Premier volume d’une collection intitulée « Les Cahiers de la bande dessinée » [1], « prolongement unique » d’une revue lancée il y a 50 ans (on vous en parlait récemment), cette collection se destine à créer des ouvrages sur les grands auteurs de bande dessinée. Cela commence avec Franquin, à travers un long entretien avec Numa Sadoul par Christelle Pissavy-Yvernault, cela se poursuit aujourd’hui avec un livre sur le dessin par Frank Pé, tandis que le prochain ouvrage sera signé par Régis Loisel, de sacrés cadors du dessin !
Frank Pé parle d’un dessin bien particulier : le dessin « de bande dessinée », un art, le 9e dit-on, « entre contraintes et libertés ». Il l’aborde au travers de différents sujets : ce qui fait « un bon dessin », la question de l’académisme, la technique (ordinateur ou pas ?), le style, la narration, le découpage, les honneurs et les prix, la critique aussi (bon, c’est un avis d’auteur…), tous les aspects du métiers sont traités sous bien des aspects et avec plus de profondeur encore que le célèbre bouquin de Philippe Vandooren « Comment on devient créateur de bande dessinée » qui avait suscité tant de vocations, mais aussi avec un point de vue complètement personnel.
Un « interlude » passe en revue la « galerie des idoles » où Franquin, Jean Giraud ou Hermann figurent en tête de liste, rejoints, c’est plus étonnant, par Denis Bodart, René Follet, Claire Wendling, Emmanuel Lepage, R. M. Guéra ou Kim Jung-Gi. Cet « interlude » n’est pas un bocal où le poisson rouge tourne en rond sur une musique d’ascenseur, c’est une petite anthologie des auteurs préférés de Frank Pé qui nous explique pourquoi il a opéré cette sélection en l’accompagnant d’images très bien choisies. Cette simple section devrait intéresser la plupart des lecteurs qui abordent la BD en néophyte, en simple amateur. Des professeurs d’art aussi : c’est un guide de lecture tout à fait pertinent, en même temps qu’un moment de l’histoire culturelle puisqu’il montre le réseau d’influences qu’a subi l’artiste au cours de sa carrière.
On passe ensuite au « métier » : la composition, le dessin, l’encrage, l’émotion, le rythme, le souffle, la vitesse d’exécution… Un chapitre qui s’ouvre sur les « trucs de magicien » de l’auteur, avec une conclusion un peu… philosophique. C’est véritablement un manifeste-confession que nous propose Frank Pé, un manuel qui peut en apprendre à tout apprenti dessinateur et, peut-être, lui donner envie de faire ce métier.
Par Didier PASAMONIK
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Dessine ! Et tu connaîtras l’univers et les dieux – Réflexion sur le dessin – Par Frank Pé – Editions Glénat
[1] Rien à voir avec la publication de Vincent Bernière diffusée en kiosque, sauf que la licence appartient dans les deux cas aux éditions Glénat.
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