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Bon
24 juillet 2026
L’auteur met en avant toute la démesure des sabres ensorcelés, dont les pleines capacités dépendent de la maîtrise de leur porteur. Leur utilisation atteint ici un nouveau sommet visuel, donnant naissance à des images aussi créatives que spectaculaires : un hôtel entièrement disloqué par les pouvoirs d’un sabreur, ou encore Samura, ailes noires déployées, dominant une montagne de cadavres réanimés dans une composition aux allures divines.
Le duel qui l’oppose à Chihiro, où les plumes noires de Tobimune répondent aux poissons rouges d’Enten, séduit d’abord par son opposition visuelle. Il est ensuite sublimé par un découpage très cinématographique, notamment à travers une double page sur fond noir qui alterne des cadrages rapprochés sur les yeux des deux combattants et un plan plus large, cadré dans le dos de Chihiro. L’ensemble donne l’impression d’observer la scène à travers l’objectif d’une caméra.
Entièrement centré sur l’action, ce volume au rythme effréné n’en oublie pas pour autant de faire progresser son univers. Sans casser la dynamique des combats, les révélations autour des sabres ensorcelés, et plus particulièrement d’Enten, viennent enrichir leur fonctionnement et ouvrir de nouvelles perspectives pour la suite de l’intrigue.
Depuis ses débuts, Kagurabachi accorde une place importante aux relations entre parents et enfants. Après Chihiro et son père, Char et sa mère, ou encore Hakuri face à Kyôra, le duo Samura-Iori vient enrichir ce thème à travers une relation marquée par la culpabilité, la protection et la difficulté d’accepter le passé.
Cette relation trouve un écho dans l’affrontement entre Samura et Chihiro. Tous deux cherchent à empêcher qu’un nouveau drame ne se reproduise, mais leurs réponses face à cette responsabilité divergent profondément. Rongé par la culpabilité, Samura considère le sacrifice comme la seule manière de mettre fin au cycle de la violence et n’écoute personne. Chihiro, lui, choisit de continuer à avancer avec ce passé, en portant l’héritage de son père afin de tenter de construire un avenir différent. Ainsi, le duel revêt une portée idéologique qui dépasse le simple affrontement.
À mesure que les sabres s’entrechoquent, ce sont avant tout les idéaux qui s’affrontent, dans une mise en scène saisissante.
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