeurz, ainsi que de la série BD Le syndicat des chefs d’États Africains (une satire des régimes totalitaires africains). En 2002, la guerre civile ivoirienne l’oblige à nouveau à migrer, en France cette fois-ci.
Par la suite, il travaille comme graphiste illustrateur et intégrateur web indépendant (www.bobkanza.com
) et collabore de temps à autre avec la presse. Sa dernière incursion dans le domaine de la BD a été Ne me coupez pas !, un album de sensibilisation contre la pratique de l’excision, sorti en 2017.

L’un des piliers du journal Gbich ! est son compatriote Willy Zekid, qui y était présent dès l’origine. Après une éclipse d’une dizaine d’années, il est revenu dans les pages du journal en 2014. À compter de cette date, il se consacre aux deux séries phares que sont Cauphy Gombo et Papou. En novembre 2018, il a pris la tête du service audiovisuel de Gbich !. Celui-ci s’occupe d’animation (dessin animé, vidéo) et produit du contenu audiovisuel destiné à des chaînes de télévision ou diffusé sur le web.
Willy Zekid a animé, de 2004 à 2016, la série Takef dans le journal Planète jeunes [1], série qui aura une influence importante sur les dessinateurs débutants d’Afrique de l’Ouest, en particulier en Côte d’Ivoire. De fait, son style — qui a aussi fortement imprégné les débuts de Gbich ! — a fait école dans l’ensemble de la sous-région.

Takef (personnage - Willy Zekid
©Mouele

En 2016, il a sorti en auto-édition un album centré autour de Papou, Papou va tout casser. Malheureusement, celui-ci ne sera pas diffusé du fait de problèmes d’impression.

En Afrique anglophone, on peut citer le travail de Kiyindou Yamakasi, auteur d’Orisha Pikin, publié sur le site en ligne Nigérian Vortex [2], spécialisé dans la BD mettant en valeur les racines et cultures d’Afrique. Orisha Pikin fut suivi par près de 50 000 lecteurs et reçut un prix au Lagos comic con en 2017. Après un « bachelor » spécialisé dans le cinéma obtenu au Cap (RSA), l’auteur est parti étudier dans une école de cinéma, l’EICAR, à Paris.

Orisha Pikin (Kiyindou Yamakasi) - Extrait
©Kiyindou

D’autres parcours sont plus surprenants. C’est le cas de Berthet One (Berthet Mahouahoua), qui reçoit le prix Transmurailles en 2009 pour L’évasion, BD humoristique se situant dans le milieu carcéral, alors que l’artiste purgeait une peine de dix ans de prison pour le braquage d’une bijouterie. Un second album sortira en 2015, Vive la Liberthet (à La boîte à bulles).

L’évasion (couverture) de Berthet One
©Mahouahoua

En 2010 toujours, le scénariste Grégoire Koutekissa sort, dans sa propre maison d’édition (Cyr éditions), La colonisation selon Sarko 1er, album caricaturant le discours de Dakar du président français en 2007, dessiné par un Français, Remo Ho.

La colonisation selon Sarko 1er (couverture)
©Reno Ho

La BD au Congo : le réveil

À l’intérieur du Congo, les années 2016–2020 voient naître une petite quinzaine d’albums, presque tous relevant de l’autoédition. Cette floraison tranche avec la période précédente, où le nombre de productions était faible et résultait d’initiatives isolées.

Cette vague récente n’est pas le fruit du hasard.

Installée à Brazzaville depuis 2016, la bédéiste camerounaise Elyon’s (Joëlle Epée Mandengue de son vrai nom) a créé le Bilili BD Festival [3], premier événement consacré à la BD dans le pays, hébergé et soutenu par l’Institut Français du Congo à Brazzaville. Quatre éditions ont eu lieu entre 2016 et 2019. Parti avec une poignée de participants et 200 à 300 visiteurs en 2016, le festival a atteint près d’un millier de visiteurs l’année suivante, puis a encore augmenté au fil des années suivantes.

Bilili BD - 2019 (affiche)

Le festival se positionne et s’affirme progressivement comme un lieu d’échanges entre les auteurs locaux et internationaux, ainsi que les professionnels du secteur (éditeurs, représentants de festivals et de structures culturelles, libraires, distributeurs locaux et étrangers). Il se donne également pour mission de servir de plateforme pour la mise en avant de concepteurs de jeux vidéo et de films d’animation issus du continent.

C’est ainsi qu’y sont invités des auteurs tels qu’Afif Khaled (France – Maroc), Max QTZ (France), Thembo Kash (RDC), Félix Fokoua (Cameroun), ainsi que des représentants d’écoles d’arts ou de structures culturelles comme Mehdi Zouak (INBA Tétouan, Maroc) et Pierre Lungheretti (CIBDI d’Angoulême, France). S’y ajoutent des directeurs de festivals ou de studios d’animation, comme Ayodele Elegba, fondateur du ComicCon de Lagos, Claye Edou, réalisateur du film d’animation camerounais Minga et la cuillère cassée, des éditeurs comme Jarjille Éditions ou Dupuis, et des libraires de la RDC ou du Togo, etc.
En 2019, étape supplémentaire dans le processus de reconnaissance internationale du festival, une convention de partenariat tripartite entre la Cité internationale de la bande dessinée d’Angoulême, l’Institut français du Congo à Brazzaville et le Bilili BD Festival est signée à Brazzaville, constituant le premier événement du genre en Afrique centrale [4].
Tout ce foisonnement d’acteurs du secteur joue un rôle d’effet levier sur la production locale. On peut citer, par exemple, les séries AU Heroes (4 tomes) de Kevin Ekon Boman et Ceasar Boleko, ou Les criquets pèlerins (3 tomes) de l’association Graphik’noir (Franck Nzila, Georget Kounkou, Yann Cardot et bien d’autres), association déjà éditrice du fanzine Yi Wiri ! entre 2004 et 2006.

Les criquets pèlerins - Couverture
©N’zila

Konzo (deux volumes : La Légende de Bolongo et L’Appel du devoir) est une œuvre de Masse Bongos, pseudonyme de Massein Mbongolo, co-fondateur du collectif culturel Kukia. Avec ce collectif, il mène des actions en faveur de la bande dessinée, collabore avec différentes institutions locales (Institut français, Centre culturel Jean-Baptiste Loutard…) et édite des BD dans la capitale économique, Pointe-Noire. Par la suite, à l’image de nombreuses autres structures sur le continent, Kukia s’est également lancé dans l’animation.

Avant de s’installer en France, Yann Cardot a eu le temps d’auto-publier un unique album, Punch Boy, en 2018, sous le pseudonyme de Yannos.

Punch boy - Yann Cardot
©Cardot

Djobiss a lancé le second numéro du magazine Mbongui BD, quelques années après le premier.

D’autres titres, relevant du one-shot, sont également parus dans les rayons des quelques librairies de la principale ville du pays, Brazzaville : Avocat du diable de Makoumbou Milongo et Glénat Brugiel, La Tchoukoumeuse de Giscard Soriza Noki et Pucette Sassou-Nguesso, ainsi que Okotaki, du désespoir à la réussite, scénarisé par Laetitia Nkakou Yoka. Les deux derniers titres ont été publiés par des agences de communication. Le premier a été inspiré par des événements relatés dans le magazine de poche L’Évènementiel, publié par l’agence I-COM depuis 2008, tandis que le deuxième, qui traite du football, a été publié à l’occasion de la CAN 2015.

La tchoukoumeuse de Giscard Soriza Noki (couverture)
©Soriza

Bolingo ya Kasi a été scénarisé, dessiné et autoédité par Yanns, nom de plume du Franco-Congolais Yannick Diankouika, lauréat du 2ᵉ prix au concours de dessins du festival Bilili 2017. Le jeune Ponténégrin Sayane Kid (de son vrai nom Ngamy Olsen) publie, en 2019, le premier manga congolais, Kaba.

Kaba de Sayane Kid - couverture
©Olsen

Badik’Art (Valéry Badika Nzila), enseignant à l’Académie des Beaux-Arts de Brazzaville [5], publie régulièrement depuis 2012 les tomes de la série La Perle de Kitokoville en petit format. Douze tomes sont sortis, faisant de cette série l’une des plus importantes en termes de volumes du 9ᵉ art africain. Badik’Art a également publié des manuels sur la bande dessinée.

L’Église catholique a elle aussi eu recours à la bande dessinée avec l’album hagiographique Cardinal Emile Biayenda, serviteur de Dieu, sorti en 2010.

Enfin, comme reconnaissance supplémentaire de son travail et de son dynamisme, Elyon’s a été désignée co-commissaire de l’exposition Kubuni, les bandes dessinées d’Afrique.s, organisée à la Cité de la Bande Dessinée d’Angoulême en 2021, pendant la saison culturelle Africa 2020 et l’année de la BD 2020 en France. Cette exposition a rencontré un grand succès et a ensuite été présentée dans plusieurs Instituts Français du continent.

Toutefois, il faut souligner que le Bilili BD Festival n’est pas le seul événement organisé autour de la bande dessinée dans le pays. Avec moins d’ampleur, on peut également signaler les activités de l’association ponténégrine Dikouala Bulles. Créée en 2016 à Pointe-Noire par la plasticienne et auteure de BD Jussie Nsana, Dikouala Bulles, dite « Rencontre itinérante de la bande dessinée du Congo », est un collectif d’auteurs de BD congolais, mais aussi un festival de BD, né du désir de mettre en avant le 9ᵉ art congolais et de rendre la bande dessinée accessible à tous, favorisant ainsi son rayonnement à Pointe-Noire et au-delà. Le collectif organise diverses activités permettant au public de rencontrer et de découvrir les auteurs : salons, expositions, festivals, séances de dédicace, ateliers, etc. [6] Il regroupe de jeunes passionnés de BD (dessinateurs et scénaristes), âgés de 13 ans et plus, filles et garçons.

Le collectif a organisé des expositions telles que Bulles à l’hôtel, dont la première édition s’est tenue le 20 février 2020 à l’hôtel Elaïs à Pointe-Noire (exposition BD, performance dessin live, slam et dédicace), ou encore l’édition de l’année précédente à l’Institut français de la même ville (décembre 2018 – janvier 2019).

D’autres événements sont également organisés, comme le festival Dikouala Bulles, qui a connu plusieurs éditions, Bulles Me’ Luteeh, carnaval de bande dessinée dans les établissements scolaires de Pointe-Noire en février 2020, De l’idée à la rédaction, une résidence d’écriture animée par Pathis Talansi, et enfin Bulles Mbwii, une résidence de création dont la première édition s’est tenue en août 2019, permettant la réalisation de projets BD [7].

Le collectif aurait également édité le premier numéro d’une revue BD intitulée Luvemb’, sous-titrée « Que le rire soit notre quotidien ! ». Luvemb’, qui signifie « pâleur » en langue vili, est une revue d’humour puisant dans les faits de société. Les auteurs sont invités à réaliser une caricature, une illustration ou une planche de BD visant à faire rire, quel que soit le sujet. Pour le premier numéro, huit artistes sont publiés : Rughaine, Chico Albert, Netto Woam, K-Césaire, Archange MB, KMP, Freeman et Jussie Nsana. La première édition de la revue a été réalisée à Kinshasa lors de la 6ᵉ édition du SABDAM aux frais du collectif, puis la seconde à Pointe-Noire grâce au financement de Tchilif Souvenir, à l’occasion de Bulles à l’hôtel. La revue reste diffusée dans les quelques points de vente de la ville.

Un autre collectif est actif à Pointe-Noire : Gemini Art, regroupant les jeunes Taliane Poaty, Yves Pambou, Sideron D’Eloi (alias Skyfall) et Vann Nassy. Bien qu’ils n’aient pas encore publié, ces jeunes auteurs présentent déjà des travaux intéressants sur leur page Facebook. On en reparlera dans la troisième partie de notre article.

La République du Congo, un marché attractif pour « le pays frère »

Le marché congolais attire progressivement des auteurs de la RDC, pays voisin visible depuis Brazzaville [8]. Bien que la RDC soit le pays africain comptant le plus grand nombre d’auteurs de bande dessinée, il reste peu actif en matière de productions éditoriales en raison de la situation économique. La proximité géographique et culturelle des deux pays favorise une forme de solidarité entre auteurs et associations professionnelles, permettant de créer des opportunités [9].

Ce fut le cas en 2010 pour le défunt Serge Diantantu, auteur congolais de la RDC publié en France (série Mémoire de l’esclavage, Caraibéditions), qui a dessiné chez Myk Consulting (une agence de communication) une histoire de la République du Congo en BD : Grand-père, raconte-nous le Congo.

On peut également citer Yann Kumbozi, auteur kinois très actif dans sa ville d’origine, qui a auto-publié quatre albums en 2018 et a publié chez Graphik’noir un mini-album intitulé L’Étudiant.

L’étudiant - Yann Kumbozi
©Kumbozi

Suivant un phénomène déjà constaté avec le festival camerounais Mboa BD et le Salon africain de la bande dessinée et de l’autre muzik (SABDAM) à Kinshasa, la création du Bilili BD Festival permet de mettre en valeur le travail de différents auteurs et artistes désireux de s’exprimer et de montrer leur savoir-faire. Diffusé pour certains à la toute jeune FNAC du Congo à Brazzaville — et même s’il est souvent imprimé sur du papier de moindre qualité et en noir et blanc —, le 9ᵉ art congolais commence à réellement émerger durant cette décennie.

On peut également constater l’absence quasi totale de soutien public à l’ensemble de ces initiatives. Mais il est vrai qu’en Afrique centrale, en matière d’industrie culturelle, les États ont une fâcheuse tendance à se rendre dispensables.

Par Christophe CASSIAU-HAURIE

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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La première partie de l’article

[1] Aujourd’hui disparu

[2] Le site est visible sur https://vortexcorp.net/

[3] Bilili : image, dessin

[4] En Afrique centrale mais pas sur le continent, puisque le Festival d’Alger a aussi signé des partenariats de ce type. En son temps, Il’en bulles, le salon de la BD de l’Île Maurice, était également en partenariat avec celui de Saint Malo

[5] Et ancien étudiant de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa

[6] Extrait de leur profession de foi

[8] A Kinshasa, la République du Congo est appelée « le Congo d’en face »

[9] Par exemple, des auteurs de Dikouala bulles furent invités lors du dernier SABDAM (Salon africain de la bande dessinée et de l’autre muzik) en décembre 2019

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2 Messages :
  • La BD au Congo-Brazzaville (2e partie) : de 2008 à 2020
    6 mai 19:12, par Benjamin Herzberg

    Merci pour cet article bien complet sur la BD en République du Congo. On veut la suite ! Qu’en est-il depuis 2020 ? Allez-vous écrire une 3eme partie ?

    Répondre à ce message

    • Répondu par Christophe Cassiau le 19 mai à  07:36 :

      Bonjour et merci pour votre sympathique message.
      Je travaille en ce moment sur la suite mais j’ai d’autres articles sur le feu, ce sera sans doute pour la fin du mois de juin.
      Bien cordialement.
      CCH

      Répondre à ce message

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