Kagurabachi, le nouveau manga-phénomène des éditions Kana

Par Malgorzata NATANEK Très bon 21 février 2025 
Des combats de sabre à l'ère moderne centrés sur la vengeance d'un héros badass à la John Wick. Découvrez la nouvelle étoile montante du Shônen Jump dont les débuts ont fait beaucoup de bruit.

Suite à l’assassinat de son père forgeron, Chihiro décide d’éliminer l’organisation Hishaku à l’origine de ce meurtre. Dans sa quête de vengeance, il compte récupérer les six sabres ensorcelés que les sorciers ont dérobés à son père en le tuant. Ce dernier lui a secrètement légué un septième sabre ensorcelé...

Kagurabachi, le nouveau manga-phénomène des éditions Kana
Kagurabachi illustration
KAGURABACHI © 2023 by Takeru Hokazono/SHUEISHA Inc.

C’est un shônen sombre qui attend les lecteurs avec des passages sanglants et brutaux aux scènes d’actions intenses. La vue de corps ensanglantés attachés sous un pont ou encore la scène de l’enfant en pleurs qui se fait casser la jambe donnent le ton...

Une histoire donc plus mature et sanglante que d’ordinaire pour un shônen dans la même veine que Chainsaw Man qui lui est empreint d’humour noir et de gore.

D’ailleurs, le développement de l’intrigue met l’accent sur la dureté de l’univers. Un des passages nous fait notamment croire à la rédemption, peut-être trop facile, d’un personnage. La suite casse cette dynamique et témoigne à la fois de la cruauté et du manque de scrupule des ennemis en mettant en avant un antagoniste impitoyable, dans une scène lourde mais prenante.

L’apparence du héros colle parfaitement à l’ambiance de ce récit, avec ses habits noirs, ses yeux rouges et sa cicatrice lui donnant ainsi une aura charismatique et cool. Son comportement et sa soif de vengeance sont en adéquation avec le monde qui nous est décrit, mais c’est avant tout un jeune homme brisé qui se cache derrière une image froide. Le respect qu’il a pour son père et les valeurs qu’il a héritées concernant le maniement du sabre font du héros bien plus qu’un simple vengeur, mais aussi l’incarnation de convictions fortes.

Kagurabachi planche
KAGURABACHI © 2023 by Takeru Hokazono/SHUEISHA Inc.

L’auteur adore le cinéma, dont les films John Wick et plus particulièrement les films de Tarantino. La thématique de la vengeance présente dans ces films a ainsi inspiré Takeru Hokazono pour écrire son manga. Cette passion pour le septième art se reflète aussi dans le découpage original des cases qui est cinématographique.

Ce qui se dégage également, ce sont les visuels empreints d’éléments emblématiques japonais parmi lesquels l’architecture de certains bâtiments, les sabres et les poissons rouges. Ces derniers, très présents, sont d’abord des animaux de compagnie avant d’incarner la forme prise par l’énergie occulte du héros. Les poissons sont un souvenir du passé perdu et ajoutent une touche esthétique élégante aux attaques de Chihiro.

Kagurabachi illustration
KAGURABACHI © 2023 by Takeru Hokazono/SHUEISHA Inc.

On peut noter que la maison et la forge détruites peuvent être vu comme le bocal brisé des poissons, suggéré par un des dessins. Dans celui-ci, on voit à l’intérieur du bocal les trois poissons ainsi que le père et son fils assis à une table en mangeant. Jusqu’à l’incident, le héros et son père vivaient dans leur bulle qui a éclatée avec l’arrivée d’ennemis.

Une pointe d’humour évite au récit d’être trop sombre. Elle passe par les échanges des personnages et surtout par l’introduction de la petite Char. L’appétit, les expressions faciales ou encore la façon de parler de cette enfant contrebalance l’attitude et le visage sérieux de Chihiro qui est consumé par la haine. La présence de Char détend donc l’atmosphère et adoucit le quotidien du héros qui semble représenter une figure fraternelle pour elle.

Kagurabachi planche
KAGURABACHI © 2023 by Takeru Hokazono/SHUEISHA Inc.

Certes le pitch est plutôt simple et classique, mais l’axe choisi autour de la vengeance dans un univers aussi noir n’est pas commun pour une publication dans le Shônen Jump [1]. C’est un début efficace et prometteur avec la mise en place d’un fil rouge clair et des dessins captivants qui incorporent des éléments traditionnels japonais et de la sorcellerie à l’époque moderne. Le rythme est rapide avec beaucoup d’actions fluides et puissantes.

De nombreuses informations sont données pour faire progresser l’histoire sans être pour autant indigestes. Le scénario s’installe... Takeru Hokazono fait donc une entrée fracassante avec sa première série (il a 23 ans). Reste cette sempiternelle question : la suite, sera-t-elle à la hauteur des attentes ? On l’espère.

Par Malgorzata NATANEK

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Code EAN : 9782505132912

Kagurabachi T. 1- Par Takeru Hokazono - Éd. Kana

[1] Magazine japonais de prépublication hebdomadaire destiné aux adolescents masculins.

Kagurabachi Kana ✏️ Takeru Hokazono à partir de 13 ans Arts martiaux, Combats Drame Action Japon
 
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