Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html

Maëlle Reat, Erell Hannah (Quand j’étais petite je rêvais d’être muse) : « Il n’y a pas si longtemps, le mot muse avait plutôt une connotation positive. » [PODCAST]

Par Kelian NGUYEN 21 août 2026 
À la lecture du titre et lorsque l’on connaît le travail d’Erell Hannah et de Maëlle Reat, cet album peut inviter à une réflexion intime et documentaire sur la position des femmes vis-à-vis de leur corps, du regard des hommes sur celui-ci et en particulier de celui des artistes. En réalité, cet album est une fiction. Loin d’être naïve, elle repense en filigrane une grande partie de l’histoire de l’art moderne en inversant le regard porté les rapports de domination entre les artistes et leurs muses.

Dès le plus jeune âge, Dana le sait : elle sera une muse. Les hommes artistes l’aimeront, la désireront et l’admireront à travers leurs œuvres.

Elle touche presque au but quand elle rencontre William, photographe qu’elle considère comme « le plus artiste de tous les artistes ». En réalité, ce rapprochement constitue le point de départ d’une douloureuse descente aux enfers. Pour se reconstruire, elle enquête sur les rapports entre artistes et muses. Un travail de documentation qui va devenir la matière même de son travail artistique.

Erell Hannah est une habituée des récits de vulgarisation politique et sociale. Depuis la création de son blog féministe Ils abusent grave, adapté en BD, elle a notamment écrit une histoire sociale des fesses. Aujourd’hui, c’est l’histoire de l’art qu’elle questionne aux côtés de Maëlle Reat. Après Blanche, la jeune autrice met son trait sensible, expressif et juste au service d’un nouveau récit intime avec Quand j’étais petite, je rêvais d’être muse.

Ensemble, elles s’appuient sur un important travail de recherche effectué par la scénariste pour définir, mettre en lumière et repenser les rapports de domination qui structurent le monde de l’art. Au-delà de son indéniable rigueur documentaire, la force et la particularité de cet album résident dans sa forme.

Alors que fleurissent, ces dernières années, les bandes dessinées de vulgarisation documentaire, Quand j’étais petite, je rêvais d’être muse est avant tout une fiction. Chaque élément documentaire est sourcé, mais s’intègre au récit sans la dimension didactique qui pourrait en alourdir le rythme.

L’album évite également un autre écueil potentiel, celui de la fable historique. Bien qu’il soit ancré dans une temporalité très claire, celle de l’avant-#MeToo, la modernité et la fraîcheur du travail commun du duo le rendent terriblement actuel. « #MeToo marque l’un des changements les plus importants dans les rapports de domination », nous explique la scénariste. Dix ans plus tard, cet album s’impose comme une lecture nécessaire et, de toute évidence, comme l’un des phénomènes de cette rentrée 2026.

Par Kelian NGUYEN

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Acheter


Code EAN : 9782203296213

Quand j’étais petite je rêvais d’être muse - Par Maëlle Reat (dessin), Erell Hannah (scénario) & Lolita Couturier (couleur) - Ed. Casterman

Casterman ✍ Erell Hannah ✏️ Lolita Couturier ✏️ Maëlle Reat Feminisme Art France
 
CONTENUS SPONSORISÉS  
PAR Kelian NGUYEN  
A LIRE AUSSI  
Interviews