Très bon
23 décembre 2025
Hishaku passe à l’action : l’organisation envoie ses mercenaires éliminer les manieurs des sabres ensorcelés. Chihiro et Hakuri, désormais alliés au Kamunabi, doivent protéger Uruha, manieur de Kumeyuri. Mais leur route croise celle d’Hiruhiko, un sorcier de Hishaku, et le combat tourne rapidement à la lutte désespérée.
Ce tome privilégie l’action pure, alternant mise en scène dramatique, tension extrême et personnages prêts à risquer leur vie. Le rythme, soutenu et nerveux, ne faiblit jamais. Les combats redoublent de créativité : la sorcellerie d’Hiruhiko, basée sur le papier et les grues, paraît anodine mais devient une arme redoutable, offrant des planches d’une grande élégance, où la finesse du papier contraste avec la violence des attaques. Face à lui, Chihiro répond avec ingéniosité, et leur duel finement mis en scène s’impose comme l’un des passages les plus marquants du tome.
Leur affrontement n’est pas que physique, il est aussi idéologique. Tous deux ont 18 ans et ont grandi isolés, mais Hiruhiko adopte une morale radicalement opposée à celle de Chihiro : tuer lui semble naturel, et la vie humaine, un concept dérisoire. À travers ce duel, le mangaka oppose deux visions de la violence et de la responsabilité. Chihiro, conscient du poids de chaque vie ôtée, accepte ce fardeau pour protéger les autres et limiter le chaos. Hiruhiko, lui, voit dans ce sens moral un signe d’hypocrisie, estimant que quiconque tue ne devrait plus se prétendre humain. Hokazono le met en scène comme un combat théâtral, où Hiruhiko utilise le passage d’une pièce pour illustrer son point de vue, donnant à la confrontation un côté dramatique et symbolique.
Deux manieurs de sabres ensorcelés s’imposent également : Samura et Uruha, miroirs de personnalité : l’un guidé par l’empathie, l’autre par la raison. Derrière son attitude joviale, Samura se distingue par un sens de la morale aigu. À l’image de Fujitora dans One Piece, il s’est rendu aveugle pour préserver son jugement et ne plus être confronté aux morts qu’il laisse derrière lui, un geste symbolisant à la fois culpabilité assumée et empathie lucide face à la violence. Uruha, plus pragmatique, oscille entre stoïcisme et extravagance, dissimulant sous ses excès d’enthousiasme surprenants, une gravité tout aussi marquée par la guerre.
Privés de sabres ensorcelés, ces vétérans façonnés par la guerre mettent à profit leur savoir-faire avec des lames ordinaires, rendant chaque confrontation tendue et périlleuse. Leur vécu se reflète dans une synergie instinctive où Uruha s’adapte avec brio à l’imprévisibilité de Samura, offrant au duo une efficacité à la fois précise et stratégique.
Le récit fait écho à l’arc précédent : là où Kyôra voyait son clan comme des pions à jeter, Samura refuse de traiter les shinobis qui le protègent comme des outils à sacrifier, soulignant une fois de plus la question de responsabilité et d’humanité.
Et comme toujours, Takeru Hokazono glisse des touches d’humour décalé qui contrastent brillamment avec la tension dramatique, à l’image du chef du Hishaku qu’on découvre en pleine conversation stratégique tout en s’amusant sur un jeu à ressort pour enfant.
En résumer, un tome haletant où combats intenses, confrontations idéologiques et stratégies audacieuses s’allient à l’apparition de nouveaux personnages forts, à la fois marqués par le passé et prometteurs pour la suite de l’intrigue.
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