Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Très bon
6 mai 2026
Lorsque Beaux Arts Magazine publie en avril 2017 son hors-série consacré au polar et à la BD, il choisit d’évoquer dix séries : Dick Tracy (Chester Gould, 1931), Le Spirit (Will Eisner, 1940), Lefranc (Jacques Martin, 1954), Ric Hochet (André-Paul Duchateau et Tibet, 1964), Alack Sinner (José Munoz et Carlos Sampayo, 1975), Nestor Burma (adapté par Jacques Tardi, 1982), Torpedo (Sanchez Abulí et Jordi Bernet, 1983), XIII (Jean Van Hamme et William Vance, 1984), Jérôme K. Jérôme Bloche (Alain Dodier, initialement avec Makyo et Le Tendre, 1985) et enfin Largo Winch (Jean Van Hamme et Philippe Francq, 1990).
« Toutes les nuances du noir » sous le signe du chiffre cinq
Les Cahiers de la BD sélectionnent également Le Spirit avec la republication d’une histoire parue dans des revues en 1969 puis en 1974. En sept pages, Will Eisner revisite la naissance du héros masqué et son intention de construire un laboratoire sous le cimetière.
Si Sokal et son héros Canardo ne sont pas évoqués, Blacksad est bien cité.
Comme toute sélection, celle-ci interroge certains lecteurs, tant pour les titres cités que pour ceux oubliés. On pourra ainsi estimer que Ric Hochet relève davantage du genre policier que du polar. Idem pour la série de bande dessinée Jérôme K. Jérôme Bloche.
On rejoindra plus facilement les Cahiers sur cinq figures du polar : gueules cassées, femmes fatales, courses-poursuites, fusillades et ville-labyrinthe.
Le choix subjectif de quelques scènes de crime : New York, années 1930 avec Dick Tracy ; Paris, années 1950 avec Gil Jourdan ; Tokyo, années 1980 avec le manga Monster ou encore Sin City, la ville sans espoir, nous rappelle que le décor urbain constitue un ingrédient majeur du polar.
Les cinq suspects parfaits sélectionnés par Dick Tomasovic viennent rappeler que le polar se caractérise par sa critique sociale. On pense à From Hell (Alan Moore et Eddie Campbell), Parker dans la collection Aire noire de Dupuis, adapté par Darwyn Cooke, Homicide, une année dans les rues de Baltimore, Krimi dans le Berlin des années 1930, par Alex W. Inker et Thibault Vermot et Il faut flinguer Ramirez de Nicolas Petrimaux.
Si l’on aurait apprécié un dossier plus épais et plus fouillé, avec des BD un peu moins connues du grand public, les Cahiers poursuivent néanmoins leur exploration pédagogique avec quelques cahiers complémentaires : iconique, monographique, asiatique, muséographie et critique.
Le cahier monographique offre treize pages de dessins pleine page de Frank Pé, récemment disparu. Superbe. Un article de Nicolas Tellop et trois questions à Christelle Pissany-Yvernault complètent cet hommage à cet auteur majeur du neuvième art, qui travaillait sur un troisième tome de son Marsupilami.
Le cahier muséographique est logiquement consacré au Festival du livre de Paris qui a récemment fermé ses portes et accueillait la BD en invité d’honneur. Romain Brethes, commissaire d’exposition, répond à trois questions sur le voyage en BD. Si les propos recueillis sont intéressants, cet entretien d’une page laisse sur sa faim, même si l’on comprend bien que la pagination du trimestriel est limitée et que la presse subit des contraintes économiques fortes.
Terminons avec les bonnes feuilles d’un ouvrage de Benjamin Caraco, Une Histoire de la bande dessinée en France, aux éditions La Découverte, dans la collection Repères (128 pages), paru en janvier 2026.
Par Christian GRANGE
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.