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Très bon
16 juillet 2025
Le Rakuzaichi, vente aux enchères clandestine où s’échangent aussi bien objets rares que vies humaines, s’apprête à proposer une pièce unique : le Shinuchi, sabre ensorcelé forgé par le père de Chihiro. Ce sabre, réputé comme la plus puissante des lames ensorcelées, s’impose comme la pièce maîtresse de l’événement. À la tête de cette vente, les Sazanami, une famille de sorciers influente, sont prêts à tout pour garantir le succès de l’enchère. Mais Chihiro, déterminé à récupérer l’arme volée et à venger son père, ne reculera devant rien.
Le tome s’ouvre sur le point de vue d’Hakuri Sazanami, un personnage nouveau et relativement naïf, récemment sauvé par Chihiro, qui sert ici de prisme pour la réapparition du héros. Ce choix narratif de suivre un regard admiratif et extérieur offre un contraste frappant avec la brutalité imminente, installant une distance qui amplifie l’impact des événements.
La scène est introduite par une composition graphique marquante : au premier plan flotte un poisson rouge d’énergie occulte, signature visuelle récurrente de Chihiro. Ce motif, à la fois esthétique et symbolique, incarne une forme de calme et de pureté qui contraste avec la violence chirurgicale que le lecteur s’apprête à voir en arrière-plan. Par le jeu des vitres et des plans, la scène juxtapose élégance et carnage, soulignant la dualité intrinsèque de l’univers de Kagurabachi, où la beauté ne s’oppose pas au sang mais le précède, presque comme une mise en garde silencieuse. Cette composition sert également à rythmer la narration, alternant tension visuelle et action brutale, témoignant de la maîtrise graphique de l’auteur.
Dans ce décor sombre, Hakuri apporte une lumière bienvenue. À l’image de Char dans les tomes précédents, il contrebalance la froideur de Chihiro et l’atmosphère crépusculaire du récit. Bavard, sensible et parfois maladroit, il fonce tête baissée pour aider malgré sa faiblesse physique, détonnant dans cet univers brutal où les ennemis sont sans scrupules. Sa spontanéité crée des pauses qui allègent la tension et dévoilent un héros plus humain et accessible. Ce duo enrichit la dimension émotionnelle du récit, jouant sur le contraste entre lumière et obscurité, force et vulnérabilité, prouvant qu’un peu d’humour fait du bien même au cœur du bain de sang.
La scène d’arrivée de Chihiro aux enchères s’inscrit dans une atmosphère tendue, évoquant un John Wick stylisé. Avant son entrée, un jeune garçon tente de sauver sa sœur, mais comme Hakuri dans la scène d’ouverture, sa détermination ne suffit pas face à sa faiblesse physique : il est vite maîtrisé. Ce parallèle illustre la brutalité de ce monde. L’apparition de Chihiro se fait en plusieurs étapes suggérées : d’abord ses pieds, puis son bras, avant qu’il soit aperçu au loin. Les ennemis, convaincus qu’il est désarmé, sous-estiment la menace. Cette mise en scène joue avec la tension et les attentes, à la manière d’un John Wick blessé mais redoutable, renforçant l’impact dramatique de son entrée en scène.
Entre la tension des enchères, la dualité des personnages et l’ambiance sombre mais nuancée, ce volume creuse les enjeux et prépare un affrontement qui s’annonce mémorable. Takeru Hokazono a un vrai talent pour la mise en scène graphique et le jeu des contrastes. Ce tome trois captive et donne envie de plonger sans attendre dans la suite.
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