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Mieruko-Chan, le sympathique mariage entre horreur et humour

Par Akira OIKAWA Pas mal 21 août 2026 
Miko est une lycéenne comme les autres, simplement préoccupée par ses cours et ses amies. Mais tout change lorsqu’elle se réveille un matin avec un monstre répugnant lové sous ses draps. Du jour au lendemain, la jeune fille est devenue capable de voir les terrifiantes créatures qui l’entourent. Mais plutôt que de paniquer et de hurler au loup, Miko joue la carte de l’impassibilité. Elle décide d’ignorer les grotesques créatures qui la hantent au quotidien. Commence alors une série de péripéties horrifiques pour la pauvre lycéenne… Pourra-t-elle s’en sortir ?

Lancée en 2018 sur un coup de tête de Tomoki Izumi, Mieruko-Chan est vite devenue une série très appréciée. Sérialisé à peine deux semaines après les premières publications sur Twitter/X, le manga compte aujourd’hui une quinzaine de tomes et a même bénéficié d’une adaptation en anime en 2021. Amené en France par Ototo, Mieruko-Chan s’inscrit dans un genre qui mélange horreur et comédie.

Disons-le tout de suite, Mieruko-Chan n’est pas le manga du siècle. Ce n’est même pas le meilleur manga ado du moment (on vous conseillera plutôt Le Club des flâneurs), ni le meilleur manga humoristique (Ruridragon fait mieux sur ce point-là), ni même le meilleur manga d’horreur (on ne peut pas détrôner Junji Ito sur cet aspect-là). Mais Mieruko-Chan reste tout de même une lecture très sympathique. Tomoki Izumi mélange savamment les genres pour proposer une histoire qui allie bien le quotidien banal d’une lycéenne et l’horreur des créatures qu’elle voit. On ressent toujours beaucoup d’empathie envers la pauvre Miko, qui doit supporter au quotidien les monstres qui arpentent la ville. Instinctivement, la lycéenne sait qu’elle ne doit surtout pas reconnaître leur présence et met tout en œuvre pour éviter les créatures en prétendant ne rien voir. La comédie vient surtout de ces moments de décalage, où Miko fait quelque chose pour éviter les monstres tout en faisant croire à sa meilleure amie Hana ou à son petit frère Kyôsuke que tout va bien. Le tout devient répétitif assez vite, mais le format épisodique fonctionne bien avec ce type d’humour. De toute manière, le statu quo change à partir du troisième volume et l’histoire se développe de plus en plus. Comme beaucoup de mangas humoristiques, il faut attendre quelques chapitres (et souvent la sérialisation) pour que l’histoire démarre vraiment.

Mieruko-Chan, le sympathique mariage entre horreur et humour
Du jour au lendemain, Miko peut voir de terrifiants monstres...
© Tomoki Izumi - Ototo

L’aspect le plus marquant de Mieruko-Chan, c’est le design des monstres qui hantent la vie de Miko. Tomoki Izumi propose des dessins particulièrement angoissants, qui contrastent très bien avec le trait plus simple du monde réel. Les créatures sont déformées, décharnées et dessinées de manière quasi réaliste, ce qui les fait ressortir du décor. Côté horreur, rien à dire : les monstres sont terrifiants, au point que l’on se surprend plusieurs fois à regarder par-dessus son épaule pour s’assurer qu’ils ne sont pas dans la pièce avec nous ! On ne peut que féliciter la pauvre Miko, qui doit supporter ces créatures au quotidien. De plus, certains fantômes proposent des rebondissements intéressants. Miko voit en son nouveau don une malédiction, mais elle est aussi capable de l’utiliser à bon escient. Malgré son côté impassible, presque « kuudere », Miko a bon cœur et fait de son mieux. Elle a parfois des réactions incohérentes (parfois terrifiée, parfois avec des nerfs d’acier), mais le personnage reste attachant. L’auteur semble se concentrer bien plus sur le fait de proposer des scènes horrifiques que sur le développement des personnages ou leur profondeur émotionnelle. Miko est stoïque et sarcastique, Hana est naïve et gourmande, et c’est tout.

Des designs terrifiants !
© Tomoki Izumi - Ototo

Seule ombre au tableau, Mieruko-Chan est rempli de fanservice, ce qui est d’autant plus contestable que les personnages sont mineurs. À plusieurs reprises, et sans que cela soit vraiment justifié, la caméra adopte un angle aguicheur pour montrer la poitrine ou l’entrejambe des personnages. La fascination malsaine du public japonais pour les lycéennes est déjà bien connue et documentée, mais il est toujours décevant de retrouver cette tendance sur nos étagères. On pourrait dire que l’érotisme et l’horreur ne sont pas si éloignés l’un de l’autre, et l’argument est recevable. Le reproche ne porte pas sur la présence d’éléments sexualisés, mais sur le fait que les personnages sexualisés sont des lycéennes mineures. Mieruko-Chan aurait pu tout à fait se dérouler dans un monde d’adultes, comme une entreprise où la protagoniste est une salariée comme une autre, mais Tomoki Izumi a pris le parti d’ancrer l’histoire dans un lycée. Cette décision ne ruine pas le manga, mais, si l’on en croit les commentaires de différents sites d’avis, beaucoup lui reprochent cette sexualisation exagérée.

L’humour ne vole pas toujours très haut...
© Tomoki Izumi - Ototo

Sans être la révélation qui changera votre vie, Mieruko-Chan reste une lecture très sympathique. Malgré des personnages plutôt plats et des gags qui finissent par se répéter, le manga se rachète en proposant des scènes d’horreur franchement angoissantes. Onze tomes sont sortis à ce jour, et le manga se renouvelle à partir du troisième volume environ. Les éditions Ototo proposent une bonne série qui mélange horreur et humour ; à vous de voir si c’est votre tasse de thé.

Par Akira OIKAWA

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Code EAN : 9782377173372

Mieruko-Chan, tome 1, par Tomoki Izumi, éditions Ototo. Parution le 23 octobre 2020. 7,35 €.

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