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Excellent
28 août 2026
Florence Cestac peut faire ce qu’elle veut. Trois coups de pinceau et une bouille sort du néant. Un gros pif, de gros yeux, des cheveux hirsutes et le reste à l’avenant : de l’énergie pure. Son style tient en un mot : bonhomie. Alors, quand elle dessine le parcours de Belmanger, le double de papier de son scénariste-cuisinier, c’est fait, c’est le cas de le dire, aux petits oignons.
Les clichés s’enfilent, on les connaît : à peine le jeune homme boutonneux annonce-t-il à son père sa vocation de cuisinier que celui-ci, prof dans le civil, lui hurle : « Ton bac d’abord ! » Heureusement, il y a la grand-mère Henriette, qui fait son éducation culinaire. Des recettes qui ne se refilent que de bouche de druidesse à oreille de druide. Des secrets de famille…
Bon, le gamin part en apprentissage. Aux cours théoriques, il roupille, mais en cuisine, il se distingue. On peut même dire qu’il sort du rang. Le voilà chez Maurice, un cuisinier, un vrai. Première année d’apprentissage. Au menu : bizutage, exploitation bien au-delà des heures légales, un remplacement comme cuisinier sur l’Orient-Express, puis le retour chez Maurice, de plus en plus tyrannique. Mais il monte en grade. Puis il quitte son mentor pour se mettre à son compte…
Et là, ça monte très vite : en six mois, une étoile dans le plus fameux des guides culinaires. C’est la course aux honneurs : il en faut une deuxième, une troisième, qui sait ?… Le tyran, c’est lui désormais. Problème : sa femme apprécie peu et l’excès de travail ruine sa santé… On ne vous raconte pas la suite : à vous de la découvrir.
Cette tranche de vie, Cestac la dessine avec gourmandise. Course au plaisir, course à la gloire, aspiration au bonheur… Tout est là, pétri d’humanité. Ça se mange sans faim.
Par Didier PASAMONIK
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