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"Le Club des flâneurs", le nouveau bonbon des éditions Véga.

Par Gaëlle BEDIS Très bon 16 mai 2026 
Pour sa deuxième série après "Hikaru In The Light" qui s'intéressait au parcours d'une jeune adolescente rêvant de devenir idol, Mai Matsuda change d'ambiance et de rythme. Dans "Le Club des flâneurs", dont le premier tome est paru chez Véga en mars 2026, son héroïne excentrique Naoki cherche le romanesque dans le chemin du retour à la maison et entraîne dans son univers Shun, un lycéen ancien espoir sportif dont la blessure à la jambe a stoppé net l'ascension. Un manga tranche de vie d'une douceur et d'une tendresse qui font chaud au cœur, tout en rappelant qu'il faut s'émerveiller de tout.

Dans le lycée Wasabiyama connu pour ses nombreux clubs, la grande taille et l’allure athlétique de Shun Satô ne passent pas inaperçues. Il est cependant obligé de décliner toutes les invitations aux différents clubs sportifs qui lui sont proposées à cause d’une blessure à la jambe. C’est en refusant une énième demande qu’il croise Naoki Satô, surnommée Chokki-Chan, une élève de première et la présidente et membre unique du club non officiel des hypers flâneurs.

"Le Club des flâneurs", le nouveau bonbon des éditions Véga.
Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 1
© Mai Matsuda

L’activité de ce club ? Rentrer à la maison depuis le lycée mais en cherchant des éléments romanesques dans le quartier et sur la route, quitte à faire des détours. Intriguée par la jeune fille qui lui force un peu la main au début pour rentrer dans son club, Shun s’attache peu à peu à leurs moments communs et retrouve de l’intérêt dans sa vie de lycéen qui n’avait plus de but particulier.

Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 2
© Mai Matsuda

A travers les 8 épisodes de ce premier tome du Club des flâneurs (qui aurait pu s’appeler Le club des hypers flâneurs pour mieux coller à la traduction), Mai Matsuda construit un univers tout en douceur et en légèreté qui rappelle une règle fondamentale dans nos sociétés toujours plus pressées : prendre le temps d’apprécier les petits riens du quotidien.

Son duo de lycéens aux personnalités opposées fait mouche, avec une Naoki plus âgée mais farfelue et amusante et un Shun flegmatique mais bon public et patient. La curiosité de Naoki associée à son imagination débordante et sa conception du monde décalée, presque enfantine, intrigue Shun qui finit lui aussi par se prêter au jeu et à voir des épées dans des bouts de bois, entre autres excentricités. Ce côté gamin se retrouve aussi dans le coup de crayon assez épuré et léger de la mangaka et dans les traits des personnages, notamment chez Naoki dont la tenue, la taille et le visage donnent l’impression qu’elle a à peine 10 ans.

Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 4
© Mai Matsuda

La vision du monde de Naoki pousse surtout le lectorat à repenser la façon dont il perçoit son propre univers, Shun servant à ce titre de miroir. En effet, pourquoi un club devrait forcément avoir un but ? Quel est l’intérêt de rentrer tout de suite chez soi après l’école si on a rien de particulier à y faire ? N’est-il pas plus intéressant de profiter d’une vue sur les hauteurs de la ville, au calme en câlinant le gros chat du quartier ? Se reposer à la bibliothèque pour ensuite pouvoir admirer le soleil couchant depuis la fenêtre n’est-il pas tout aussi bien qu’y venir pour réviser ? Se faire un petit goûter à moins de 200 yens le mercredi au konbini pour tenir le reste de la semaine n’est-il pas à la fois un challenge et une récompense ? Et n’est-ce pas plus romanesque de s’attendre 20 minutes avant de décider de rentrer chez soi si l’autre ne vient pas, plutôt que de s’appeler ou de s’envoyer un sms ?

Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 5
© Mai Matsuda

Ce sont tous ces micros éléments à priori insignifiants, ces petits riens, que Mai Matsuda remet en question et en valeur à travers les yeux de ses héros, comme pour dénoncer la course frénétique à l’occupation qui obsède nos sociétés modernes. En faisant agir Naoki bizarrement aux yeux des standards de la société, elle fait aussi s’interroger Shun sur le pourquoi de l’action... et celle-ci s’avère souvent n’avoir aucune espèce d’importance ou de conséquence lorsqu’on prend le temps d’y réfléchir. Et c’est cette réflexion qui fait du bien.

Les clichés sont également subtilement utilisés par la mangaka pour souligner l’absurdité de certains raisonnements. Ainsi, la grande taille de Shun impliquerait automatiquement qu’il s’inscrive dans les clubs de foot, de basket ou de volley, et les élèves du lycée lui sautent dessus à la première occasion pour cela, sans compter le professeur qui chasse Naoki. Mais au-delà du fait qu’il ne peut plus faire de sport, il n’en a peut-être aussi juste pas envie ? Être grand ne garantit pas non plus d’être bon en sport.

Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 3
© Mai Matsuda

C’est lorsque Naoki lui dit que sa taille est intéressante car il doit voir plus loin qu’elle qui est petite que l’on devine la critique en creux et aussi la pression liée indirectement à cet aspect physique dont Shun a hérité mais qu’il n’a pas choisi. Les circonstances de sa blessure restant inconnues, on ressent aussi le côté un peu cruel de devoir répéter plusieurs fois que c’est à cause de ça qu’il ne peut plus faire de sport.

La relation qui se construit entre Naoki et Shun tout au long de ce premier tome pose aussi une autre question fondamentale : faut-il impérativement mettre un qualificatif sur la personne avec qui on aime passer du temps lorsqu’elle est du sexe opposé ? A ce stade de l’histoire, Shun et Naoki sont juste deux individus qui aiment traîner ensemble et qui n’ont aucune vision romantique l’un de l’autre mais pour les autres élèves qui gravitent autour d’eux, ils sont forcément en couple.

Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 7
© Mai Matsuda
Le club des flâneurs, T.1 - Extrait 8
© Mai Matsuda

Cet aspect n’est pas encore pesant puisque l’autrice choisit de se concentrer sur son duo mais on sent poindre cette pression à venir avec notamment Haruto, l’ami de Shun qui demande à celui-ci qui est la fille super mignonne avec qui il rentre tous les soirs, ou encore le groupe de camarades de classe de Shun avec qui il va chercher des cartons pour la fête du lycée et qu’il abandonne pour rejoindre Naoki.

Le lectorat lui-même pourrait être tenté de catégoriser cette relation, d’autant que de petits indices sont dispersés ça et là par la mangaka, mais ce qui ressort à l’issue de ce premier tome rejoint l’ambiance générale : inutile de se précipiter pour savoir si Naoki et Shun sont amis ou amoureux.

Avec 5 tomes parus au Japon et un second prévu en France pour le 12 juin 2026, on saura en temps voulus de quoi il retourne. Et quand bien même ce ne serait pas clarifié, Mai Matsuda nous fait passer un moment si agréable que cela n’a pas d’importance.

Par Gaëlle BEDIS

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Code EAN : 9782808702478

Le Club des flâneurs, T.1 - Paru le 06/03/2026
Le Club des flâneurs, T.2 - A paraître le 12/06/2026

Le Club des flâneurs Vega ✏️ Mai Matsuda Tranche de vie Adolescence
 
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